Lecture / Ecriture
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La vengeance du loup de Huy Thiêp Nguyên

Huy Thiêp Nguyên
  A nos vingt ans
  La vengeance du loup

La vengeance du loup - Huy Thiêp Nguyên

Dans les rizières
Note :

   Porte drapeau de la littérature vietnamienne depuis le dernier quart du XXème siècle, Nguyen Huy Thiep est né sous les bombes et n’a connu que les guerres jusqu’en 1975 qui vit enfin le terme de cette Guerre du Vietnam, mais non celle de la misère, hélas.
   
   Nguyen Huy Thiep a surtout écrit des nouvelles que nous trouvons en France éditées en recueils. Ce recueil-ci, publié après «Un général à la retraite», est le second.
   
   Comme il est de coutume, le titre est celui d’une des nouvelles, pas ma préférée d’ailleurs et de loin car je l’ai trouvée un peu sommaire, mais la première présentée.
   
   L’ouvrage commence par de vraiment très courts récits (4 pages par exemple) reprenant des histoires qui se rapprochent très nettement des contes traditionnels avec esprits et diverses interventions magiques ou divines. Mais on se rend compte peu à peu que cet état d’esprit et cette ambiance, faite de superstitions non dénuées de poésie comme toujours, a en fait perduré jusqu’à l’époque actuelle et quand, dans les deux dernières nouvelles, quelques dates lâchées au passage nous apprennent qu’on est à l’aube du 21ème siècle, on réalise soudain que les récits qui nous sont faits là ne font pas référence à des siècles révolus, mais datent d’aujourd’hui, ou d’hier.
   
   Nous frôlons l’an 2000 mais nous sommes au fond du Vietnam, dans les rizières, loin de la moindre ville et c’est quand même très éloigné de notre quotidien à nous, occidentaux. L’existence de génies et déesses est toujours admise par le narrateur, ce qui ne peut que nous laisser rêveurs.
   
   Et puis il y a la misère. Une misère de 19ème siècle, la faim qui vous talonne toujours, le travail d’esclave dont on n’espère aucune issue et sûrement pas l’enrichissement. Un « jour le jour » opiniâtre et rude où justement… les superstitions introduisent toute une dimension poétique.
   
   Globalement, cette quinzaine de nouvelles va en récits de plus en plus longs et, soit que je préfère cela, soit que le style ait évolué, soit que je me sois habitée à cet univers, plus j’ avançais dans le livre, plus j’aimais les récits, après un début assez tiède de ma part.
   
   Je relève les deux derniers, plus modernes m’a-t-il semblé, et qui donnent envie de voir Nguyen Huy Thiep poursuivre son œuvre. (ce qu’il a fait d’ailleurs) et de le retrouver peut-être un jour.
   
   Je relève également l’amusant exercice de style de «Jour de pluie» pour la dextérité à défaut de l’originalité.

critique par Sibylline




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