Lecture / Ecriture
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Le goût du large de Nicolas Delesalle

Nicolas Delesalle
  Un parfum d’herbe coupée
  Le goût du large

Le goût du large - Nicolas Delesalle

320 pages marquantes et passionnantes !
Note :

   L’auteur a embarqué comme passager sur un cargo et plus précisément un porte-conteneurs le MSC Cordoba durant neuf jours. Un cargo avec son équipage où chacun à un rôle, des tâches à accomplir. Un départ d’Anvers avec comme destination Istanbul. "Le Cordoba, c'est 275 mètres de long et ses 60 000 tonnes se sont glissées avec grâce dans une écluse à leur mesure. C'était la dernière étape avant l'océan, le silence et le vent. Plus de téléphone portable, plus d'Internet, plus de réseaux sociaux, plus de femme, plus d'enfant, plus de parent, plus de famille, plus d'ami, plus rien que l'horizon infini, le bourdonnement du moteur, la houle, les odeurs de graisse, de fioul et l'ennui."
   

   Un voyage où il se retrouve seul avec lui-même et la route maritime, les conteneurs font jaillir des souvenirs. Reporter, Nicolas Delesalle a parcouru le monde et couvert des conflits. L’Ukraine, la Syrie, l’Afghanistan, le Caire, le Sénégal et d’autres pays encore avec chacun son conflit mais aussi des rencontres et des surprises. Ce voyage sur le cargo lui permet de replonger dans ce qu’il a vécu et vu et de le raconter avec du recul. Au fil des jours, les membres de l'équipage discutent avec lui et racontent un de peu de leur vie, de ces cargos qui les éloignent des leurs.
   
   C’est criant de sincérité et d’humanité. On est à ses cotés à terre ou en mer, et on "vit" chaque situation : grave ou plus légère. Sans pathos avec souvent une pointe d'humour, il y ajoute ses propres réflexions.
   
   Par la magie de la lecture, j’ai embarqué sur ce porte-conteneurs et j'ai rencontré des personnes plus que touchantes là où l'on ne s’y attend pas forcément.
   
   Un livre passionnant et riche qui nous offre un autre regard sur le monde. Une lecture forte et marquante, j'ai frôlé le coup de cœur.
   
   "J'ai quitté le village avec l'impression d'avoir touché du doigt l'humanité la plus lointaine de nos canons, de nos carcans. Et puis, en songeant aux rires des gamins devant l'iPhone, aux hommes qui tuent le désespoir dans l'alcool, cette rencontre a pris la forme d'un miroir où se réfléchissaient de chaque côté du tain les mêmes enthousiasmes, les mêmes angoisses, la même humanité."

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critique par Clara et les mots




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Pour les Hazaras
Note :

    M'enfin quoi! "Un parfum d'herbe coupée" m'avait fauchée sans crier gare, alors je le voulais, ce nouvel opus de Nicolas Delesalle! Finalement c'est Gwenaëlle qui a eu pitié de moi (merciiiiiiiiii) et j'ai drôlement bien fait d'insister car ce livre est parfaitement dans ma zone de lecture chouchou. Parce que moi aussi je rêve de voyager sur un porte-conteneurs... (on ne rigole pas, dans le fond)
   
    D'Anvers à Istambul, le MSC Cordova, allemand sous pavillon libérien, équipage philippin parlant anglais 'pour s'entraîner' a accueilli en passagers non clandestins l'auteur et Maïté, discrète sexagénaire française. L'occasion de se couper des habitudes durant neuf jours; discuter avec les membres de l'équipage, regarder la mer, guetter le rayon vert et des baleines (en vain). Et surtout ouvrir ses propres containers de souvenirs. car Nicolas Delesalle est reporter et a traîné ses sandales dans des endroits où ça chauffe (et ce n'est pas dû qu'à la météo) : Afghanistan, Sénégal, Côte d'Ivoire, Mali, Lybie, Egypte, frontière turco Lybienne. Il faudra une partie de foot au pôle nord pour glacer le tout.
   
   Avec Nicolas Delesalle, on embarque sans réfléchir dans la tourmente mondiale actuelle, son humour parfois désespéré fait mouche, il émeut au détour d'une phrase, il fait réfléchit plus qu'un long article fouillé, ses portraits sont inoubliables. Entre les côtes tunisiennes et la Sicile, que ferait le capitaine s'il croisait des migrants? Question posée.
   
    "Je lui ai promis de raconter les Hazaras chez nous tant que je pouvais.""Savent-ils que les Hazaras existent? Que nous vivons en paix?"
   Ils vivent au cœur de l'Afghanistan, et moi aussi je veux participer à la fragile chaîne de ceux qui parlent des Hazaras.

critique par Keisha




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