Lecture / Ecriture
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Nouilles froides à Pyongyang de Jean-Luc Coatalem

Jean-Luc Coatalem
  Le dernier roi d'Angkor
  Fortune de mer
  Nouilles froides à Pyongyang

Nouilles froides à Pyongyang - Jean-Luc Coatalem

Y a des nououououilles, mais ça ne se voit pas
Note :

    Cette fois le narrateur, accompagné d'un des ses amis, dandy parisien sédentaire d'ordinaire et muni de trois Pléiade, part en Corée sous le prétexte de préparer des voyages pour son agence touristique (fictive). Leurs impressions plus brèves seront les mêmes, avec deux trois Kim scotchés à leur basques, un programme... programmé. Des rappels historiques, et une approche de la frontière, apportent un plus au récit précédent qui se limitait (efficacement) au ponctuel journalier, le lecteur étant libre de chercher les renseignements nécessaires.
   
    Finalement. Jean-Luc Coatalem déplore de ne pouvoir trouver café, restaurant, boutiques, publicités, enseignes, dans les rues de Pyongyang. Dans un autre récit, j'ai appris qu'en fait ce n'est pas 'visible' et les étrangers se refilent les adresses où, derrière une façade neutre, se cache une boutique ou un restaurant.
   
    J'ai appris que dans la zone démilitarisée entre les deux Corée, prolifèrent des animaux, léopards de l'Amour et tigres de Mandchourie. Pas prévu au départ, mais cet espace préservé pourrait entrer dans la liste des réserves de biosphère. Un comble, s'exclame l'auteur! Qui quittera lui aussi la Corée le cœur pincé...
   
   
   Extrait
   
   "Ces notes ont été prises au jour le jour dans un (discret) carnet de poche lors d'un périple en Corée du Nord effectué au printemps 2011. Dégagé du souci illusoire d'embrasser la complexité d'un tel pays, affaire d'historiens ou d'observateurs spécialisés, mon propos se voulait plus modeste : raconter ce que l'on voit du "paradis rouge" ou plutôt ce qui, dans un cadre très contrôlé, en était dévoilé. En quelque sorte, un journal de voyage, attentif mais distant, amusé parfois, jamais dupe, dans ce royaume énigmatique dont un diplomate américain affirmait récemment que l'on en savait moins sur lui que sur nos galaxies lointaines.
    Depuis, Kim Jong-il, le "Cher Leader", appelé aussi le "Cerveau parfait", a trouvé la mort en décembre 2011 dans son wagon blindé. Il a été remplacé par Kim Jong-un, son fils, trente ans à peine, un total inconnu, après des scènes d'hystérie collective qui ont fait le tour des écrans. Si, entre deux apparitions dans des parcs d'attractions, le jeune homme joufflu et souriant a semblé montrer un désir de réformes (il est vrai que son économie est laminée), celui qui est devenu le "Grand Successeur", autopromu général puis maréchal des armées, a poursuivi derechef les essais balistiques et le programme nucléaire de ses aînés. Qu'il ait épousé une ex-starlette de la pop, la jolie Ri Sol-ju, autorisé l'usage du vélo et les chaussures compensées pour les Nord-Coréennes, ne pèsent guère. A ce jour, ce changement calculé d'image n'affecte en rien sa politique de fond et l'assise de sa dynastie. Un étau de fer étrangle toujours ce pays reclus où, sous un régime parmi les plus répressifs du monde, derrière des frontières verrouillées, hérissées de miradors, la majorité de la population survit dans une prison à ciel ouvert."

critique par Keisha




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