Lecture / Ecriture
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La valse des arbres et du ciel de Jean-Michel Guenassia

Jean-Michel Guenassia
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Jean-Michel Guenassia est un écrivain français, né en 1950 à Alger.

La valse des arbres et du ciel - Jean-Michel Guenassia

Solaire et sombre
Note :

   Rentrée littéraire 2016
   
   
    C'est l'histoire magnifiée du dernier amour de Vincent Van Gogh pour la fille du docteur Gachet pendant un bel et ultime été, celui de 1890 à Auvers sur Oise.
   
    Un roman porté par une voix amoureuse, celle de Marguerite, jeune fille un peu trop fantasque, élevée dans une famille bourgeoise d'une époque qui destinait les femmes à beaucoup de choses hormis la liberté.
   
    Le peintre vient de quitter Arles après une hospitalisation en psychiatrie, il a besoin de repos, d'un suivi médical et d'un cadre qui le porte à la création artistique.
   
    Son frère, Théo, le met en contact avec le Docteur Gachet qui l'accueille chez lui. Sa fille, Marguerite, tombe amoureuse de cet homme plus âgé qu'elle, qui promène sur la vie un regard illuminé et vivant et peint les paysages que lui seul voit de cette manière.
   
    A travers son récit, le lecteur plonge dans le quotidien de la bourgeoisie provinciale, et suit les chemins empruntés par le maître à la recherche de la couleur absolue.
   
    C'est aussi le côté sombre de la famille Gachet qui est détaillé, et particulièrement du docteur, strict, austère, meilleur négociateur opportuniste d'art que médecin.
   
    Jean-Michel Guenassia imagine une romanesque histoire d'amour entre Marguerite et Vincent et en profite pour questionner les derniers jours du maître avant son suicide.
   
    Avec des "si", il rappelle la polémique autour de la légitimité des œuvres attribuées à Van Gogh ainsi que de sa mort, essaie de donner des explications et nous plonge dans l'univers des impressionnistes novateurs et critiqués.
   
    Un très beau roman qui nous mène sur les pas d'un artiste hors norme à la fois solaire et sombre, vigoureux et fragile.
   
    L'auteur nous fait pénétrer dans son univers et les toiles de l'artiste nous accompagnent.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Mystère Van Gogh
Note :

   Et si Van Gogh ne s’était pas suicidé ? Et si le Docteur Gachet n’était pas cet amateur éclairé protecteur des impressionnistes mais un horrible profiteur doublé d’un père imbuvable ? Et si Marguerite Gachet, sa fille, avait été l’amante en fleur du génie arrivé à Auvers-sur-Oise en cet été 1890 ?
   
   S’appuyant sur des recherches historiques, médicales et artistiques diverses et parfois récentes, Jean- Michel Guenassia s’empare d’une histoire devenue une sorte de mythe : celle de ces journées d’été 1890 durant lesquelles Van Gogh, artiste largement moqué et déconsidéré de son vivant pour son incapacité à savoir dessiner selon les règles académiques comme pour son goût des couleurs aux antipodes des canons esthétiques officiels, allait produire pas moins de soixante-dix toiles en cinquante jours avant de disparaître de façon mystérieuse d’un coup de pistolet tiré selon un angle improbable dans le ventre, le plongeant dans une horrible agonie à laquelle rien ne fut fait pour la soulager.
   
   Car, parti-pris littéraire oblige, Marguerite Gachet devenue vieille a décidé de conter sa vérité avant qu’il ne soit trop tard. Celle d’une jeune fille qui va tomber intensément amoureuse d’un peintre au caractère difficile, en butte constante contre les conventions de son temps. Des conventions qui lui interdisent de poursuivre des études aux Beaux-Arts, qui la poussent à épouser un garçon dont elle ne veut pas, qui en font la prisonnière physique et psychique d’un père tyrannique, uniquement préoccupé de préserver les apparences, de sauver sa réputation et de se constituer une collection de maîtres à peu de frais. Un médecin peu capable, revu et corrigé par l’auteur et par l’intermédiaire de sa fille, doublé d’un être abject… Et, enfin, une histoire d’amour impossible qui se terminera mal en guise de colonne vertébrale du roman fictionnel.
   
   Si l’on croit dur comme fer à la version officielle, il est certain que ce livre agacera. Si l’on accepte l’occurrence de points de vue alternatifs, on appréciera alors tant la remise en cause troublante d’une mort louche que sa mise en perspective historique illustrée par l’insertion de textes d’époque qui montrent le grand écart entre une société de classe et de préjugés et notre monde actuel plongé dans d’autres affres. Tout cela est supporté par une belle langue rendant hommage à la beauté des lumières du Vexin et capable de faire surgir force toiles qui allaient bouleverser l’histoire de la peinture et faire basculer cet art dans la modernité.

critique par Cetalir




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