Lecture / Ecriture
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La plus vieille énigme de l'Humanité de Bertrand David

Bertrand David
  La plus vieille énigme de l'Humanité

La plus vieille énigme de l'Humanité - Bertrand David, Jean-Jacques Lefrère

Une théorie convaincante
Note :

   Il est parfois intéressant de voir des gens se mêler de ce qui ne les regarde pas. Bertrand David, par exemple. Bertrand David est peintre et dessinateur. Il n'est en rien spécialiste de la Préhistoire. Pourtant, c'est dans ce domaine qu'il vient présenter ici une découverte qu'il a faite par hasard au sujet des peintures qui ornent les grottes et cavernes de cette époque, concernant la manière dont elles ont été réalisées. Sans dévoiler la teneur de cette découverte (disons simplement qu'elle fait davantage appel aux lois de l'optique qu'à celles d'un apprentissage artistique), on peut dire qu'elle explique pas mal de mystères : l'identité des motifs et de la technique utilisée malgré les milliers d'années de distance qui séparent Lascaux de Chauvet, la superposition de certaines figures, l'inachèvement d'autres, les effets d'anamorphose, l'absence de trait marquant le sol, la présence exclusive d'animaux (pas de végétation, pas d'humains), la variété des échelles, la netteté des contours, la sûreté du geste, l'absence de lignes à l'intérieur des corps, les défauts (mauvais emplacement des yeux, mauvais attachement des membres), l'étrangeté des supports choisis (surfaces irrégulières, emplacements éloignés du jour et nécessitant parfois une position acrobatique de la part du peintre). Après une série d'expériences auxquelles Jean-Jacques Lefrère, encore un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas, a prêté son concours, Bertrand David en arrive à réfuter l'existence d'une formation artistique, d'une "école des Beaux-Arts préhistoriques" au sein de laquelle des maîtres auraient fait passer leur savoir de génération en génération. Les auteurs poursuivent en donnant une interprétation de ces peintures qui est plus spéculative, mais pour ce qui est de l'explication technique, force est de constater que c'est diablement convaincant. Enfin, pour le profane que je suis, car ce livre appelle bien sûr les commentaires de personnes plus autorisées. Pour l'instant, c'est Jean Clottes, un spécialiste de l'art pariétal, qui a été envoyé au front dans un article du Parisien mais ses réfutations sont bien faibles et il semble s'ingénier à répondre à côté aux questions qui lui sont posées. On attend la suite avec impatience.

critique par P.Didion




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