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Promesse de Jussi Adler-Olsen

Jussi Adler-Olsen
  Miséricorde
  Délivrance
  Profanation
  Dossier 64
  Promesse

Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois né en 1950.

Promesse - Jussi Adler-Olsen

Polar nordique lent
Note :

   1997, île de Bornholm, une jeune fille, Alberte est retrouvée morte, dans un arbre, projetée par un véhicule.
   
    2014, Le policier qui l'avait trouvée, Christian Habersaat, planche sur cette affaire depuis dix-sept ans. A l'âge du départ en retraite, il téléphone à Carl Morck, du Département V, ce service qui enquête sur les vieilles affaires non résolues, et lui demande de reprendre le flambeau. Carl Morck, dans un mauvais jour, le reçoit mal. Quelques heures plus tard, Christian Habersaat se suicide au milieu de son pot de départ. Contraint et forcé par Rose encouragée par Assad, ses deux assistants, Carl se rend sur l'île de Bornholm bien décidé à expédier vite fait ce qu'il croit être un banal accident de la route et le suicide d'un flic au bout du rouleau.
   
   Revoilà pour une sixième enquête, le trio du Département V, enrichi d'un quatrième larron, Gordon, qu'on avait déjà rencontré sur le tome précédent (L'effet papillon) et qu'on ne verra qu'en deuxième partie de roman, la première se déroulant en grande partie sur l'île de Bornholm. Fidèles à eux, ils sont cossards, flegmatiques, rusés, colériques, étranges, mystérieux, déprimés, de mauvaise foi, ... chacun empruntant tour à tour l'un de ces adjectifs et parfois même plusieurs en même temps.
   
    J'aime beaucoup cette série, je trouvais que depuis les deux derniers tomes, elle dérivait vers du divertissement et que ça pouvait être aussi une bonne chose, mais là, Jussi Adler-Olsen revient à des choses plus sérieuses. Son roman est assez complet sur les adorateurs du soleil, les sectes, gourous et thérapeutes de tout genre qui pullulent depuis quelques années (Jussi Adler-Olsen a l'intelligence de ne pas se positionner sur telle ou telle pratique, ou technique de soin laissant chacun se faire son opinion). C'est sans doute un signe que la société va mal et qu'individuellement, les gens ont besoin de se ressourcer, de revenir à des fondamentaux. Beaucoup sont perdus et un mec qui passe par là en leur promettant monts et merveilles peut les emmener dans son sillage. Atu Abanshamash Dumuzi est l'un de ceux qui ont l'aura suffisante pour créer un groupe voire une religion, la religion celle qui prétend être la mère de toutes les autres. En parallèle de l'enquête du Département V, on suit Atu et Pirjo, son bras droit qui est amoureuse de lui et prête à tout pour lui et pour le garder, même si lui voit en elle sa vestale. Classique dans sa construction, ce roman nous emmène là où son auteur le veut sans que le plaisir en soit émoussé. C'est très habile et finement joué.
   
   L'isolement de quelques jours sur l'île de Bonholm est propice aux questionnements et Carl, la cinquantaine entamée, largué par Mona, seul avec son ancien collègue handicapé à charge (victimes tous les deux d'une fusillade avant le premier volume de la série, seul Carl s'en est sorti physiquement, leur troisième collègue est mort ; l'enquête est toujours quasiment au point mort, mais elle avancera encore un peu cette fois-ci).
   
   Un vrai polar nordique, lent où chaque enquêteur est chargé d'un véritable travail de fourmi, en cela le déménagement de toutes les paperasses accumulées par Christian Habersaat au Département V en est presque le paroxysme : j'ai rarement vu autant de papiers et de démarches à faire, et c'est Gordon qui s'y colle ! En prime et en fin de roman, Carl Morck passe par Ystad, en Suède, un clin d'œil au flic référence des polars du nord, Kurt Wallander ; clin d'œil d'autant plus évident que cette sixième enquête se rapproche nettement de celles du flic d'Henning Mankell, plus dense, plus fouillée que les dernières de Carl et ses acolytes.
   
   Une série que ne me déçoit pas, au contraire... la preuve, je n'ai pas vu défiler les 640 pages.
   
   
   
   Les enquêtes de Carl Morck et du département V:
   

   1 - Miséricorde (Kvinden i buret, 2007)
   2 - Profanation (Fasandræberne, 2008)
   3 - Délivrance (Flaskepost fra P, 2009)
   4 - Dossier 64 (Journal 64, 2010)
   5 - L’Effet papillon (Marco Effekten, 2012)
   6 - Promesse (Den Grænseløse, 2014)

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critique par Yv




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Gourou y es-tu ?
Note :

   En 1994, une jeune fille est retrouvée morte fauchée par une voiture perchée en haut d’un arbre, où l’a propulsée le véhicule de l’assassin.
   
   Elle participait à un stage de formation culturelle à Bornholm, une île du Danemark.
   
   On a conclu à un accident, et le chauffard s’est révélé introuvable.
   
   Le policier qui s’en occupait, Hansatt appelle Carl Morck pour lui dire de rouvrir l’enquête. Morck l’envoie promener, mais Hansatt se suicide lors de son pot de départ à la retraite.
   
   Morck et ses acolytes décident alors de s’occuper de cette affaire.
   
   On découvre que La jeune fille, Rachel, flirtait avec un garçon du stage et qu’elle l’avait laissé pour un homme plus âgé, vivant dans une communauté hippie.
   
   Les trois policiers sont à la recherche de cet homme. Une longue recherche s’ensuit, on ne tarde pas à découvrir que la veuve d’Hansatt avait -elle aussi- succombé au charme du mystérieux hippie tendance Hare Krishna doublé de Dom Juan…
   
   Parallèlement, nous faisons connaissance avec le centre de "naturabsortion" sis sur l’île d’Öland en Suède; il est tenu par un certain Atu Sahmanesh Dumuzi, révéré comme un dieu : il s’approprie des femmes de la communauté à sa guise. Son adjointe Pirjo, est extrêmement jalouse de ces femmes.
   
   Voilà un roman très bien documenté sur les différentes pratiques issues du "développement durable" associé (ou pas, selon les cas) à des rituels religieux et à un régime de dictature et de charlatanisme plus ou moins avancé.
   
   C’est une enquête classique, bien menée, et les policiers sont bien typés. Évidemment ce roman étant le septième de la série on ne comprend pas tout du vécu de ces policiers, Rose en particulier...
   
   J'ai l'intention de continuer la série par le premier roman, à l'occasion.

critique par Jehanne




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