Lecture / Ecriture
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Le Pique-nique des orphelins de Louise Erdrich

Louise Erdrich
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  L'épouse antilope
  La malédiction des colombes
  La chorale des maîtres bouchers
  Ce qui a dévoré nos cœurs
  La consolation des grands espaces
  Le jeu des ombres
  La décapotable rouge
  Dans le silence du vent
  Femme nue jouant Chopin
  Le Pique-nique des orphelins
  LaRose

Karen Louise Erdrich est une écrivaine née en 1954 aux États-Unis, se rattachant au mouvement Native American Renaissance.

Le Pique-nique des orphelins - Louise Erdrich

Minnesota en ces années 30
Note :

   Adélaïde a perdu l’amant qui l’entretenait plus ou moins bien, alors qu’elle attendait un troisième enfant de lui. Dès lors une vie d’errance est son lot et celui de Mary, onze ans, Karl quinze, et le petit dernier. Nous sommes dans le Minnesota des années 30, et c’est l’hiver. Une fête foraine organisée pour les orphelins, attire la petite famille désormais vouée à l’indigence. C’est alors qu’Adélaïde, jeune femme fantasque monte dans l’avion d’un saltimbanque qui en a immédiatement pincé pour sa belle chevelure auburn. Ils ne reviennent pas chercher les enfants.
   
   Le bébé resté dans les bras de Mary est très vite dérobé, par un homme dont la femme a perdu le sien. Mary et son frère projettent de se rendre à Argus dans le Dakota, chez La tante Fritzie sœur d’Adélaïde, qui tient un commerce de boucherie. Après un voyage éprouvant en train de marchandise ils parviennent dans cette ville. Mais seule Mary gagnera le logis de la tante et s’y établira ; elle se rend vite indispensable, capable d’aider à la boutique. Par chance, sa cousine Sita ne rêve que de devenir mannequin et séduire le sexe mâle et déteste la boucherie.
   
   De cette histoire, on retiendra surtout Mary, son amie Celestine, d’origine amérindienne, leur descendance Dot, et La cousine Sita, ses frasques et ses malheurs. Les hommes ne jouent qu’un rôle mineur, on exceptera Russell le frère de Celestine, assez bon personnage secondaire.
   
   L’écriture donne la parole en alternance aux femmes précédemment citées, et à Karl que j’ai trouvé sans relief, complètement raté comme personnage, sans compter son ami Wallace. La narration est tantôt rationnelle, tenant du récit d’apprentissage, tantôt complètement loufoque, relatant des épisodes délirants sans grande signification. Le lyrisme dont l'auteur fait preuve (c'est une écriture travaillée, je ne vais pas le nier!) m'a laissée de marbre, un avis bien sûr totalement subjectif...
   
   L’ensemble ne m’a pas tellement convaincue. Je suis déçue, moi qui avais aimé le "Jeu des ombres" du même auteur.
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critique par Jehanne




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La branche cassée
Note :

    Louise Erdrich est la voix de la culture et de la littérature amérindienne, tout comme Toni Morrison l'est pour la culture afro-américaine.
   
    Porte parole et auteure reconnue, Louise Erdrich défend et met en lumière la vie et les destins de ces indiens d'Amérique dont est issue sa mère et explore toujours les conflits entre indiens et blancs dans ses romans.
   
    Aujourd'hui la collection Terres d'Amérique d'Albin Michel, nous offre une nouvelle traduction pour ce deuxième roman de l'auteur paru en 1986. Une réédition de grande qualité qui nous permet de découvrir encore une fois cette grande auteure.
   
    L'histoire débute à Minneapolis dans les années 30 avec une chronique familiale de plus de 40 ans à travers les destins épiques de trois orphelins et par les voix de personnages très particuliers qui se font écho dans le récit.
   
    En 1932 après la grande crise, une femme, Adélaïde, se retrouve seule à la rue avec ses trois enfants. Son amant et père de ses enfants, vient de mourir. Il était marié et a toujours entretenu cette double vie.
   
    S'abandonnant à un coup de tête, elle abandonne sa progéniture dont le dernier est un bébé, lors d'une fête foraine pour suivre un bel aviateur.
   
    C'est sur un douloureux et dramatique abandon que va se nouer une intrigue remplie de secret toute particulière et qui nous tient en haleine pendant tout le livre.
   
    Mary et Karl les deux aînés vont voir leur chemin se séparer. Le bébé est enlevé et adopté par un couple en manque d'enfant.
    Mary retrouve sa famille à Argus et tiendra la boucherie de sa tante maternelle, Karl continuera seul et affrontera un univers où l'amour de sa mère sera pour lui une perpétuelle douleur.
   
    Trois enfants aux prises avec le monde, trois chemins qui ne veulent ou ne peuvent plus se croiser.
   
   Sur trois générations, les personnages de cette fresque familiale avancent sur un fil, entre folie et sagesse, entre liberté et carcan.
   
    Nous traversons aussi d'une manière très inattendue, la vie de ces personnages sur plusieurs époques dans une atmosphère typiquement américaine.
   
    Loin des clichés, Louise Erdrich nous fournit un roman fouillé où l'amour est âpre presque animal et où les êtres ne sont pas forcément sympathiques mais cachent de douloureuses fêlures et des secrets envahissants.
   
    A lire ou relire. En 1986, le livre paraissait sous le titre "La branche cassée".
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critique par Marie de La page déchirée




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Enfance d'une dure à cuire
Note :

    Louise Erdrich, née à Little Falls dans le Minnesota, appartient au mouvement de la Renaissance amérindienne. Elle a actuellement treize romans traduits en français.
   
   Sept personnages en quête de destin, une saga familiale qui court de 1932 à 1972. Quarante années à suivre le parcours parfois chaotique de ses protagonistes. Tout commence par l’abandon par leur mère de Karl et Mary et de l’enlèvement de leur petit frère Jude. Une seule solution pour les deux aînés rejoindre Argus dans le Dakota du Nord où leur tante Fritzie tient avec son mari une boucherie de bonne réputation. Arrivés à destination, Karl s’enfuit alors que Mary se rend chez sa tante, heureuse de recueillir les enfants de sa sœur qu’elle n’a jamais appréciée, trop imprévisible, instable. Mary s’adapte à cette nouvelle vie même si sa cousine Sita n’apprécie pas de devoir partager sa chambre et ses affaires avec cette gamine disgracieuse. Mary sait ce qu’elle veut jusqu’à se voir confier plus tard la boucherie grâce à sa grande capacité de travail et d’intégration. Jalousie, rapports conflictuels, péripéties, rien ne va désarmer Mary devenue adulte.

critique par Michelle




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