Lecture / Ecriture
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Les Héritiers de la mine de Jocelyne Saucier

Jocelyne Saucier
  Il pleuvait des oiseaux
  Les Héritiers de la mine

Jocelyne Saucier est une romancière québécoise née au Nouveau-Brunswick en 1948.

Les Héritiers de la mine - Jocelyne Saucier

Vraie tribu
Note :

    Non, je n'ai pas lu "Il pleuvait des oiseaux", mais j'aimerais bien, maintenant. Avec "Les Héritiers de la mine" j'ai découvert cette chouette auteur québécoise.
   
    La "tribu Cardinal", dans cette ville minière, c'est le père, quasiment toujours en prospection, mais mettant un point d'honneur à apprendre aux enfants à manier la dynamite -prudemment- , la mère, quasiment toujours en cuisine (mais elle ne peut s'en passer, au point qu'elle continue même lorsque les enfants tous adultes ont quitté la maison) et les enfants, au nombre croissant au fil du temps, pour se stabiliser à vingt-et-un.* Une bande de gamins avec meneurs et suiveurs, n'hésitant pas à terroriser le voisinage (les culs terreux).
   
    Alors évidemment l'organisation familiale devait tenir compte du nombre; quoique l'impression de tourbillon, de vie au petit bonheur est ce qui ressort. Batailles pour une place sur le canapé, lits choisis le soir, mais des règles tout de même. J'ai aimé la mère comptant ses enfants autour de la table familiale lors des repas -places fixées-, et ses visites nocturnes lorsqu'ils dormaient. Ils n'ont jamais oublié ces regards...
   
   Mais le nœud de l'histoire, c'est qu'ils ne sont plus que vingt, et ça, c'est un manque, une douleur, un remords, un refus, un mystère selon les cas. Au point de fuir, d'éviter les rencontres, de se regarder dans le miroir pour la jumelle survivante, de tanner les autres avec les questions. Plusieurs enfants devenus largement adultes prennent la parole à tour de rôle et petit à petit les faits se dévoilent. Qui a disparu? Comment? Pourquoi? Pourquoi le cacher? Les détails serrent le cœur et à la fin on est un poil sonné par ce drame.
   
    Humour, tendresse, dans une langue qui emporte, pour un roman qu'on ne lâche pas. La construction est particulièrement maîtrisée, ce qui ne gâte rien.
   
    * Ce détail ne m'a pas fait sauter au plafond, j'ai connu une dame issue d'une fratrie de vingt-et-un - dix-neuf vivants, ajoutait-on juste après. Même remarque dans le roman (tous vivants?), curieux.

critique par Keisha




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