Lecture / Ecriture
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Moi, Cheeta de James Lever

James Lever
  Moi, Cheeta

Moi, Cheeta - James Lever

Faussement candide
Note :

   "Vous nous voyez purs et vous voulez être nous. Nous vous savons impurs, mais nous aspirons quand même à être vous. C'est la tragédie au cœur de notre -d'aucuns diraient ma- comédie..."
   

   Quand on a, comme moi, été biberonnée aux films de Tarzan, Johnny Weissmuller l'a incarné durant 16 ans et 12 films, ponctuant de son fameux cri nos jeux d'enfants, on ne pouvait louper ces mémoires de Cheeta, son fidèle compagnon !
   
   Rien de gentillet dans ce récit qui va de l'enfance du jeune chimpanzé* à sa vieillesse (il aurait atteint l'âge canonique de 76 ans à la fin du récit !)**, privilégiant, vous en vous doutez bien, ses années au sein du microcosme cinématographique. Oh, non, Cheeta ne se contente pas de retroussis de lèvres pour nous faire sourire et "balance " sur les stars de l'époque, n’épargnant ni les coups de dents (au sens propre) à sa co-vedette Maureen O Hara, ni les coups de griffes: "Comprenez-moi bien, j'admire Maureen. N'importe qui capable de se remettre de la nouvelle du suicide de son ex-mari en s’exclamant pleine de peps: "C'est le plus beau jour de ma vie !"mérite d'être salué pour sa positivité."
   
   Et Cheeta de dénigrer l'évolution des films de Tarzan, mettant cette aseptisation sur le dos de la pauvre Maureen, mais s’attribuant tout le mérite du comique des films, en bon petit camarade qu'il est...
   
   C'est vachard en diable, souvent plus pour les femmes d'ailleurs, mais cela peint un tableau plein de vie d'entrain et de gouaille des mœurs hollywoodiennes, sans rien en cacher de la part plus sombre. Cheeta comprend en effet très vite la nécessité vitale, au sens propre, de rester une vedette...
   Surnage néanmoins un îlot de tendresse indéfectible: celle de Cheeta pour Johnny, qui perdurera malgré les séparations.
   
   Choisir un narrateur, à la fois extérieur et si proche de nous, permet de porter un regard acéré et pertinent sur l'univers hollywoodien mais interroge aussi sur nos relations avec les animaux. Un texte faussement candide parfois, troublant souvent et plein d'anecdotes, vraies ou pas, je n'en sais rien mais qui sonnent juste ! Un très bon moment de lecture !
   
   348 pages augmentées de l’album photo du héros, aux légendes tout aussi cash !
   
   
   * Cheeta, prétendument individu femelle dans le film, était en réalité un mâle.
   
    ** le vrai Cheeta est décédé en 2011 à 80 ans

critique par Cathulu




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