Lecture / Ecriture
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La splendeur dans l'herbe de Patrick Lapeyre

Patrick Lapeyre
  La vie est brève et le désir sans fin
  L'homme-sœur
  La splendeur dans l'herbe

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La splendeur dans l'herbe - Patrick Lapeyre

Des mots lumineux, des silences apaisants,
Note :

    Patrick Lapeyre possède une écriture pleine de charme et de délicatesse. Après "La vie est brève et le désir sans fin", il nous comble avec l'histoire d'une rencontre amoureuse hors du temps, dans les délices de conversations murmurées.
   
    C'est une rencontre surprenante, celle d'Homer et Sybil. Leurs conjoints respectifs, Emmanuelle et Giovanni, viennent de les quitter pour vivre leur passion amoureuse à Chypre.
   
    Seuls tous les deux, ils prennent l'habitude de se retrouver, ils s'accordent avec tendresse et tendent à un sentiment plus fort.
   
   Mais les souvenirs et les nouvelles des nouveaux amants les condamnent au doute et à une certaine prudence.
   
    Peut-on vraiment retomber amoureux quand tout est parti en fumée ?
   
    C'est la question que pose Patrick Lapeyre à travers le portrait de ces personnages très décalés et très attachants, pour lesquels l'auteur ressent de la tendresse.
   
    En filigrane, se glisse l'histoire des parents d'Homer, Arno et Ana. Ana était une femme belle et rebelle, peu faite pour une vie de couple restreinte.
   
    Le lecteur comprend mieux l'immobilisme et les atermoiements d'Homer. Patrick Lapeyre aurait pu nous raconter la passion flamboyante d'Emmanuelle et Giovanni, il a préféré nous entraîner dans le jardin où les deux "quittés" se découvrent et apprennent à se connaître.
   
    Des mots lumineux, des silences apaisants, une attente de lendemains heureux, le lecteur savoure une certaine lenteur.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Parenthèse ouatée
Note :

    "Homer, qui s'était mis torse nu, prétendit que lorsqu'ils marchaient ainsi, dans les herbes hautes, tout seuls dans la campagne, ils avaient de faux airs de Maureen O'Sullivan et de Johnny Weissmuller éclairés par le soleil d'un paradis perdu."
   

   Homer et Sybil se rencontrent régulièrement depuis que leurs conjoints sont partis ensemble. Entre eux, il y a l'humiliation commune d'avoir été quittés, et puis ce quelque chose de doux et d'évident qui les rapproche. Mais la pudeur est là qui les empêche de céder à l'attirance qu'ils ressentent l'un pour l'autre. Alors, ils se voient, de plus en plus, parfois à l'improviste, partagent une intimité faite de silences prolongés, de siestes et de lectures, d'activités de plus en plus conjugales. Entre eux, pourtant, plane toujours l'ombre du couple qui, là-bas, s'aime sans eux...
   
   Il est difficile de décrire l'atmosphère subtile de ce roman à l'ambiance très printanière. J'ai beaucoup aimé m'immiscer dans le duo très étrange que forment au départ Sybil et Homer, et puis avancer avec eux dans une histoire d'amour faite d'hésitations et de moments suspendus.
   
   S'intercalent dans le récit l'histoire de la mère d'Homer, Ana, ses errances, son ennui, ses maladresses de plus en plus grandes. Et j'ai trouvé ce personnage absolument touchant, apportant un éclairage particulier sur la personnalité craintive d'Homer. Lire "La Splendeur dans l'herbe" c'est plonger dans un univers très doux, une parenthèse ouatée, mais c'est aussi se poser la question de la place des êtres sensibles dans un monde rude et exigeant. Ici, nous assistons à la rencontre improbable de deux êtres faits indubitablement l'un pour l'autre, attentionnés et lumineux, et comme c'est rafraichissant !

critique par Antigone




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