Lecture / Ecriture
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Magnificence de Lydia Millet

Lydia Millet
  Comment rêvent les morts
  Lumières fantômes
  Magnificence

Magnificence - Lydia Millet

Tome 3
Note :

    Bon, ça va être coton de parler de ce roman, sachant qu'il s'agit du dernier d'une trilogie, après "Comment rêvent les morts" et "Lumières fantômes", (à relire mes billets, je n'en dis pas trop, donc vous pouvez les lire) mais que ce n'est pas grave de ne pas voir lu les deux premiers, puisque Lydia Millet prend comme personnage principal Susan, qui était assez personnage secondaire avant, et a le chic pour résumer en deux lignes les deux romans précédents, donc on n'est pas perdu.
    Le problème est que révéler la mort d'un personnage n'est pas gentil pour qui voudrait découvrir les deux premiers romans, qui en valent la peine.
   
   Je peux donc parler de "Magnificence" tout simplement en racontant que Susan hérite d'une immense maison ancienne, remplie d'animaux empaillés, qu'elle se battra pour la garder et y fera de drôles de découvertes. Par ailleurs sa fille Casey trouvera une voie lui plaisant. Susan ne sait pas résister aux vieilles dames parfois envahissantes, et sa liaison avec un homme marié ne semble pas devoir évoluer, juste les satisfaire du présent.
   
   Je peux dire que l'écriture de Lydia Millet est vraiment dense, qu'elle étonne par les opinions de ses personnages au détour d'un paragraphe, qu'on ne sait jamais trop où ça va nous mener*, et que vos neurones, sans trop fatiguer, vont quand même devoir se bouger un peu. Vivifiant et original.
   
    Un passage (qui n'engage que Susan)
    "Pourtant, pas de doute, le beau sexe était plus changeant que l'autre. En pratique cela signifiait que la folie des femmes se calmait parfois. Mais chez les hommes elle était constante. Question folie, les femmes pouvaient changer d'avis tandis que les hommes ne baissaient jamais les bras. Étrangement, la folie chronique des hommes était souvent prise pour de la stabilité; les hommes, sociopathes permanents, étaient félicités pour leur fiabilité. Tandis que les femmes, simples névrosées à temps partiel, étaient cataloguées comme fantasques. Sur le fond, les accès de santé mentale des femmes se voyaient retournés contre elles. Sociopathes contre névrosées. La distinction n'était pas dépourvue d'importance, car de nombreux hommes allaient un peu trop loin, franchement, et devenaient des tueurs en série, des maris violents, des flics pourris, ou des enfants soldats qui erraient dans les rues avec leur gang; des criminels de guerre, des tyrans, des démagogues.
    Les femmes, beaucoup moins."

   
   * J'aime ce genre de roman, et aussi bien sûr ceux dont on connaît déjà la fin, mais pas le chemin, et sont délectables aussi. Deux genres de promenade, la promenade découverte, et la promenade santé.

critique par Keisha




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