Lecture / Ecriture
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Les vrais durs de T. C. Boyle

T. C. Boyle
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  L'enfant sauvage
  Les vrais durs
  Après le carnage
  América

T. C. Boyle (Tom Coraghessan Boyle) est le nom de plume de Thomas John Boyle, écrivain américain né en 1948 à Peekskill, État de New York.

Les vrais durs - T. C. Boyle

Violence mortifère
Note :

   En lisant la préface : "L'âme américaine est dure, solitaire, stoïque : c'est une tueuse. Elle n'a pas encore été délayée", le lecteur prend acte et entame en compagnie de l'auteur et de ses personnages, un chemin douloureux dans les Etats-Unis d'Amérique balayés par la violence.
   
    T.C. Boyle nous revient ici avec un roman noir doublé d'un roman social. Il y raconte son pays toujours fier de l'aventure de ses pionniers. Il montre aussi une Amérique restée victorieuse et ultra-violente où toutes les anciennes valeurs n'existent plus.
   
    C'est l'histoire d'un constat et de celle des hommes qui le vivent.
   
   Sten, principal de collège à la retraite, revient de voyage dans une contrée très exotique d'Amérique du Sud avec sa femme. Victimes d'agression avec leur groupe, Sten se bat avec un voyou et le tue. De retour chez lui, considéré comme un héros, il reprend sa vie d'américain sûr de ses droits, pas très sympathique. Un problème le hante, son fils Adam en perpétuelle rébellion adolescente, est un grand psychotique. Persuadé dans ses délires d'être John Colter, un célèbre trappeur du 18ème siècle, il s'enfonce dans sa paranoïa jusqu'au drame. Sur son chemin il croise la route de Sara, une femme vieillissante, seule et surtout rebelle pour rester vivante. Elle représente l'Amérique profonde hantée par la théorie du complot et refuse toute autorité.
    Ils vont vivre un temps dans les bois, en fuite de tout et surtout d'eux-mêmes.
    Ils vont être rattrapés par la violence donnée et reçue, sans vraiment comprendre que les combats menés sont vains.
   
    T.C. Boyle parle toujours de nature mais ici la violence renvoie une réalité très douloureuse.
   
    L'auteur emploie une écriture sèche et directe pour décrire une société abîmée par la colère et la fureur sous toutes les formes. Sans atermoiement, il décrit le vécu de ses personnages avec leurs peurs et leurs psychoses. Un style percutant, à lire.
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critique par Marie de La page déchirée




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Ça décape !
Note :

   Tout débute par les vacances croisière de Sten et Caroleen. Durant une visité prévue dans un parc national avec le groupe de personnes âgées qu'ils forment avec leurs compagnons de voyage. Ils sont agressés par une bande de petits malfrats. Sten ayant fait la guerre du Vietnam, tout remonte dans son cerveau. Il en empoigne et malgré lui le tue. Légitime défense. Sten n'a plus qu'une envie, rentrer dans son cher pays bien à l'abri.
   
   Nous pouvons à présent faire connaissance avec les autres protagonistes du roman dès le retour de Sten et Carolee en Californie.
   
   Leur fils Adam a avouons-le une case en moins. Il a décidé de ne plus se nommer Adam mais il est Colter le trappeur (si vous voulez connaitre le vie de Colter, lisez le livre). Il vit donc dans les bois. Il a érigé un mur de 2,50 mètres sans aucune ouverture autour de la maison de sa grand-mère décédée. Il est en guerre contre les hostiles, c'est-à-dire les Aliens. Il faut avouer qu'il consomme des substances plutôt illicites, et boit énormément.
   
   La femme qui va tomber amoureuse d'Adam se nomme Sarah, Elle fait partie de ces américains qui ont décidé que le gouvernement des USA est illégitime selon le 14ième amendement. Donc elle ne porte pas de ceinture de sécurité et pas de bol pour elle, un flic l'a repérée. Son chien porte des dreadlocks et c'est pour l’aider à sauver ledit chien du chenil suite à son altercation avec une autre flic, que ces deux déjantés vont se croiser.
   
   Petit détail Sarah à 15 ans de plus qu'Adam mais ce n'est qu'un détail.
   
   Adam va petit à petit perdre conscience de la réalité et sombrer dans une véritable paranoïa qui va se terminer par la mort d'un homme.
   
   Je n'avais jamais lu un seul roman de T.C Boyle, en un claquement de doigt, je suis devenue addict.
   
   T.C. Boyle nous entraine sur les chemins contemporains d'une certaine folie chez quelques individus aux USA et soulève le problème du port d'armes et des tueries qui en découlent, sans oublier ceux qui tiennent absolument à survivre tel leur pays, plier mais ne pas rompre, et ce ne sont pas les Mexicanos qui vont imposer leurs lois.
   
   Le tout est écrit dans un humour décapant. Géniaal
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critique par Winnie




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Un sentiment trop désagréable
Note :

   "Il était donc chez elle, sans se rappeler comment il y était arrivé, la succession d'évènements, la voiture qu'on gare, les portières qu'on ouvre et qu'on referme, les bottes remisées sur la véranda, la clé dans la serrure : tout oublié."
   

   Sten et Carolee sont en croisière. Lors d'une excursion sur la terre ferme, leur groupe est pris à parti par des truands qui cherchent à voler leurs bijoux et leurs papiers. Sten, ancien Marine, sauve la situation en attrapant un des protagonistes du gang fermement et l'étrangle malgré lui. Après quelques heures désagréables, il est finalement considéré comme un héros et rentre en Californie poursuivre sa retraite paisible et aisée. Seulement, il y a Adam, le fils de Sten, embarqué un beau jour par Sara dans sa voiture, un peu désaxé, souffrant d'une psychose paranoïaque et Sara elle même, adepte du libre arbitre, et contre ce gouvernement avec lequel elle n'a, selon elle, pas passé de contrat. Cette rencontre est le début d'un drôle de voyage au bord d'une folie qui ne laissera personne tranquille...
   
   Je suis très partagée sur ma lecture de ce roman assez particulier. Il est en effet assez rare que je sois à ce point moralement dérangée par des personnages. Mais il faut reconnaître à TC Boyle ce talent-là, de rendre le désagréable et le dérangeant hautement captivants. J'ai donc été tenue par l'intrigue, attachée malgré moi à Sara, voulant savoir à quel point tout pouvait basculer, ou rester sur le fil, les individus s'empêtrer eux-mêmes dans des impasses et la violence. Le regard de l'auteur sur ses contemporains, sur la nature (très présente), sur des notions comme le bien et le mal, sont très cyniques et justes. On ressort de ce livre assez bouleversée et déstabilisée. Je ne suis pas certaine d'avoir cependant su voir au-delà de la réalité crue pour apprécier cette lecture à sa juste valeur, le sentiment désagréable restant gravé en moi pour ce roman-là qui est pour autant, et sans conteste, véritablement brillant.

critique par Antigone




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