Lecture / Ecriture
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Le contrat de Boileau-Narcejac

Boileau-Narcejac
  Celle qui n'était plus (ou les Diaboliques)
  La main passe
  Le contrat
  Terminus

Sous ce double nom se cachent deux auteurs, Pierre Boileau (1906-1989) et Thomas Narcejac (1908-1998).

Le contrat - Boileau-Narcejac

Les animaux sont moins bêtes
Note :

   que certains humains...
   
   Avant d'être tueur à gages, G. se produisait dans les cirques, les music-halls, et autres endroits où le spectacle est roi.
   
   Un as de la gâchette dont le talent était vraiment trop mal payé, mal reconnu, mal récompensé.
   
   Jusqu'au jour où Monsieur Louis le remarque et l'engage afin d'éliminer ceux qui pourraient être une entrave à la réalisation de certains de ses projets.
   
   G. ne s'est jamais posé de question quant au bien fondé de ces contrats. Pourtant une vie bien rangée, bien agencée, paisible en apparence, n'est jamais à l'abri d'un quelconque dérèglement.
   
   Ce grain de sable va se matérialiser dans l'existence de G. sous la forme d'un attentat auquel il participe en tant que témoin et non comme auteur. Puis il est sollicité pour un contrat en province, dans la cité thermale de Châtelguyon. Une main légèrement défaillante et G., s'il remplit son contrat, n'est pourtant pas fier. Il a blessé un chien, un chien-loup.
   
   Et cet homme qui n'avait aucun scrupule, aucun remord, dans l'exercice de ses fonctions, va recueillir cette bête à laquelle il s'attache.
   
   C'est le début d'une traque et d'une amitié.
   
   Monsieur Louis ne peut se permettre de laisser G. en vie alors qu'une enquête de routine peut démolir toute une organisation.
   
   Boileau-Narcejac nous livrent une fois de plus un admirable roman de suspense, mais également une histoire d'amour entre un homme et un chien. Un homme qui n'a jamais connu l'amour, ou passagèrement, et qui se découvre un potentiel de tendresse, un besoin de prodiguer sa protection envers un animal blessé par sa faute.
   
   Thomas Narcejac aime la littérature, et dans le roman policier ce qu'il préfère, c'est le roman d'énigme. Et comme on dit, le roman noir n'est vraiment pas sa tasse de thé. Chacun sa façon de voir et d'apprécier une littérature qui reflète souvent les angoisses, les problèmes ressentis par toute une génération déboussolée.
   
   Mais comme monsieur Jourdain s'exprimait en prose sans le savoir, Thomas Narcejac, avec son compère Pierre Boileau, vient pourtant d'écrire un véritable roman noir.
   
   Plus que l'intrigue, un peu faible à mon avis, ce sont les angoisses, la tendresse, la souffrance, les joies qui relient cet homme et son chien, face à des adversaires qui n'ont qu'une solution, les éliminer.
   
   Et mon tout est un roman poignant. Une communion entre deux êtres solitaires s'instaure, une communion de pensée, une communion de sentiments.

critique par Oncle Paul




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