Lecture / Ecriture
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Le crime de Julian Wells de Thomas H. Cook

Thomas H. Cook
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Thomas H. Cook est un écrivain américain né en 1947.

Le crime de Julian Wells - Thomas H. Cook

Culpabilité
Note :

   Après le suicide de son ami Julian, Philip cherche à comprendre ce geste car Julian n’a laissé aucune explication.
   
   Philip est critique de livres ; Julian après des études de science politique, a failli devenir diplomate comme le père de Philip auquel il était attaché ayant perdu le sien trop tôt.
   
   Finalement, il s’est consacré à l’écriture de livres dans lesquels il reprenait certaines affaires criminelles parmi les plus abominables que l’on puisse trouver, surtout en ce qui concerne la torture: ainsi reprit-t-il le massacre d’Oradour sur Glane, les exactions de Gilles de Rais, celles de la comtesse Bathory et d’autres affaires moins connues… décrivant par le menu ce qu’endurèrent les victimes. A chaque fois il se rendait sur place et prenait des foules de notes interviewait des gens.
   
   Pourquoi cette fixation malsaine, se demandèrent souvent ses proches ? Qu’apportait-il de plus que quelques détails macabres et des réflexions un peu fumeuses sur le mal ? Puisque des passages des livres de Julian sont abondamment cités, le lecteur réfléchit à la portée du travail de Julian… de son obsession pour la torture il veut tirer quelque chose : un autre regard sur des affaires criminelles, une réflexion sérieuse.
   
   Il semble que son témoignage sur un pays africain ( le Swaziland) ait une portée sociale importante (c’est celui dont on parle le moins, dommage…) celui sur l’espion russe doit sans doute apporter aussi des informations intéressantes ; les autres semblent plus limités …
   
   Philip se met à enquêter sur un secret que Julian lui aurait celé ; en effet, Julian a tout de même laissé un mot bizarre en dédicace de son premier livre : "A Philip, en souvenir de mon crime dont il fut témoin". Il semble donc que cette pratique (écrire des livres sur les tortures criminelles) soit une sorte de pénitence que Julian s’était imposée. Et qui n’a pas suffi puisqu’il a fallu qu’il se tue ! Mais quel est son crime ? Qu’est ce qui a empoisonné sa vie ? Philip ne se souvient pas qu’il ait commis la moindre mauvaise action en sa présence !
   
   Avec l’aide de Loretta la sœur de Julian, ils passent au peigne fin la vie de Julian, ce qu’ils en connaissaient, ce qu’ils peuvent en apprendre. Il semblerait que tout se soit joué en Argentine : Julian et Philip s’y rendirent encore jeunes, et visitèrent la ville à l’aide d’une jeune guide jolie et cultivée Marisol.
   
   Marisol disparut soudainement à la fin de leur séjour, probablement victime de la Junte (nous étions au début des années 80). Mais elle ne semblait pas devoir subir un tel sort, ne faisait pas de politique. A moins qu’elle ne soit différente de ce qu’elle paraissait ? Et si c’était Julian qui était autre que ce qu’il montrait ??
   
   C’est un roman sur la culpabilité et les ravages qu’elle peut occasionner ; ce serait un bon livre si le narrateur Philip n’était pas aussi rasoir ! Il raconte en dix pages ce qu’il pourrait dire en trois et son délayage présente peu d’intérêt. Les nombreuses citations dont il truffe son récit font penser à Ken Bruen (pour moi ce n’est pas un compliment…). On s’ennuie souvent, et c’est bien dommage, car l’idée de départ était excellente, le parcours de Julian intéressant…

critique par Jehanne




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