Lecture / Ecriture
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Aden Arabie de Paul Nizan

Paul Nizan
  Antoine Bloyé
  Aden Arabie

Paul Nizan (1905-1940), militant communiste jusqu'à sa rupture avec le Parti au moment du Pacte germano-soviétique, romancier et essayiste, auteur culte des années soixante, a laissé des textes majeurs, dont "Les chiens de garde" et "Aden Arabie".

Aden Arabie - Paul Nizan

Le trouble-fête
Note :

   Ce célèbre pamphlet, précédé d’une longue préface de Sartre, qui fut le camarade de Nizan à l’Ecole Normale, est un cri de révolte d’un jeune homme en colère, qui paraît avoir intégré le sentiment de culpabilité transmis par son père pour avoir trahi sa classe d’origine, en étudiant pour améliorer sa situation sociale. Cette histoire familiale fut racontée dans "Antoine Bloyé".
   
   Comme le précise Sartre, "Nizan, c’était un trouble-fête. Il appelait aux armes, à la haine…"
   

   L’ouvrage établit une relation de la situation de son auteur à la fin de ses études, de son désir de partir pour échapper au climat de la France jugé ranci.
   
   Le voyage vers Aden introduit une note d’exotisme, bien vite contredite par l’atmosphère d’ennui et de torpeur qui régnait dans cette société où une chape de plomb semble peser sur toute la population.
   
   Ce destin fait immanquablement penser à Rimbaud : révolte contre la société toute entière, inspiration tragique, écriture admirable, exil dans une contrée déshéritée et décès prématuré.
   
   
   " J'avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie. Tout menace de ruine un jeune homme : l'amour, les idées, la perte de sa famille, l'entrée parmi les grandes personnes. Il est dur à apprendre sa partie dans le monde. À quoi ressemblait notre monde ? Il avait l'air du chaos que les Grecs mettaient à l'origine de l'univers dans les nuées de la fabrication. Seulement on croyait y voir le commencement de la fin, de la vraie fin, et non de celle qui est le commencement d'un commencement."
   Paul Nizan

critique par Jean Prévost




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