Lecture / Ecriture
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Ultime partie de Marc Dugain

Marc Dugain
  Une exécution ordinaire
  La malédiction d'Edgar
  La chambre des officiers
  L'insomnie des étoiles
  Heureux comme Dieu en France
  Avenue des géants
  L'emprise
  Ultime partie
  Ils vont tuer Robert Kennedy


Marc Dugain est un écrivain français né en 1957 au Sénégal.

Ultime partie - Marc Dugain

Chroniques de l'emprise
Note :

    Il n'était pas question rater la lecture du dernier tome de la trilogie.
   
    Mais voilà le problème : ne lire qu' Ultime partie serait dommage (bien que les rappels nécessaires aux p'tits nouveaux et aux anciens à mémoire courte soient habilement insérés) et je suis bien consciente qu'à imposer TROIS romans d'un coup, ça va hurler!
   
    Dugain possède une écriture ciselée, dégraissée. Les chapitres courts s'intéressent aux différents protagonistes. Je ne dirai pas que se plonger dans les magouilles politico-économiques et les coups fourrés des barbouzes soit ma tasse de thé quotidienne, mais c'est tellement passionnant ici! Dugain arrive à donner à tous une touche d'humanité (pour certains, elle est très très cachée, j'avoue) et, ouf pour le lecteur sensible, à tirer d'affaire les personnages désireux de ne pas (ou plus) se salir les mains. Beaucoup de dynamisme dans la narration. Des problèmes éthiques finement exposés (eh oui, le tout noir tout blanc, pas toujours possible dans la vraie vie!). Tout citoyen peut s'y retrouver.
   
    "Le pays aimait les rentrées. Rentrée politique, rentrée scolaire, rentrée sociale, rentrée littéraire, chaque année, un brouhaha artificiel entretenait l'illusion de la nouveauté, du renouveau, de la renaissance dans un conformisme cadenassé. Il faut dire que si la France aimait les rentrées fracassantes, elle aimait aussi les sorties discrètes qui s'effectuaient en sifflet à partir de début mai, à la faveur des jours fériés et d'une architecture calendaire qui relevait, dans sa conception des ponts, d'un mélange habile de génies civil et religieux."

   
   
   Présentation de l'éditeur
   
   "Ultime partie est le troisième et dernier volet de la trilogie des " chroniques de l'emprise ". Launay, le favori des élections, va enfin accéder au pouvoir et réformer la constitution contre l'avis de son ennemi intime Lubiak. Les deux personnages se livrent un combat à mort même s'il s'agit d'une mort symbolique. On y retrouve les personnages de Quinquennat. Lorraine, espionne qui ne se sent pas à sa place, témoin de la disparition de Sternfall, est menacée de mort par les services secrets français et américains alors que Launay a ordonné sa disparition. Terence, journaliste d'investigation intègre, prend la mesure du pouvoir qui est le sien et transige avec ses principes. Le roman nous emmène dans les subtilités de l'exercice du pouvoir mais aussi dans la réalité des services secrets. Il est principalement situé à Paris, en Bretagne et en Islande où le pauvre Sternfall est caché par les services américains. Surtout prisonnier de lui-même, Launay finit par s'affranchir de l'emprise américaine et prend la vraie mesure de sa mission. Marc Dugain termine la série de la Trilogie de l'Emprise par ce roman où les rivalités entre les protagonistes atteignent leur paroxysme. L'exacerbation des passions politiques est ici montrée dans toute sa cruauté et sa vérité. Ultime partie est la conclusion remarquable d'un projet romanesque traversé par les tensions de l'actualité et les enjeux de pouvoir qui sont à l’œuvre actuellement dans notre pays."

   
   Chroniques de l'emprise :
   L'emprise
   Quinquennat
   Ultime partie

    ↓

critique par Keisha




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Ratage
Note :

   Voici venu le temps de mettre un terme à la trilogie romanesque de Marc Dugain dans laquelle il décortique, sans concession, les combinaisons infinies et nauséabondes dans lesquelles se complaisent d’ambitieux hommes politiques, des hommes d’affaires cupides et des services secrets manœuvrant leur monde tout en tenant un dossier sur chacun.
   
   Le beau pays qui accueille cette sympathique intelligentsia n’est autre que la France et, comme depuis le premier volume d’ailleurs, il ne sera pas très difficile de mettre un nom réel derrière la plupart des protagonistes clairement inspirés de notre histoire politique nationale récente…
   
   Désormais, les institutions arrivées à bout de souffle, l’extrême droite menaçant de plus en plus de s’emparer du pouvoir, le temps est venu pour l’historien et romancier d’imaginer le coup d’état constitutionnel qu’est la mise en place par voie référendaire de la VIème République par celui qui vient d’être fraîchement élu Président de la Vème. Une façon aussi de couper l’herbe sous le pied de son ennemi personnel dont il a fait un Ministre d’Etat pour mieux le tenir à l’œil.
   
   Marc Dugain met en scène dans cet ultime volet l’ensemble des personnages qui n’avaient pas encore disparu, victimes d’assassinats politiques déguisés sous des affaires criminelles. Il nous montre à nouveau en quoi l’ambition personnelle, l’amour des combinaisons, la pratique des coups-fourrés, la mégalomanie, la cupidité s’entremêlent, à des degrés divers, pour pousser des hommes et des femmes que seul l’accaparement du pouvoir politique, économique ou financier guide, au mépris d’un intérêt général qui n’est plus, depuis belle lurette, qu’une marionnette morte qu’on agite de manière bien pratique pour détourner l’attention ou proférer un lot de contre-vérités d’autant plus admissibles qu’elles sont grosses.
   
   Malheureusement, et comme depuis le premier tome de la série, jamais je n’ai été convaincu par cette incursion de l’auteur derrière le rideau secret de ce petit monde. Non parce que nous ne croyons pas à ce qu’il nous raconte (bien au contraire même…), mais simplement parce que le style d’habitude lyrique et travaillé de celui qui fut l’auteur de « La Chambre des Officiers » entre autres sombre ici dans une pauvreté et une facilité qui fait sans cesse penser à un roman de gare vite et mal écrit. D’autant que le dénouement de cette série de meurtres politiques manque quelque peu de crédibilité et que bien des ficelles pour y parvenir paraissent un peu grosses.
   
   Bref, l’intention louable de dénoncer et d’alerter se trouve appauvrie par un propos faible et indigne de l’auteur. Un ratage de bout en bout.

critique par Cetalir




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