Lecture / Ecriture
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Le temps désarticulé de Philip K. Dick

Philip K. Dick
  Le crâne
  Ubik
  Le voyage gelé
  Minority report
  Substance Mort
  Petit déjeuner au crépuscule
  Le temps désarticulé
  L'homme dont toutes les dents étaient exactement semblables
  Le maître du Haut-Château

Philip Kindred Dick est un écrivain américain de Science Fiction, né en 1928 à Chicago et mort en 1982 en Californie.

Il a été lu dans le cadre des mois "L'Age d'or de la Science Fiction "

Il a inspiré le personnage principal de "L'univers de carton" de C. Miller.

La meilleure biographie de Philip K. Dick a été rédigée par Lawrence Sutin.

Le temps désarticulé - Philip K. Dick

Impalpable réalité
Note :

   Quiconque n'a jamais ouvert un roman de Philip K. Dick ne peut pas comprendre ce trouble qui nous envahit à la lecture du maitre de la SF américaine.
   
   Une petite ville bien tranquille à la fin des années 50. Un voisinage chaleureux, une simple vie de famille : Margo, la mère au foyer, œuvrant pour la signature d’une pétition visant à rénover un site dangereux pour les enfants, Vic, le père responsable d’une supérette, Sammy le fiston réglementaire et Ragle Gumm, l’oncle, frère de l’épouse qui gagne sa vie en participant au grand concours du journal local. Il trouve toujours la solution aux divers problèmes et énigmes quotidiens et en devient une petite gloire locale. Pour cela, il ne brade pas sa peine et passe toute la journée à élaborer des schémas et remplir de volumineux dossiers. Il y a aussi un couple voisin dont l’homme travaille aux services municipaux et sa femme n'est pas insensible aux charmes de Gumm. Et des ruines qui inquiètent Margo pour la sécurité des enfants qui aiment y jouer. C’est là que Gumm va découvrir que quelque chose cloche.
   
   A partir de là, lentement tout bascule. Ou plutôt, tout s’effiloche, se dissout, s’égrène, se décompose, se désagrège. Qui est cette madame Keitelbein, ou bien est-ce plutôt Kesselmann? Le voisin travaille-t-il réellement aux services des eaux? Qu’y a-t-il au-delà des limites de la ville? Pourquoi tout semble-t-il tourner autour de Gumm comme si l’avenir du pays tout entier dépendait de ses réponses au jeu-concours? Est-on réellement en 1959?
   
   Il ne faut pas longtemps pour que l’on perde pied comme si le sol se dérobait sous nos pas, les lettres des mots semblent cacher bien autre chose. On s’égare, on tâtonne, on échafaude d’improbables théories. Rien ne tient. Et c’est jubilatoire, comme dans un rêve. On ne maitrise plus rien.
   
   Mais l’univers sans consistance de K. Dick a ses limites. Une fois qu'on a dévoré une demi douzaine de ses écrits, on a compris que, comme dans tout bon polar celui dont tout accusé est forcément innocent, il ne faut pas se fier aux apparences. Que tout est faux, que la réalité n’existe pas, qu’elle n’est pas palpable du moins. Alors, "Le Temps Désarticulé" se révèle en deçà de nos espérances. On en attendait trop, c’est certain. La fin approche et on est frustré que le délire n’aille pas plus loin.
   Alors, ce n’était que ça!

critique par Walter Hartright




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