Lecture / Ecriture
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La renverse de Olivier Adam

Olivier Adam
  Passer l'hiver
  Je vais bien, ne t’en fais pas
  A l'abri de rien
  Des vents contraires
  Poids Léger
  Le cœur régulier
  Dès 09 ans: Personne ne bouge
  Les lisières
  Peine perdue
  La renverse
  Chanson de la ville silencieuse
  Ados: La tête sous l'eau

Olivier Adam est né en 1974 et a publié son premier roman ("Je vais bien, ne t’en fais pas") à 26 ans. Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma.

Il vit actuellement près de Saint Malo.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

La renverse - Olivier Adam

Emouvant et touchant.
Note :

    Installé depuis 10 ans en Bretagne, le narrateur, Antoine vit en solitaire. Il a voulu fuir son passé en quittant ses parents et la maison familiale d'une petite ville de province près de Paris.
    Dans sa fuite, il a laissé derrière lui le scandale qui a fait exploser son quotidien.
   
    C'est justement son passé qui lui revient à l'heure des informations dans un café. Il apprend la mort par accident de JF Laborde. Le sénateur-maire et ancien ministre avait été éclaboussé par une sombre histoire politico-sexuelle.
   
    La mère d'Antoine était à l'époque adjointe aux affaires scolaires, nommée par Laborde elle était aussi sa maîtresse.
    Tous les deux sont accusés de viols sur deux jeunes femmes dans les locaux de la mairie.
    JF Laborde construit sa défense faite de manipulation et de menace et s'en sortira blanchi.
    Pourtant de révélations intimes en révélations sordides, l'affaire s'étale à la une de tous les journaux et enflamme la commune. L'enquête met à jour certaines vérités sociales dérangeantes pour toutes les familles.
   
    Son père est un homme mutique, froid, témoignant peu d'amour pour Antoine et son jeune frère, Camille. Par contre il voue pour sa femme une indéfectible adoration.
   
    La mère d'Antoine joue sur les apparences, sur son statut de petite bourgeoise. Sa relation avec le maire lui a permis d'obtenir un emploi très en vue dans la commune. Méprisant les autres, elle multiplie les absences à la maison et montre le visage d'une femme à l'égoïsme monstrueux.
   
    Mais en apparence la famille ressemble à une famille modèle.
   
    Antoine revient ainsi sur les lieux de son enfance ravagée afin de comprendre comment sa famille en est arrivée là et obtenir des explications aux silences et non-dits de ses parents.
   
    Comme un revenant, Antoine entreprend le chemin inverse. Les souvenirs qui le hantent vont lui permettre, non pas d'avoir des réponses à tout, mais de pouvoir continuer son chemin vers la lumière et la vie.
   
    Dans son dernier opus, Olivier Adam donne la parole à un personnage fragile, taciturne et sombre, à la dérive de la vie. C'est l'histoire d'une fuite en avant ou comment se reconstruire quand on n'a rien vu venir et que le monde s'effondre.
   
    Malgré une histoire sombre souvent glauque, l'auteur nous offre une Bretagne magnifiée et l'on sent son amour pour ces paysages.
   
    Les personnages sont attachants, enfants bafoués par des adultes hypocrites et égoïstes.
   
    Avec une plume rapide, un style direct, Olivier Adam nous sert un livre émouvant et un récit touchant.
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critique par Marie de La page déchirée




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Instable
Note :

   Depuis des années, Antoine se tient en retrait du monde dans cet état transitoire, nommé la renverse, où flots montants et descendants de la marée s’annulent pour laisser place à une latence fragile. Retiré dans un village côtier quelconque en Bretagne, il vit une existence effacée, sans gloire, sans éclat, sans relief partagée entre un job de libraire dans une affaire qui vit chichement et une petite amie vis-à-vis de laquelle il n’est pas réellement engagé.
   
   Et puis, un jour, ce fragile équilibre qui n’en a que l’apparence va se trouver remis totalement en cause avec l’annonce à la télévision du décès dans un accident de la circulation de Pierre Laborde. Un politicien, un temps très court devenu Secrétaire d’Etat, maire d’une petite ville de banlieue et qu’Antoine a bien connu. Et pour cause puisque Laborde fut au cœur d’un scandale politico-sexuel, accusé d’avoir violé deux collaboratrices de la mairie avec la complicité active de sa maîtresse qui n’était autre que la mère d’Antoine.
   
   Une disparition qui sonne comme un coup de tonnerre pour Antoine au point de le pousser à tout lâcher, le boulot comme la copine, pour se rendre aux obsèques de Laborde sans vraiment savoir pourquoi. Une urgence, comme nous allons le comprendre, dictée par le besoin inconscient d'enterrer avec le cadavre d’un homme haï celui d’une époque et d’une histoire qui auront brisé Antoine le plongeant dans cet état de non véritable vie. Un moment symbolique pour quitter cette phase de renverse et se reconstruire.
   
