Lecture / Ecriture
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La nuit de feu de Eric-Emmanuel Schmitt

Eric-Emmanuel Schmitt
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Éric-Emmanuel Schmitt est un auteur d'origine française né en 1960 et naturalisé belge en 2008.

La nuit de feu - Eric-Emmanuel Schmitt

Prénom prédestiné
Note :

   "Console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé." Blaise Pascal Les Pensées.
   
    Quand vous partez en voyage, vous réservez vos billets dans une agence et en route. C’est simple! Aussi simple sera le retour. Randonnée sans risques. Mais, si vous êtes à la recherche d’un périple qui vous apportera des réponses aux questions existentielles que vous vous posez, alors, prenez le chemin du désert!
   
    Eric-Emmanuel Schmitt raconte son expérience hors de l’ordinaire: la préparation d’un film avec un ami, Gérard, prétexte à ce déplacement en terre inconnue. Moussa l’accueille; il part pour Tamanrasset. Vous connaissez Tamanrasset;? Mais si, le Père de Foucault, cet ancien viveur, converti du désert, avec ses yeux brûlants de foi, un cœur sur la poitrine, assassiné par l’un des siens.
   
    A l’hôtel, en Algérie, le confort est spartiate pour l’européen de base; cafards garantis. Vous rencontrez les compagnons de l’expédition, Donald, l’Américain qui fera nounou et intendant. Et puis, Abayghur, le touareg, à votre service, et les autres. Ils vont de regs en ergs, de bivouacs en campements. Ils découvrent le désert, ses secrets, ses serpents, son silence et son immensité. Eric-Emmanuel est disponible.
   
    Et puis, un jour, il fait le bravache, le "plus malin que les autres" et part seul, sûr de sa science de l’orientation et… se perd dans le Hoggar. Plus de repères, plus d’amis; seul avec soi-même et l’eau qui manque, le froid qui transperce et l’immensité qui effraie. Il se croit perdu; il se retrouve face à face avec Dieu, ou quelque chose comme ça. Une expérience unique et incommunicable. Il ressent Dieu plus qu’il ne le voit. La foi désormais l’habite. On lit avec avidité ces pages qui relatent la rencontre.
   
   Peu importe si le lendemain il retrouve le reste de la troupe, grâce à cet ange du désert qu’est l’homme en djellaba bleue. Les autres sont restés identiques à eux-mêmes, surs de leur athéisme ou entêtés dans leur foi ou coincés dans leurs petites habitudes. Eric-Emmanuel est seul avec Dieu. Bouleversé. Il rapporte un souvenir éternel. En fait de voyage, c’était un pèlerinage.
   
    Ce récit, transcrit bien après les faits, est étonnant: ceux qui y adhèrent vont admirer cette démarche de foi, en tête à tête avec "Celui qui est", qui n’appartient à aucune chapelle; surtout pas! Et ceux qui n’adhèrent pas devront reconnaître la sincérité du voyageur, de l’écrivain, de l’homme à qui le Christ aurait pu dire: "va, ta foi t‘a sauvé!" Tout le monde ne s’appelle pas "Emmanuel"!

critique par Alain Dagnez




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