Lecture / Ecriture
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Un été à Bluepoint de Stuart Nadler

Stuart Nadler
  Un été à Bluepoint

Un été à Bluepoint - Stuart Nadler

Un été 52
Note :

    1952 Etats-Unis Ouest, l'avocat juif Arthur Wise s'est considérablement enrichi et veut le faire savoir. Parmi les attributs de ces nouveaux riches pas trop scrupuleux une maison de vacances à Cape Cod, à Bluepoint précisément. Où il va passer tous ses étés à partir de 1952, pour le plus grand bonheur, du moins au début, de son fils adolescent, Hilton que son père s'obstine à appeler Hilly. Ce dernier vit très mal la transformation de ses parents en nouveaux riches racistes et réactionnaires. Et cet été là, justement, Hilly va devenir l’ami du domestique noir que son père maltraite, et tomber amoureux de sa nièce, Savannah. Cela durera quelques semaines à peine, déclenchant ainsi un drame qui le poursuivra toute sa vie. Dès lors Hilly agira comme un coupable, coupable d'être le fils de son père, coupable d'être riche, au point de longtemps refuser le moindre dollar de cette fortune, arc-bouté moralement, dostoievskien jusqu'au bout.
   
    « Un été à Bluepoint » démarre comme un roman classique portant sur un conflit familial entre un père dévoré d’ambition et son fils révolté en quête d’autonomie. Très vite le propos devient plus grave. C’est une peinture de l’Amérique des cinquante dernières années qui se dessine, raciste, avide, égoïste et hypocrite où seuls comptent les apparences et l’argent. Ce n'est certes pas le premier roman américain sur ce thème. On sait que l'envers du décor, la fin du rêve, la futilité des choses, sont devenus un peu des tartes à la crème de la littérature étatsunienne. Pourtant Stuart Nadler, 35 ans et dont c'est le premier roman, distille bien son sujet au long de 420 pages. L'affairisme du père et la naïveté du fils... Décidément il n'y a que les Américains pour taper ainsi sur l'Amérique. Qu'est-ce qu'on aime ça en France quand c'est ainsi.
   
    J'ai lu, évoquée quelque part,l'ombre de Gatsby. Pourquoi? Parce que ça se passe sur la côte est? Tout de suite les superlatifs, non. Une révélation dans les trente dernières lignes m'a cependant un peu gâché le plaisir. Elle est tellement correcte. Le titre original « Wise men » est plus ambigu, Wise étant le nom de la famille, mais signifiant aussi Les hommes sages ou plus prosaïquement Les gangsters.

critique par Eeguab




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