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Journal de voyage de Michel de Montaigne

Michel de Montaigne
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  Journal de voyage

Michel de Montaigne est un philosophe français né en 1533 et décédé en 1592.

Martine Mairal a consacré un roman (L'Obèle) aux relations entre Montaigne et sa "fille d'alliance", Marie de Gournay.
Floyd Gray a consacré un essai au style de Montaigne.

Journal de voyage - Michel de Montaigne

1580, l'Europe
Note :

   En 1580, Montaigne entame un voyage qui le conduira en Allemagne, en Suisse et en Italie sur une durée de quatorze mois. De ce long périple un journal témoigne. Cependant, il s’agît d’un journal à deux mains, puisque toute la première partie a été rédigée par un domestique de Montaigne, qui exerçait la fonction de secrétaire. Cette partie comporte donc toute la route depuis la France : la région parisienne, la Champagne, la Lorraine et l’Alsace, jusqu’à Rome, après avoir traversé la Suisse, l’Allemagne et le nord de l’Italie. Le secrétaire écrivait très bien et il manifestait constamment une très haute estime de son maître Monsieur de Montaigne. Toute la partie du journal qu’il a rédigée, qui représente environ la moitié de l’ouvrage, est très détaillée : elle contient tous les lieux traversés, les difficultés inhérentes au voyage, le confort des auberges et des chambres où les voyageurs ont séjourné et, surtout, les problèmes de santé de son maître : en effet, Montaigne souffrait notamment de maladies rénales et intestinales.
   
   Le secrétaire, outre la description détaillée des lieux visités, notait scrupuleusement la longueur de chaque tronçon de route parcouru, en lieues, et le coût des hôtels et de la location des chevaux ou voitures. Il détaillait également les haltes de son maître pour prendre les eaux de chaque source disponible. Il convient de noter en particulier son évocation très positive d’Augsburg en Allemagne, où les deux voyageurs, outre les monuments marquants de la ville, ont visité la "Fuggerei", première cité ouvrière créée dans le monde par la famille des banquiers Fugger, pour loger à bon marché dans d’excellentes conditions les travailleurs modestes. Cette cité existe encore de nos jours et abrite de nombreuses familles.
   
   Ce n’est qu’à Rome que, le secrétaire reparti vers le Périgord, Montaigne reprit la rédaction du Journal. Le lecteur peut y trouver quelques différences de ton, notamment dans l’accent porté sur l’étroitesse des relations de Montaigne avec un grand nombre de personnalités politiques ou religieuses italiennes.
   
   Pour corser un peu plus les choses, Montaigne rédigea toute la fin du Journal en italien.
   
   Dans toute sa rédaction domine le souci de sa santé et les bienfaits plus ou moins grands des eaux prises dans les différentes stations.
   
   Il convient de noter que c’est pendant son voyage, et donc en son absence, que Montaigne avait été élu maire de Bordeaux, élection dont il apprit la nouvelle au cours du voyage.
   
   Les étapes les plus notables de ce long périple, outre Augsburg, sont Bâle en Suisse et, en Italie, Venise et Rome, beaucoup plus que Florence, que Montaigne ne semblait pas apprécier énormément.
   
   A la fin du journal, seule domine la santé de l’auteur.

critique par Jean Prévost




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