Lecture / Ecriture
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Saltatempo de Stefano Benni

Stefano Benni
  Achille au pied léger
  Saltatempo
  BAR 2000
  Margherita Dolcevita
  La grammaire de Dieu

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Saltatempo - Stefano Benni

Chronique italienne
Note :

   Ah ! Voilà. C’est autre chose !
   Je vous avais dit il y a quelque temps que mon premier contact avec Stefano Benni par l’intermédiaire d’ «Achille au pied léger » ne m’avait pas totalement convaincue, mais j’ai bien fait d’enchaîner avec un deuxième essai, parce que ce Saltatempo est d’une autre épaisseur.
   
   La quatrième de couverture, aussi peu à la hauteur qu’il convient qu’une quatrième de couverture soit, met avant tout l’accent sur la bi-montre, cette horloge interne offerte par Dieu lui-même au cours d’une rencontre assez… comment dirais-je ?... « étonnante ». Cette bimontre permet au narrateur, Saltatempo, de voir parfois le passé et le futur des gens qu’il a autour de lui. Evidemment, c’est un élément intéressant dans ce récit, mais il vous suffira de lire autre chose que cette fichue couv. 4 pour voir que Stefano Benni est loin d’abuser du procédé et que, s’il apporte régulièrement un plus au récit (par exemple en montrant le futur des jeunes révolutionnaires), il n’en forme ni le centre, ni le moteur.
   
   Le centre et le moteur sont la vie de ce jeune paysan pauvre et orphelin de mère qui, par son courage, sa ténacité dans ses études et ses idéaux de liberté et de libération, va construire sa vie sous nos yeux, depuis l’enfance jusqu’à l’âge d’homme. Elle débute et se termine avec la curieuse rencontre divine qui surprendrait fort tous les mystiques. Mais c’est aussi, et là on rejoint le thème de la bimontre, le rapport que Saltatempo (d’où son nom) a au temps, une relation qui lui permet de retrouver, entendre et suivre sa propre horloge interne. Une relation aussi au monde qui lui permet de voir des gnomes, des dieux joyeux et des fantômes.
   
   Et également, dans ce roman j’ai aimé ces croissances parallèles de l’enfant et du village qui, très primaire au départ, perd peu à peu sa rude simplicité sous l’impulsion des intérêts d’un élu qui lance la construction d’une autoroute, de nouvelles constructions avec expropriation et crédits et le fait basculer. Dans tous les sens du terme.
   
   J’ai aimé le regard que Stefano Benni portait sur cette histoire et la belle façon dont il nous la racontait.

critique par Sibylline




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