Lecture / Ecriture
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Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos

Pierre Choderlos de Laclos
  Les liaisons dangereuses

Les liaisons dangereuses - Pierre Choderlos de Laclos

Quand la plume acerbe fait tourner les vies en missives…
Note :

   Ah ! Laclos ! Il n’est plus nécessaire de présenter ce talent qui bousculera les salons en plein siècle des Lumières, quand le tout Paris se révoltait intellectuellement en ne quittant jamais cette carapace puritaine que la capitale aimait (aime ?) pardessus tout. Si l’auteur n’est plus présenté, il convient peut-être de réhabiliter un tant soit peu cette œuvre absolument magistrale, ce monument de la littérature française en s’obligeant à oublier certaines horreurs impies que la télévision aura pu nous offrir il y a peu (le film de Stephen Frears lui vaut le détour !).
   
   Les deux fondamentaux de cette aventure épistolaire, le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil aiment à se gausser de la Cour et de leurs semblables tout en se narrant leurs exploits de lits. Ils sont passés maîtres dans l’art de briser cœurs et innocences chacun dans l’autre sexe. Et ils vont s’enticher de différents ennemis autour d’un stupide pari, alibi ayant pour objet de les réunir (de nouveau) dans un même lit. Ils vont ainsi, uniquement par de délicieuses missives, se conter l’un à l’autre leurs méfaits, qui entraîneront de lourdes blessures pour Cécile de Volanges ou le Chevalier Danceny.
   
   Le talent de Laclos est autant celui de critique d’une époque certainement surannée que celui d’un brillant littérateur qui offre à chacun de ses personnages-écrivains une patte, une écriture et un champ lexical qui leur est propre. C’est un exercice de style exacerbé qui aura fait la gloire et la postérité de l’œuvre et n’a jamais été égalé aujourd’hui.
   
   Un classique à lire, à relire, à dévorer tellement le talent y est grand, l’humour caustique et les caractère taillés au cordeau.
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critique par Kassineo




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Merveille littéraire
Note :

   # Résumé #
   
   "Au jeu du libertinage, le vicomte de Valmont et la marquise de Merteuil sont passés maître et c'est à celui ou celle qui comptabilisera le plus de succès galants. Surtout, pas de scrupules ni de sentiments, seule la jouissance compte dans cette compétition amicale et néanmoins acharnée où les points se comptent au travers des lettres que les deux libertins s'échangent. Les conquêtes se succèdent jusqu'à ce que Valmont décide de séduire Madame de Tourvel, un modèle de vertu, une intouchable, une proie de choix. Valmont saura-t-il déjouer les pièges de l'amour et sortir vainqueur de cette lutte dont l'enjeu orgueilleux réside dans la maîtrise de soi, la victoire sur la passion et la jouissance? "
   
   
   # Mon Avis #
   
   Un sublime roman que je n'oublierai pas de si tôt...
   
   Le style est grandiose, une merveille littéraire. L'auteur arrive à changer de ton en fonction de l'épistolier, à donner une voix, un style à chaque personnage. Le tout sans oublier de mettre quelques touches d'humour...
   
   De plus, l'intrigue est pleine de suspense et m'a vraiment tenue en haleine, ce à quoi je ne m'attendais pas... Vraiment, je ne pensais pas qu'un roman épistolaire puisse me passionner. J'avoue avoir lu quelques passages en diagonale, lors des lettres enflammées qu'écrit Valmont à sa "céleste" Mme de Tourvel... hormis cela, j'ai relevé très peu de longueurs, ce récit se dévore, que dis-je, se savoure, de la première à la dernière lettres [dans tous les sens du terme].
   
   Quant aux personnages... Ah, les personnages! Soit détestables, soit méprisables, soit émouvants... qu'importe leurs caractères, ils sont tous divinement bien plantés.
   
   Au final, un bonheur de lecture. J'ai vraiment adoré.
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critique par Morwenna




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Manuel de drague mais attention aux retombées!
Note :

   Enfin ! Cela faisait si longtemps que ce livre me faisait de l’œil sur l’étagère. Commencé trois fois sans aboutir, je partais du postulat que Mme de Merteuil devait être séduite par Valmont, ce qui faussait ma lecture et m’avais amené à l’incompréhension. M’y revoilà après tout ce temps et ces tâtonnements et je ne suis pas mécontent de cette lecture bien au contraire.
   
   Il s’agit donc d’un roman épistolaire comme il s’en faisait beaucoup à cette époque dans lequel deux anciens amants, Mme de Merteuil, marquise de son état et le Vicomte de Valmont, se donnent chacun pour tâche de séduire de jeunes pousses. Comme tout roman de cette époque aussi –on pense à Defoe en Angleterre – l‘auteur se dédouane de sa responsabilité en présentant les lettres comme ayant été retrouvées par un descendant de Mme de Rosemonde, la tante de Valmont.
   
   Valmont pousse le défi jusqu’à se mettre en devoir de faire succomber la Présidente de Tourvel, pieuse, heureuse en ménage et d’une haute moralité. Ce sont ses chassés-croisés que nous narrent les lettres tout en mettant en perspective les objectifs des deux principaux meneurs des débats. L’évolution de leurs caractères au long de ce récit entrecroisé avec une incroyable habileté par Laclos est une des clés du dénouement. Car la machine avance à un train d’enfer. Valmont occupé par ses deux belles rend des rapports réguliers à Mme de Merteuil et parallèlement, les émois des jeunes femmes croisent le même jour le cynisme des précédents. C’est du grand art; on assiste à la fois à la naissance d’un amour dans le cœur d’une femme ingénue en même temps qu’on en découvre la machinerie infernale qui le provoque. Par delà ces considérations, on y trouve évidemment une raillerie d’une l’époque où l’on envoie les jeunes filles au couvent avant qu’elles connaissent la vraie vie, où l’éducation oublie l’essentiel, où la moindre «liaison dangereuse» mène au chaos et détruit tout sur son passage.
   
   Et l’on se délectera de ce beau langage qu’était le français de cette époque, langue qui sert les desseins de Valmont, fin séducteur, qui parle d’amour sans jamais y penser, du moins au moment où il tente de séduire. Ce n’est que lorsqu’il raconte que le personnage se teinte d’ambigüité. J’avoue que le charme de cet ouvrage montre comment ces personnages si sûrs d’eux conservent une fragilité et réagissent peut-être avec moins de panache aux contrariétés de la fameuse Providence que ceux que l’on voudrait les victimes. L’on retrouve un peu «le chêne et le roseau» où certains plient et d’autres rompent. En définitive, qui est gagnant de ce jeu dangereux? Encore une fois prouvé le pouvoir de séduction, dans quels dédales sommes-nous? Laclos se fait assez vite moral dans cette histoire toute emplie d’érotisme. Mais avec quelle subtilité!

critique par Mouton Noir




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