   Derrière Laborde se cachent tous ces scandales politiques récents : ceux de Georges Tron et de son fétichisme pour les pieds de ses collaboratrices, ceux de DSK et des femmes qu’il traite comme des objets sexuels, ceux qui font que la classe politique est rejetée par une masse grandissante qui se tourne vers les sirènes maléfiques du FN ou de tout extrémisme. Mais ce n’est pas là le propos essentiel d’Olivier Adam.
   
   Car derrière la narration détaillée du scandale et de la façon dont il fut habilement circonscrit en se souciant peu des dégâts psychologiques induits auprès des principales intéressées, c’est surtout celui d’une enfance détruite. Celle d’Antoine et de son frère cadet, témoins obligés de turpitudes, d’une lâcheté parentale, d’un père violent et tyrannique manipulé par une épouse perverse et déséquilibrée, victimes de l’ostracisme d’une petite cité où tout le monde s’épie et n’ayant, rapidement, d’autres ressources que la fuite psychique et physique pour tenter, seulement, de survivre à un cataclysme qui les emporte.
   
   Pourtant, on reste un peu en dehors d’un roman qui peine à trouver son souffle et sa structure. La faute sans doute à une écriture qui hésite entre la flamboyance quand elle décrit la Bretagne ou les états d’âme d’Antoine pour sombrer ensuite dans le dépouillement, voire la vulgarité, quand il est, longuement, très longuement, question de narrer par le détail un fait divers et ses multiples rebondissements. Du coup, le roman ne cesse d’osciller entre l’introspectif et le fait divers et aurait sans doute gagné en impact en resserrant sa trame. "La renverse" trouvera donc sa place au palmarès de l’auteur entre le très décevant "Les Lisières" et l’excellent "Peine perdue".
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critique par Cetalir




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Pas mal vu
Note :

   Le narrateur apprend le décès d’un certain Jean-Michel Laborde, ancien maire de la ville de banlieue où il a grandi, ancien député, ancien ministre, et surtout ex-amant de sa mère.
   
   Il y a vingt ou trente ans de cela, la famille d’Olivier, petite bourgeoisie apparemment sans histoire, a été bouleversée par scandale sexuel impliquant sa mère et ce Laborde. Ils auraient forcé des employées de la mairie à se livrer à des jeux sexuels en les menaçant ou leur promettant on ne sait quel poste bien payé (qu’elles n’obtinrent pas) les jeunes femmes, terrorisées, avaient toutefois fini par porter plainte…
   
   Ce que raconte le narrateur, c’est le vécu et le devenir des enfants de ces familles, (son frère, lui, la fille du maire) livrés à eux-mêmes, alors que leurs parents engagés dans un processus complexe d’amour-haine, passent leur temps à se quereller violemment, piquer des crises échapper aux journalistes, les vies familiales ayant explosé, se réduisent à de perpétuelles tourmentes. A cela, le narrateur réagit par le repli sur soi, la distanciation, la fille du maire, la révolte, le frère aussi, et d’autres enfants choisissent de soutenir leurs parents corrompus, et de nier l’évidence.
   
   Tout cela n’est pas mal vu…
    ↓

critique par Jehanne




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Je ne peux résister à O. Adam
Note :

   Je ne vais pas mentir mais j'avais décidé de ne pas lire le nouveau roman d'Olivier Adam, mais… bon après tout pourquoi pas ?
   
   Je l'avoue j'adore l'écriture d'Olivier Adam, cette absence de dialogues, ses descriptions de quartiers comme si on regardait par le bout de la lorgnette en catimini. Il décrit si bien les pensées qui nous reviennent comme en ricochet sur les nôtres.
   
   Et dès la première phrase j'étais conquise...
   
   Oui Antoine le personnage principal est en rupture avec sa famille, oui le monde n'est pas constitué que de Barbapapa, oui c'est du Olivier Adam mais que voulez vous j'en redemande à chaque fois.
   
   Antoine a quitté sa famille depuis dix ans. Il vit en Bretagne et travaille dans une librairie. Sa petite amie Chloé est monitrice de sport pour jeunes enfants. Il n'a plus de nouvelle de son frère parti au Canada, pas plus que de ses parents.
   
   Il est en pause dirons nous jusqu'au jour où il apprend par les nouvelles à la télé que Jean-François Laborde est mort dans un accident d'auto. Antoine ne réalise pas tout de suite, comme s'il zappait sa mémoire.
   
   Mais les souvenirs reviennent, le scandale qui a éclaboussé sa famille par la faute de sa mère et de ce fameux Laborde...
   
   Et la vague approche...
   
   On découvre bien vite quel est l'homme politique qui a inspiré Olivier Adam pour composer le personnage de Laborde. Mais ce fait divers est complètement transformé dans le roman.
   
   Tout est manipulation même au sein d'une famille autant que dans les médias mais surtout cette impunité des orgueilleux de ce monde qui s'imaginent être différents de vous et moi.
   
   Oui c'est du Olivier Adam mais c'est si... si que je ne peux résister.
   
    La vie peut toujours rebondir si on le désire. Antoine en fait le choix.

critique par Winnie




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