Lecture / Ecriture
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Comme une gazelle apprivoisée de Barbara Pym

Barbara Pym
  Des femmes remarquables
  Une demoiselle comme il faut
  Crampton Hodnet
  Adam et Cassandra
  Un brin de verdure
  La douce colombe est morte
  Comme une gazelle apprivoisée
  Jane et Prudence
  Quatuor d'automne

Barbara Mary Crampton Pym est une écrivaine britannique née en 1913 et morte en 1980.

Comme une gazelle apprivoisée - Barbara Pym

Gazelle et vieilles dentelles
Note :

   "En proie à la plus vive agitation, Belinda se hâte de rentrer chez elle. Parmi toutes les choses passionnantes qu'elle se proposait de raconter à Harriet, l'annonce des fiançailles du vicaire paraissait, bizarrement, la moins intéressante. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de se demander comment sa sœur accueillerait la nouvelle. Non que l'on pût parler d'une "déception" au sens propre du terme, mais que ferait-elle sans vicaire à choyer ?"
   

   Les sœurs Bede sont deux respectables quinquagénaires, vivant de leurs rentes, dans une maison agréable entourée d'un jardin. Leur vie est toute occupée par les affaires de la paroisse et le respect des convenances inhérentes à leur statut et leur milieu social.
   
   Nous sommes chez Barbara Pym, il y a donc des vicaires, des archidiacres, des vieilles filles et servir le thé dans les règles de l'art requiert un savoir-faire et un rituel intangible. Mais elle est plus fine mouche qu'il y paraît et elle introduit toujours un personnage dont l'œil discrètement lucide détecte les faiblesses et les hypocrisies de ce petit microcosme refermé sur lui-même. Ici, c'est Belinda, l'aînée des sœurs, Belinda qui a eu le cœur brisé par l'archidiacre il y a bien longtemps. Il lui a préféré Agatha, son épouse. Elle continue pourtant à se consumer d'amour pour lui en silence.
   
   Harriett, la cadette, est plus enjouée et moins conformiste ; son passe-temps favori à elle, c'est de prendre sous son aile les nouveaux vicaires, en général affamés et esseulés et de repousser les demandes en mariage régulières du Comte Ricardo, amoureux d'elle depuis longtemps.
   
   Le départ en cure d'Agatha et l'arrivée de deux célibataires étrangers à la communauté va bouleverser cet ordre immuable et troubler momentanément les deux sœurs. L'auteure nous donne à voir tout cela avec son humour habituel, s'amusant à décrire les longs préparatifs pour préparer une robe, choisir les gâteaux pouvant plaire à un ecclésiastique. Tous ces gens ont de la culture et le roman est émaillé de citations et de poèmes des grands auteurs anglais.
   
   Rien de spectaculaire dans l'intrigue, mais le tableau savoureux d'un monde et d'une époque révolus, où pour être tus, les amours n'en sont pas moins douloureux et les apparences trompeuses.
   
   C'est une relecture pour moi et j'ai retrouvé le même plaisir qu'à l'origine. Ce roman est paru pour la première fois en Angleterre en 1950.
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critique par Aifelle




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La sagesse d'aimer ce qu'on a
Note :

   Titre original : Some tame gazelle
   
   Je continue dans mon projet 'lire tout Barbara Pym', en VO si possible, tout en essayant de ne pas tout dévorer trop vite (addictif, vraiment). L'on sait déjà que la dame fait dans l'observation fine des caractères, l'humour subtil, la tasse de thé à tout moment, bref la britisherie comme on aime (ou pas, chacun ses goûts)
   
   Belinda et Hariett sont deux sœurs célibataires quinquagénaires vivant dans un petit village anglais. Hariett, pimpante, coquette, un peu ronde, s'intéresse en tout bien tout honneur aux jeunes vicaires desservant la paroisse (échange nourriture spirituelle contre nourriture temporelle), refuse comme d'habitude la demande en mariage d'un comte italien voisin. Belinda, elle, vit tranquillement et plutôt sereinement sur son histoire d'amour (unilatérale) de 30 ans d'âge avec l'archidiacre du village, marié à Agatha. Elle lui demeure loyale, en dépit des défauts dudit archidiacre, aux sermons soporifiques ponctués de citations poétiques.
   
   Quelques visiteurs (masculins), un séjour à l'étranger pour Agatha, fourniront quelques événements inattendus et amusants pour le lecteur.
   "And finally, who would change a comfortable life of spinsterhood in a country parish, which always had its pale curate to be cherished, for the unknow trials of matrimony?" (et finalement qui échangerait une confortable existence de célibataire dans une paroisse de campagne, avec toujours un diacre pâlichon à chouchouter, contre les ennuis inconnus du mariage?)
   

   Beaucoup de clergé dans ces romans, mais il n'y a pas besoin de s'y connaître pour sentir toute la gentille moquerie émanant de la description d'un dimanche matin à l'église ou d'une séance diapos d'un évêque missionnaire en Afrique. Evêque un peu décevant mais "Perhaps he doesn't have all his goods in the shop window." (celle là je l'adore, traduction perso Peut-être n'a-t-il pas toutes ses marchandises en vitrine)
   
   Puis j'ai attaqué et englouti le suivant chronologiquement paru.

critique par Keisha




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