Lecture / Ecriture
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Entre deux mers de Carmine Abate

Carmine Abate
  Entre deux mers

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Entre deux mers - Carmine Abate

Il y a plus d’un chien qui s’appelle Milord.
Note :

   Carmine Abate nous raconte ici, en quatre voyages, un départ et une halte (squelette du récit), par la voix d’un garçon, enfant au départ, adulte à la halte, le récit d’un rêve calabrais et de la personnalité remarquable d’un certain Giorgio Bellusci, son grand-père.
   
   L’enfant, Florian, est à demi allemand, à demi Italien. Il oscille, attiré par ces deux pôles de sa vie, ses amours, ses hontes et ses fiertés de part et d’autre. Mais revenons à ce grand-père. C’est par lui qu’il attaque son récit. Les premiers mots de ce roman sont : « Que savais-je de lui ? » et nous transportent instantanément dans le monde bien particulier que ce Giorgio façonna à sa volonté. Volonté si puissante qu’elle transforma non seulement sa vie mais également celle de son entourage et jusqu’à celle du village.
   
   L’histoire remonte à 1835, eh oui. Quand un certain Alexandre Dumas (je ne sais pas si vous en avez entendu parler) accompagné de son ami, le peintre Jadin, oublia au Domaine, un carnet de notes, qui parlait déjà de Giorgio, et de Milord aussi d’ailleurs.
   
   L’histoire se noue autour d’un village de Calabre situé entre deux mers : Roccalba "au sud de Rome, à l’endroit le plus étroit de la Botte, sur une colline située entre deux mers" et surtout, dans ce village, autour du rêve du grand-père : le Domaine du Figuier « Au loin, on apercevait le toit marron du Domaine du Figuier, autour duquel la plaine s’étalait comme une fleur jaune paille au soleil. Plus loin, le violet de la mer Tyrrhénienne était strié de bandes indigo et bleues, tandis que la dorsale d’une montagne couverte de chênes verts, de bruyères, de lentisques et de myrtes obstruait la mer Ionienne. »
   
   N’allez pourtant pas croire qu’il s’agit ici d’une nouvelle saga familiale, comme on nous en débite au kilomètre. Rien de commun. Il me semble évident que nous avons bien plus que cela tout d’abord pour ce qui est de l’intérêt humain : la peinture des caractères et des sentiments est à la fois fine et puissante, et puis ensuite pour ce qui est de la qualité du style. Carmine Abate est un vrai écrivain. Il dispose d’une prose à la fois efficace et d’une grande beauté poétique (comme le montrent d’ailleurs les extraits déjà cités) et il nous laisse nous en régaler.
   
   Une très belle escale dans mon parcours de littérature italienne actuelle.

critique par Sibylline




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