Lecture / Ecriture
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La disparition de Georges Perec

Georges Perec
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  Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour?
  Espèces d'espaces
  La disparition

Georges Perec est né à Paris (XXe arrondissement) en 1936 de parents juifs polonais qui n'ont pas survécu à la guerre. Il a été élevé par une tante paternelle.
Après ses études, il devint documentaliste au CNRS jusqu'à ce que le succès littéraire obtenu avec "La vie mode d'emploi", lui permette de se consacrer à l'écriture.
Il a suivi plusieurs psychanalyses et a fait partie du groupe Oulipo.
Il est mort en 1982 d'un cancer du poumon, il a été incinéré et son urne repose au Père Lachaise.

Bernard Magné a publié une courte biographie de Georges Perec.

La disparition - Georges Perec

Un as noir si mou qu’omis rions à nu
Note :

   M’arrachant aux populations, m’isolant dans un coin, lisant sur Anton Voyl non sans raison car GP lista tant qu’il put dans son bouquin : animaux, trucs, machins, virtuoso d’un "Magnificat."
   
   Anton donc disparaît. Suit un galimatias sans nom ou plutôt moult noms, Amaury Colson, Douglas Haig Clifford, Olga and so on. Tous morts ou mourants ou intrigants, disparaissant tour à tour ainsi qu’un tourbillon rythmant un roman. Chacun y va, narrant.
   
   Tout, donc, doit partir sans tambours ni cors, imaginant tout-à-trac, sauts ou sursauts si rigolos qu’on y voit parfois trop obscur. On sait qui a disparu, l’iris s’habituant à la scrutation d’un faux-pas. Mais nul n’apparaît. La narration fuit dans un fond malin où l’humour traduit l’anglais par omission ou coupant parfois un mot montrant la disparition. Ça vit dans l’air parfois non sans accroc qu’ainsi Tzara imagina pour "Dada."
   
   Mais soyons positifs ! Un bon instant nous trouvait rigolard, gaussant, ironisant çà ou là par situations. Il y a du Fantômas, du polar, du poilant, du poison, du crash d’autos, aucun fil à la raison sinon la disparition mais qui ? quoi ? pourquoi ? Tout paraît parfois noir quand tout arrivait blanc. GP fait voir son art du dicton, sa diction du stylo ; non, du tout un fiasco.
   
   Amusant ou cogitant :"Un as noir si mou qu’omis rions à nu."
   J’avais du mal à finir "la disparition". Parfois, il fallait la conviction, bravant, lascif aux instants oisifs.
   Oublions la narration, il y aura toujours du distrayant.
   Un roman qu’on lit à l’instar d’un Boris Vian.

critique par Mouton Noir




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