Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

La sieste assassinée de Philippe Delerm

Philippe Delerm
  La Cinquième saison
  La première gorgée de bière
  Dès 09 ans: C'est bien
  Dès 09 ans: C'est toujours bien
  La sieste assassinée
  Ma grand-mère avait les mêmes
  Le bonheur
  La bulle de Tiepolo
  Autumn
  Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables
  Le trottoir au soleil
  Quelque chose en lui de Bartleby
  Je vais passer pour un vieux con
  Elle marchait sur un fil

Philippe Delerm est un écrivain français né en 1950.
Il vit en Normandie, dans l'Eure et est le père du chanteur-compositeur Vincent Delerm.

La sieste assassinée - Philippe Delerm

Ecriture quotidienne ou quotidiens écrits ?
Note :

   C’est bien ça le problème…
   Petite mention spéciale à l’auteur pour le choix de son titre. Un excellent titre, c’est rare et ça se remarque. Par contre ce qui est bien plus fréquent, c’est le bon titre qui laisse le futur lecteur plein d’attentes, d’envies et de promesses… pour l’abandonner à sa faim dès les premières pages dans le pire des cas.
   
   Je ne connaissais pas Philippe Delerm sinon de nom. Ce recueil de courts textes (36 textes en 95 pages au total) m’a semblé être une bonne entrée en matière. Et qu’est-ce que j’aime les auteurs s’adressant à la vie qui les entoure ! C’est tellement frais lorsque l’ont veut s’aérer alors qu’on est plongé dans la lecture d’une grosse œuvre (je suis dans le tome 4 du Clan des Otori !). Oui mais il faut y placer un intérêt littéraire. Oui mais il faut qu’on trouve de la pensée entre les mots, un questionnement cérébral qui nous tient en éveil, qui instaure un dialogue entre l’auteur et nous.
   
   Je suis embêté car les textes de Delerm sont beaux. Mais ils ne brossent qu’une esthétique, sans pensée, sans émoi cérébral autre que l’enclave du beau et du style. C’est intéressant et pompeux, c’est commun et surfait mais c’est beau. Il décortique l’artichaut, descend ses poubelles, chante la pluie sur Rolland Garros, discourt sur l’intérêt de donner sa place aux vieux dans le métro… Je ne deviens pas fou en écrivant ce billet : ce sont là quatre sujets des 36 textes du recueil !
   
   En fait, on sort de là en hésitant sur la démarche de la plume de Delerm. Deux possibilités :
   Soit l’auteur a cherché à ciseler son talent dans d’infimes moments de rien pour étudier et piller une esthétique jusqu’à l’extrême, extraire le beau de tout, voir la poésie dans le quotidien. Il prend un moment banal, un fragment de quotidien, un objet de tous les jours et en suce la moelle littéraire jusqu’à élever ce « rien » au rang de diamant d’écriture. En ce cas il est digne d’un grand œuvre. Soit il a livré à son éditeur un corpus de rédactions inachevées de son année de cinquième, quand il était amoureux de Mademoiselle Lambert, sa prof de français, et qu’il aurait tout fait pour l’épater.

critique par Kassineo




* * *