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Dites aux loups que je suis chez moi de Carol Rifka Brunt

Carol Rifka Brunt
  Dites aux loups que je suis chez moi

Dites aux loups que je suis chez moi - Carol Rifka Brunt

Début des années SIDA
Note :

   "J'avais besoin de savoir que ma mère comprenait qu'elle aussi avait sa part de responsabilité dans cette histoire. Que toute la jalousie et la honte que nous portions en nous étaient notre maladie propre. Une maladie aussi grave que le sida de Fin et Toby."
   

   Milieu des années 80, États-Unis, une maladie encore mal connue frappe Finn, peintre de talent . Son dernier tableau représente les deux filles de sa sœur: June, adolescente écrasée par la forte personnalité de son aînée, Greta.
   
   A l'enterrement de l'artiste apparaît son compagnon, Toby, violemment rejeté par la sœur de Finn, mais avec lequel June va nouer une relation complexe, tissée de jalousie et d'affection, pour retrouver, même partiellement, le parrain qu'elle adorait.
   
   Avec ce premier texte, Carol Rifka Brunt nous propose un roman d'apprentissage sensible et prenant qui évoque de manière très fine les relations fraternelles et sororales, à l'adolescence, mais aussi à l'âge adulte. Elle crée une atmosphère particulière, ouatée, évoquant le monde secret de June qu’elle s'est créé dans un bois où l'on entend hurler des loups, les secrets des adolescentes, délaissées par des parents aimants mais trop pris par leur travail, et aussi, par petites touches la honte et les peurs qui entachent le sida.
   
   Un texte qui vous prend tout de suite par la main et qu'on ne peut lâcher.
   
   492 pages qui auraient peut être gagné à être un peu élaguées parfois.
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critique par Cathulu




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L’histoire d’une vie
Note :

    Titre original : Tell the Wolves I’m Home
   
   Commençons clairement, j’ai adoré ce roman. J’ai pleuré ma vie. Encore une fois. Il y avait un bon moment que je n’avais pas été touchée par tant de romans différents, mais cette histoire m’a touchée droit au cœur. C’est une magnifique histoire de passage à l’âge adulte, c’est l’histoire d’un deuil plus grand que nature, un roman touchant, avec des personnages pleins de défauts et des moments dont je me souviendrai. Vous savez, le genre de roman où vous cessez de vous demander si c’est bien écrit, si ce n’est pas trop facile, trop tearjerker parce que vous êtes dans l’histoire et que vous y croyez? Parce que vous avez oublié que c’était une histoire?
   
   Ben voilà. Pour moi, ça a été ce genre de roman.
   
   C’est l’histoire de June Elbus. Elle a 14 ans à la fin des années 80. Presque mon âge, quoi. Elle a déjà été proche de sa sœur Greta mais celle-ci est celle qui a tout, réussit tout… et qui a des amis beaucoup plus populaires que June, une jeune fille plutôt solitaire. La seule personne qui la comprenait, avec qui elle pouvait être vraiment elle-même, qui la voyait vraiment était son oncle Finn Weiss. Finn était peintre. Et Finn est mort. Il est mort d’une maladie étrange, dont on prononce à peine le nom. La peine de June est immense et prend toute la place. Dans la tête de June, elle était la personne la plus importante pour lui. Puis, à l’enterrement, il y a un homme qu’elle n’avait jamais vu, dont elle n’avait jamais entendu parler…
   
   Suite à ma lecture de N’essuie jamais de larmes sans gants (magnifique, magnifique, magnifique), j’ai eu envie de revenir vers cette période. Bon, ok. Je suis moins folle qu’avant et je suis maintenant capable de lire à propos de la maladie sans complètement freaker. Ceci explique peut-être cela. On parle ici du sida, bien entendu. On y parle en filigrane du contexte de l’époque, des préjugés, des craintes et des perceptions par rapport à l’homosexualité et surtout au sida. Ce que j’ai retrouvé dans ce roman, c’est ce que j’entendais quand j’étais ado. Et avec mon regard actuel, j’en suis horrifiée. Mais c’était tout de même comme ça. Toutefois, ce n’est pas ce qui est à l’avant-plan. C’est surtout l’histoire d’une amitié improbable, des premières amours, du deuil et de la réalisation qu’on ne connaît vraiment qu’une partie de ceux qu’on aime. C’est la perte des illusions, c’est l’exploration de nos zones d’ombres, des côtés de nous-mêmes que nous ne voudrions pas voir, c’est l’histoire de relations familiales… bref, l’histoire d’une vie.

critique par Karine




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