Lecture / Ecriture
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Un instant d'abandon de Philippe Besson

Philippe Besson
  Les jours fragiles
  L'arrière-Saison
  Se résoudre aux adieux
  Un instant d'abandon
  Un garçon d’Italie
  La maison atlantique
  De là, on voit la mer
  Vivre vite
  Arrête avec tes mensonges
  Les passants de Lisbonne

Philippe Besson est un écrivain français né en 1967.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Un instant d'abandon - Philippe Besson

Bord de mer, en automne
Note :

   Voici un livre que l'on savoure. Depuis le temps que j'entendais parler de Philippe Besson, je me suis donc mis à le lire. Et je viens de terminer "Un instant d'abandon". J'en garde un souvenir ému.
   Au début, les 10 premières pages, j'ai eu du mal à accrocher, mais ensuite son écriture m'a emmené avec elle, et je n'ai pas pu la lâcher.
   Chaque phrase de Philippe Besson coule, lisse, intense, poétique... et c'est Beau. Tout simplement.
   
   Le résumé : L'histoire commence là, en Cornouailles, dans une ville de bord de mer, en automne. Un homme revient, et avec lui, c'est le passé qui ressurgit.
   
   Des années plus tôt, Thomas Sheppard est parti en mer en emmenant son fils alors qu'un avis de tempête avait été lancé. Lorsqu'il est rentré au port, le petit garçon n'était plus avec lui. Dès lors, il s'est retrouvé accusé de la mort de son enfant (dont le corps n'a jamais été retrouvé) et a été incarcéré pendant plusieurs années. Seule l'épreuve du retour sur le lieu de la disparition pourra lui offrir la renaissance.
   
   A lire, juste pour l'émotion. Mais, chose étrange, j'ai vu sur le site de la Fnac que ce livre avait des avis plutôt moyens voire franchement négatifs, comparés aux autres livres de l'auteur... Je pense que si ce livre est son moins bon, les autres doivent être d'une force immense de sensibilité et d'émotion ! Un auteur que je vais découvrir davantage en 2007 ...
    ↓

critique par Onlykey




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Ca ne passe pas...
Note :

   Un homme, Thomas Sheppard, rentre chez lui après cinq ans de prison. Il a été condamné pour ne pas avoir pu sauver son fils de huit ans mort en mer lors d’une sortie en bateau. Sa maison est vide, les habitants le regardent de travers, lui envoient des lettres anonymes, et lui se souvient. Grâce à Rajik, le Pakistanais, lui aussi étranger au village, puis à Betty la petite vendeuse, il se remémore sa vie de couple (un lent naufrage), la sortie en mer, le procès puis sa vie en prison. Et peu à peu, le lecteur en apprend plus: l’enfant n’était pas son fils, il le savait mais n’a jamais rien demandé à sa femme; il a jadis souhaité la mort de l’enfant qui n’est pas mort en tombant à l’eau comme il l’a toujours affirmé; il a rencontré quelqu’un en prison.
   
   Ce livre devrait être émouvant, mais je sors de cette lecture plus agacée qu’émue. Dès les premières lignes, je m’étonne: pourquoi Philippe Besson a-t-il ressenti le besoin d’implanter son histoire en Cornouailles? Il est aussi Anglais que moi, ça se sent tout de suite et la Bretagne aurait tout aussi bien fait l’affaire. Ou même la Corse. Mais vraiment pas la Cornouailles, vraiment pas. Moi qui y suis allée, je n’ai rien retrouvé dans ce livre qui me rappelle la magnificence des paysages, l’odeur de la mer et de l’arrière-pays, la gentillesse des gens et les mouettes, mazette, les mouettes! Et bien sûr, l’indispensable touche british, totalement absente ici. Un peu de vent, la pluie et les bateaux, un ferry qui croise au loin, et voilà la Cornouailles. C’est ce qu’on appelle faire couleur locale…
   
   Donc, ça commençait mal… J’ai alors essayé de m’intéresser à la psychologie du narrateur, à son histoire, puisque c’est ce qui importe dans ce roman, l’intrigue étant inexistante. Qui est vraiment cet homme? A-t-il tué le gosse? Prémédité sa mort? Eh bien, je suis restée indifférente du début à la fin, car ce type est froid, sans profondeur malgré tous les efforts de l’auteur. Celui-ci nous agite sous le nez la part sombre de Thomas Sheppard, son côté inavouable qui devrait faire de lui un héros maudit et ambigu «Un jour, cela a été clair, d’une incroyable clarté: quelqu’un devait mourir. Par la mort, nous serions enfin en mesure d’en finir».
   
   Il aimerait bien Philippe Besson que l’on entre dans l’intimité de cet homme, qui ne reste qu’un personnage tant ses grosses ficelles font grincer la machine: le monologue intérieur me fatigue, toutes ces virgules pour imiter le flot de la pensée, ces phrases courtes et vides, parfois moches, me donnent le tournis. Exemple de phrase moche: «Du coup, je suis séduit que Betty s’entête à faire comme si elle n’entendait rien et à me rendre ma monnaie sans s’occuper du sang qui sèche sur mes mains à moi.» Si ça c’est un style, alors ce n’est pas pour moi.
   
   Je n’ai pas été émue une seconde par l’histoire de cet homme (à l’inverse de Betty la potiche qui sert de faire-valoir au narrateur): s’il a envie, au sortir de prison, de retourner s’enterrer dans son cimetière pseudo cornouaillais, grand bien lui fasse.
   
   Le seul avantage de ce livre, c’est qu’il est court: on se fait rapidement une idée et on passe à autre chose.

critique par Yspaddaden




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