Lecture / Ecriture
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Murmures dans un mégaphone de Rachel Elliott

Rachel Elliott
  Murmures dans un mégaphone

Murmures dans un mégaphone - Rachel Elliott

444 pages addictives et pétillantes !
Note :

   Depuis trois ans, Myriam Delaney trente-cinq vit recluse chez elle "par défaut, son état normal c'est plutôt une sorte de mélancolie bienveillante, une sorte de parfum d'ambiance pour introvertis". Mais elle s’apprête enfin à sortir aidée par son amie Fenella. Si Miriam murmure et a des pensées quelquefois surprenantes en ce qui concerne le monde extérieur et les relations avec autrui, la faute en incombe à sa mère désormais décédée (je n'en dis pas plus).
   
   Ralp est psychothérapeute et marié à Sadie qui se décrit "comme une personne très sociable qui déteste les gens". Cette dernière tient un blog et tweete tout de sa vie à longueur de temps en y incluant des informations sur son son mari. Ce que Ralph apprend par l’une de ses patientes. Et le jour de son anniversaire, découvrir que sa femme flirte avec sa meilleure amie est la goutte d’eau qui fait déborder la vase. Il quitte le foyer conjugal et part dans les bois où il va rencontrer Myriam.
   
   Résolument moderne et sans guimauve, ce livre regorge de réflexions, de situations finement décrites et d’évènements qui révèlent bien des surprises. Sans temps mort, Rachel Elliott nous dépeint des personnages humains en quête du bonheur ou d’eux-mêmes.
   
   C’est relevé, bourré d’humour ( les dialogues sont un régal) et il se dégage de ce livre un concentré d’énergie, de punch et de bienveillance.
   
   Un premier roman pétillant, vivifiant et hautement addictif !
   
   "Miriam fête aujourd'hui ses trois ans d'hibernation, cela dit, les chiffres sont parfois trompeurs, et trois ans peuvent en paraître trente. En matière d'hibernation, on compte en années de chiens : trois ans, ça fait un peu près vingt-huit ans, avec quelques variations en fonction de la race mais en l'occurrence, c'est le genre agréable, protectrice, le genre qui tient le monde à distance."

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critique par Clara et les mots




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444 pages qui réenchantent le quotidien !
Note :

   "Un homme levant une tasse devant lui et servant un deuxième thé à une femme qu'il vient tout juste de rencontrer. Une femme qui s'est aventurée à l'extérieur après trois ans d'emprisonnement volontaire. Un homme dont les pensées rationnelles ont été suspendues tels des draps lavés de frais, gonflés par le vent, rien que cela, gonflés par le vent."
   

   Cela pourrait être une accumulation de personnages plus ou moins gentiment dysfonctionnels. Jugez un peu: Myriam, trente-cinq ans, vient juste de décider de quitter la maison où elle a vécu volontairement recluse. Ralph, le jour se son anniversaire, quitte sa femme car "S'il existait un Oscar du déni, Sadie l'emporterait chaque année. Une experte, une professionnelle." De plus, cette dernière étale en direct sur les réseaux sociaux le naufrage de leur mariage... Exit donc Sandy et direction les bois où, bien évidemment, Ralph rencontre Myriam. Sortez les violons, préparez la guimauve ? Que nenni !
   
   Rachel Elliott, dont c'est ici le premier roman, est aussi psychothérapeute (comme Ralph, tiens...) et son empathie pour ses personnages ne l'empêche pas d'éviter les clichés du genre. Avec délicatesse, finesse et précision, elle peint les errements de ces personnages avec beaucoup d'humour. Elle ne juge jamais leur léger décalage, les accompagne dans leur quête d'une vie meilleure avec empathie et nous fait entendre leur Murmures dans un mégaphone, les rendant sacrément vivants aux yeux du lecteur.
   
    La fin, apaisée, évite cependant le happy end à tout prix et c'est avec un sourire aux lèvres que l'on referme ce formidable roman. Un grand coup de cœur !
   
   Comme l'écrit Véronique Ovaldé sur le bandeau de ce roman : "Ne sous-estimez pas le mystérieux pouvoir de ce livre."

critique par Cathulu




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