Lecture / Ecriture
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Pauvre Surhomme de Kurt Vonnegut

Kurt Vonnegut
  Abattoir 5
  Elle est pas belle, la vie ?
  Le pianiste déchaîné
  Les sirènes de Titan
  Nuit noire - Nuit mère
  Le Berceau du chat
  Dieu vous bénisse, monsieur Rosewater ou R comme Rosewater
  Le Breakfast du champion ou le petit déjeuner des champions
  Gibier de potence
  Galapagos
  Barbe-Bleue
  Abracadabra
  Le petit oiseau va sortir
  Un homme sans patrie
  Pauvre Surhomme

AUTEUR DES MOIS DE JUIN & JUILLET 2016

Kurt Vonnegut est un écrivain américain, né en 1922 dans l'Indiana et décédé en 2007 à New York.

Issu de la troisième génération d'immigrés allemands, il fait ses études à Indianapolis

Engagé dans l'armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à l'offensive des Ardennes et est fait prisonnier de guerre à Dresde. Lorsque les ville est totalement rasée par les bombardements alliés, il a la chance survivre indemne physiquement. Ce drame le marquera à vie et inspirera "Abattoir 5"

Après la guerre, Vonnegut reprend ses études à Chicago et collabore à des journaux. Il trouve un emploi à General Electric, commence à écrire et rencontre le succès

Il se marie et a trois enfants auxquels s'ajoutent ses trois jeunes neveux dont les parents sont mort prématurément.

Se heurtant aux murs des étiquettes, on peut regretter que certains ne voient en lui qu'un auteur de Science Fiction, ce qui, en soit, n'a rien d’infamant, mais ne témoigne pas de la totalité de son œuvre.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Pauvre Surhomme - Kurt Vonnegut

Idée récurrente
Note :

   Titre original : Harrison Bergeron, 1961
   
   "On était en 2081 et tous les hommes étaient enfin égaux. Non seulement devant Dieu et devant la loi, mais égaux dans tous les domaines. Nul ne pouvait se targuer d'être plus malin qu'un autre ; nul ne pouvait se targuer d'être plus beau qu'un autre, ni d'être plus fort ou plus rapide."
   
   Vers la fin des "Sirènes de Titan", quelques pages sont consacrées à nous raconter un monde où la population a choisi qu'aucun de ses membres ne soit supérieur aux autres dans quelque domaine que ce soit. Ainsi les forts se lestent-ils de sacs de plomb pour se handicaper etc. Cela est fait et reçu comme une politesse, une sorte d'acte-citoyen, comme on dit maintenant. Cela m'avait semblé plus absurde encore que le reste du roman (car quelle limite y a-t-il ? Pourquoi, pour rester dans le domaine de la force, par exemple, ne pas tous être paralysés?) et, de la façon dont c'était raconté, on ne pouvait pas savoir ce exactement ce que pensait l'auteur.
   
    Mais l'idée devait l'intéresser car deux ans plus tard, il publiait cette nouvelle, parue dans un magazine sous le titre "Harrison Bergeron". Cette fois, les gens (conditionnés ou non) ne choisissent pas d'eux mêmes de se réduire uniformément à la médiocrité, cela est imposé de force par la loi ; et le modus operandi est plutôt impitoyable. Et malheureusement pour lui, c'est dans ce monde qu'est né Harrison Bergeron, tellement supérieur dans absolument tous les domaines qu'il est bien effectivement un surhomme, et qu'il subira de ce fait une oppression monstrueuse.
   
   Je pense, pour ma part, que Vonnegut réfléchissait sur ce que nous appelons le nivellement par le bas et qui peut être le corollaire de l'égalité et même de la démocratie. Un piège dont on peut encore moins contester le risque que lorsqu'il a soulevé la question. Et aussi, cette volonté égalitaire peut-elle être une manifestation de l'envie, de la jalousie des médiocres ? Le bel idéal n'en contient-il pas au moins une part ? Ou ne risque-t-il pas d'être récupéré et détourné par eux ?
   
   Le traitement de "Harrison Bergeron" est bien différent de celui des "Sirènes de Titan". La nouvelle est très courte -même pas 10 pages- simpliste et brutale. Etait-ce pour correspondre au lectorat de ce magazine ? je l'ignore. Etait-ce parce que K. Vonnegut voulait juste jouer avec le concept, mais sans se lancer dans une œuvre trop littéraire ? Possible. En tout cas, les deux versions ne font pas doublon.
   
   En anglais, on retrouve cette nouvelle dans le recueil "Welcome to the Monkey House", malheureusement pas traduit en français ; seul "Harrison Bergeron" l'a été, sous le titre "Pauvre surhomme" pour une des anthologies du Livre de Poche "Histoires de", en l'occurrence "Histoires de demain" consacrée à la description de mondes futurs. Plus édité, mais facile à trouver chez les soldeurs. 36 volumes, cela me donne envie de me lancer dans une collection, mais non ! Restons raisonnable.
   
   
   PS : On trouve aussi dans cette nouvelle quelque chose qui peut être une version de la fameuse énergie "Volonté Universelle" des "Sirènes de Titan".
   "Puis, neutralisant la force de la gravité par la seule puissance de leur volonté et de leur amour, ils restèrent suspendus en l'air, au-dessous du plafond, et ils s'embrassèrent pendant longtemps, très longtemps."

critique par Sibylline




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