Lecture / Ecriture
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Nous sommes deux de Marianne Rubinstein

Marianne Rubinstein
  Le journal de Yaël Koppman
  Nous sommes deux

Marianne Rubinstein est une écrivain française, née en 1966 à Paris.

Nous sommes deux - Marianne Rubinstein

Un an
Note :

    J'avais tellement aimé "Le journal de Yaël Koppman" que j'ai sauté sur ce nouvel opus de l'auteur, quel que soit le thème.
   
   Emma et Axel sont deux, même âge, la trentaine, mêmes père et mère, Laure et Stéphane Bricourt. Jumeaux, quoi. Ils veulent se marier le même jour, Laure avec David, fils de Lisa et Marc Cohen, et Axel avec Philippine, fille de Marie-Hélène et François de Langles. Ces derniers souhaitant que la réception ait lieu dans leur château angevin, les complications surgissent, l'on doit discuter du menu (kasher un peu ou beaucoup) et de fil en aiguille des liens se nouent. L'année en attendant les mariages est celle d'une conversion au judaïsme, d'une liaison, d'une grossesse, d'un cancer (dans le désordre, et je ne dis pas qui est concerné) et surtout de mises au point, de décisions, d'évolutions, d'apaisement face à un ancien deuil.
   
    Alternant le passé d'Emma et Axel, couple de jumeaux fusionnels mais sans que ce soit un long fleuve tranquille, et le présent en passant d'un protagoniste à un autre, ce roman avance de façon dynamique et à la fin j'ai vraiment regretté de laisser là les personnages (sauf Stéphane, vraiment peu sympathique). Marianne Rubinstein aborde (sans insister lourdement) des sujets actuels comme le mariage pour tous et les interrogations des Juifs français. Souvent émouvant, parfois amusant, des remarques qui font mouche et une façon fine d'analyser les motivations.
   
    "Mais dans son cas, s'agit-il vraiment de la force irrépressible de l'amour? Elle ne parvient pas à savoir si elle est vraiment amoureuse de / ou si ce qui lui manque surtout, c'est le regard désirant qu'il portait sur elle. Or non seulement ce doute la tourmente, mais son existence même lui fait douter de l'authenticité de ses sentiments. Si elle aimait vraiment, se poserait-elle toutes ces questions? Et si // décidait soudain de la quitter, n'en serait-elle pas profondément désespérée? C'est la seule répons dont elle dispose, et son seul point d'accroche. Le fait qu’elle soit capable, sans hésiter, de répondre oui, et d'appréhender enfin l'état de dévastation dans lequel cet abandon la mettrait, voilà qui la fait tenir Alors, quand //, encore ensommeillé, s'approche de la table où elle prend son petit déjeuner, elle lui demande en souriant s'il a bien dormi ."

critique par Keisha




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