Lecture / Ecriture
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Pas facile de voler des chevaux de Per Petterson

Per Petterson
  Pas facile de voler des chevaux
  Maudit soit le fleuve du temps
  Je refuse

Per Petterson est un écrivain norvégien né en 1952.

Pas facile de voler des chevaux - Per Petterson

Quand le passé refait surface
Note :

   A 67 ans, Trond achète une maison et se retire à la campagne avec sa chienne Lyra. En s'installant là, son projet est d'y passer les dernières années de sa vie.
   
   Une nuit, il est réveillé par un bruit. C'est son voisin qui est dehors à la recherche de son chien. Ils se saluent et échangent trois mots de politesse. Sur le coup, Trond ne réagit pas mais une fois couché, dans la nuit, cela lui revient : il connaît cet homme, il s'agit de Lars, le frère de son ami Jon, qu'il n'a pas vu depuis plus de cinquante ans. Alors lui revient en mémoire le drame vécu des années plus tôt alors qu'il passait l'été en 1948 avec son père dans un village près de la frontière suédoise, drame qui allait toucher la famille de Jon et Lars mais aussi sa propre famille. L'occasion pour lui de revenir sur ce moment qui a bouleversé sa vie. Mais que sait Lars de ce drame dont il est aussi partie prenante? Et surtout l'a-t-il de son côté reconnu, alors qu'il n'avait que dix ans à l'époque? Car "Tout cela est si loin et je m'aperçois que je suis vieux".
   
   J'ai adoré ce livre. D'abord pour le récit, qui ne dévoile que petit à petit les différents éléments. Pour la pesanteur aussi de cette tragédie qui, 50 ans après, ne laisse pas insensible, ni le lecteur, ni les différents protagonistes. C'est un magnifique récit de vie, une superbe histoire d'amour. Ce roman est riche, profond, prenant, bouleversant. Il explique l'inexplicable et montre la difficulté d'accepter son destin et les choix de vie de ses proches.
   
   Je l'ai découvert par hasard, grâce à Guilaine, ma bibliothécaire, qui me l'a conseillé alors que je n'en avais pas entendu parler. Un grand merci à elle pour ce superbe moment de lecture, la deuxième partie est encore plus prenante, pour preuve je l'ai lue d'une traite un soir entre 22 heures et minuit alors que j'étais pourtant bien fatiguée.
   
    J'espère maintenant faire découvrir ce livre et cet auteur au maximum d'entre vous. Mais peut-être en aviez vous déjà entendu parler? En tout cas je suis ravie de cette découverte et je vais m'intéresser aux autres romans de cet auteur.
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critique par Clochette




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Bouleversant
Note :

   Trond, au moment de sa retraite, décide de se retirer en solitaire au cœur de la forêt norvégienne avec sa chienne Lyra. Curieuse décision que celle de s’isoler volontairement en ne prévenant personne de son exil!
   
   Dans le chalet rudimentaire qu’il retape lentement, Trond ne cesse de revenir sur un passé qui de toute évidence a marqué les fondements de son existence.
   Alors, la narration oscille d’époque en époque sans pour autant y perdre le lecteur. Les éléments fondateurs sont fournis par bribes dosées avec justesse pour s’assembler au fil des pages et construire un ensemble qui somme toute restera incomplet tant pour le narrateur que pour le lecteur.
   
   J’ai été envoûtée par le pouvoir narratif de l’auteur qui m’a entraînée avec finesse auprès de cet adolescent (Trond en 1948 alors qu’il avait 15 ans) qui passe ses mois d’été avec son père au milieu de la forêt. Durant cette période charnière de son existence, Trond est gagné par des pulsions nouvelles et d’innombrables interrogations qui trouvent difficilement des réponses.
   
   La narration revient progressivement sur des zones obscures de l’existence de son père et des habitants de la contrée tout au long de ces décennies et surtout durant cet été 1948. Plus les éléments s’éclaircissent, plus l’admiration que vouait Trond à son père se fissure ce qui devient littéralement bouleversant.
   
   Un livre plutôt mélancolique qui touche habilement la sensibilité du lecteur.
    ↓

critique par Véro




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Une plume en Nord
Note :

   Ce Norvégien est en passe de devenir la nouvelle coqueluche de la littérature scandinave. Loin de l'univers du polar nordique ou de la farce finlandaise (que j'aime tous deux beaucoup) Per Petterson fait entendre une musique inquiète et solitaire où la nature se veut présente sans étouffer l'humanité des personnages. "Pas facile de voler des chevaux" est un roman de l'âge mûr, avancé même. Trond se remémore, solitaire, son amitié avec Jon, les chevaux empruntés plus que volés, son enfance somme toute ordinaire. Mais quelle enfance est ordinaire? Et qui était vraiment son père dont il apprendra tard l'attitude pendant la guerre.
   
    On ne se débarrasse pas comme ça du passé. Ce passé n'a d'ailleurs rien de honteux mais toute jeunesse est douloureuse et à travers les images du père il semble qu'un fantôme tout bergmanien vienne à s'immiscer dans l'interrogation de Trond face à son nouveau voisin dans ce chalet de campagne où il a décidé de passer le reste de son âge. Un souvenir commun avec Lars et ressurgissent ces années d'apprentissage au bord du lac des vacances où amitié et cruauté chevauchent ensemble les mustangs de l’adolescence.
   
   Des images très fortes restent gravées à la lecture de ce roman qui,loin d'être un respectable mais très couru roman d'initiation, transcende la quête du souvenir en un flot introspectif passionnant que, l'âge étant venu, Trond assumera le mieux possible. Emprises, disparitions, peurs et soupçons auront balisé une vie bien remplie, une vie d'homme, là-bas dans ce Nord qui me plaît tant.
   
    J'avais assez peu aimé "Dans le sillage", autre livre de Per Petterson. Il me semble que "Pas facile de voler des chevaux" atteint d'emblée une universalité d'une toute autre envergure.

critique par Eeguab




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