Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Le musée de l'inhumanité de William Gass

William Gass
  Le Tunnel
  Sonate cartésienne
  Le musée de l'inhumanité

William Howard Gass, professeur de philosophie, est un écrivain américain né en 1924 à Fargo dans le Dakota du Nord.

Le musée de l'inhumanité - William Gass

Hors normes
Note :

   Titre original : Middle C, 2013
   
   
   William Gass, oui. Né en 1924 (91 ans). L'auteur du "Tunnel", l'une des plus incroyables expériences de lecture de ma vie pourtant bien dense en trucs improbables.
   
   Surtout, prendre son temps (la bête n'a résisté que 4 jours, mais j'ai attendu le bon moment). J'en ressors un peu sonnée avec l'impression d'avoir plongé dans du 'on ne lit pas ça tous les jours', et bien sûr, de me sentir bien dépourvue au moment d'en parler.
   
   Le titre, d'abord. En anglais, "Middle". C est en gros la note au milieu d'un clavier de piano. Un peu à l'image du héros, pianiste autodidacte, homme assez effacé ne désirant rien tant que les résultats scolaires intermédiaires, ni trop brillant ni trop nul, histoire de ne pas être remarqué.
   
   Dans le grenier de la maison où il vit avec sa mère, Joseph Skizzen expose les ouvrages et coupures de journaux témoignant de la méchanceté humaine au cours des siècles, le musée de l'inhumanité. Tâchant aussi de fignoler une phrase qui le hante : "La crainte de voir la race humaine s'éteindre a été remplacée par la crainte qu'elle ne perdure."
   
   Joseph/Joey Skizzen, ex Yussel Fixel à l'époque où son père autrichien se fit passer pour juif et put émigrer en Angleterre. Par la suite, il fila aux Etats Unis sous une encore autre identité, laissant derrière lui sa femme, son fils et sa fille, qui réussirent cependant à arriver dans l'Ohio. Après des études médiocres et différents petits boulots (dans une bibliothèque notamment), Joseph devient le Professeur Skizzen chargé d'enseigner la musique moderne (et craignant que son manque de capacités officielles à le faire ne soit découvert). Déjà qu'il a changé sa date de naissance, bidouillé un faux permis, etc.
   
   Bon, il y a une histoire, on va dire roman d'apprentissage. Mais ce serait faire fi de digressions (?) où la plume toujours fluide et riche de William Glass s'envole, scotchant le lecteur. Les inhumanités, d'accord, sans trop de détails gore, ouf! Le professeur de piano (quand la musique a commencé à intervenir dans la vie de Joseph, là j'étais ferrée). Myriam, la mère et son fabuleux jardin. Sa leçon sur le Concerto pour orchestre de Bela Bartok (un grand moment, en gros tous ses passages comme professeur le sont). Son travail à la bibliothèque, entre Miss Moss et Miss Bruss (qui ne s'aiment pas) , bibliothèque au curieux système de classement (page 248). Et gare à ne pas tenir les livres n'importe comment! La vendeuse de voitures d'occasion, aussi chanteuse de gospel.
   
   Un roman que je conseille aux curieux de hors normes.

critique par Keisha




* * *