Lecture / Ecriture
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Des garçons bien élevés de Tony Parsons

Tony Parsons
  Des garçons bien élevés

Des garçons bien élevés - Tony Parsons

À gorges déployées !
Note :

   Nouvel auteur anglais, pour moi qui ne suis pas vraiment un fan des romans policiers de la Perfide Albion. Malgré que je reconnaisse bien volontiers que certains auteurs, je pense à Martin Waites et donc Tony Parsons, les ont fait remonter dans mon estime.
   
    Un prologue (1988) et trois parties, "Octobre #mortauxporcs" "Novembre. À quoi rêvent les morts" "Décembre. Perdu de vue", le tout en 38 chapitres sur pratiquement 430 pages que l’on ne voit pas passer.
   
    1988. Des garçons courageux, élèves d’une grande école, violent en réunion une jeune fille ; dans une dernière tentative de fuite, elle crève l’œil d’un de ses assaillants.
    L’inspecteur Max Wolf après avoir déjoué en désobéissant à sa hiérarchie un attentat terroriste commence une nouvelle carrière. Il fait dorénavant partie de la section "Homicides" et c’est un début en fanfare qui l’attend. Un banquier Hugo Randolph Buck est trouvé égorgé, du beau travail, mais avec quelle arme cette blessure a-t-elle été infligée ? Sur les lieux, un somptueux bureau, il découvre un simple mot écrit avec le sang de la victime "Porc". Il interroge sa veuve, grande et belle russe, qui lui avoue qu’elle a surpris son époux avec la gouvernante, puis se dénude pour lui montrer son corps plein de bleus. Une femme battue.
   
    Changement d’univers pour le second cadavre, un SDF drogué, le mot "Porc" est aussi inscrit par terre. La même blessure, le même assassin ? Quel lien entre eux ? Et encore quelle arme est-elle capable d’infliger cette blessure ?
   Pendant ce temps sur Internet une journaliste écrit un papier au vitriol et affuble le tueur d’un surnom ce qui se fait beaucoup, "Bob le boucher".
   Le SDF est identifié, Adam Jones, son lien avec Buck, l’école Potter’s Field. Wolf découvre rapidement qu’ils appartenaient à une sorte de clan de 7 "Soldats", groupe très uni ! Que sont-ils devenus ?
    Les morts vont se suivre, mais pas forcément se ressembler !
   
   Wolf ne se doute pas qu’il va falloir briser bien des portes et raviver bien des rancunes pour avoir la clé de l’énigme… le système scolaire britannique n’a pas que des qualités. Que vous soyez riches ou pauvres !
   
   Max Wolf est une figure très attachante, un peu à l’opposé des flics modernes, il élève seul sa fille avec amour, carbure au triple expresso et plus rarement aux boissons alcoolisées. Bref un brave homme !
   
   De très nombreux personnages, divisés grosso modo en deux catégories, les bons et les victimes ! Les policiers et les trépassés, plus, malgré tout, quelques seconds rôles, une journaliste Scarlet Busch ou Peregrine Waugh, figure de proue et autoritaire de Potter’s Field, est sur place depuis des années et a très bien connu tous les garçons passés par cet établissement, des anciens combattants, des policiers dévoués et des gens cachant un terrible secret !
   
    Tous les ingrédients pour faire un excellent roman noir, très noir.
   
   Débuter un récit par un viol collectif suivi d’une vengeance très longtemps après est très en vogue cette année. Après l’écossais James Oswald avec "De mort naturelle", c’est au tour de l’anglais Tony Parsons d’exploiter le filon avec ce titre et la même réussite, deux très grands romans ! Des découvertes pour bien terminer l’année !
   En prime pour moi, une balade dans certains quartiers de Londres où j’ai travaillé durant trois ans.
   
   
   Extraits :
   
   - Ils ne disent pas qu'ils tuent les camarades d'école. Ils pensent qu'ils tuent des riches.
   
   - Un pensionnat, ce n'est au fond qu'un établissement scolaire auquel on a rattaché un hôtel. Le maître d'internat est chargé de l'hôtel où vivent les garçons.
   
   - En fin de compte, la question est : si Jack l'Éventreur vivait de nos jours est-ce qu'il utiliserait Twitter ? Est-ce que l'Étrangleur de Boston mettrait à jour son statut "célibataire" sur Facebook ? Je ne crois pas.
   
   - Il n'y a que les hommes pour vivre comme ça. Les hommes et les porcs.
   
   - Un poignard de commando Fairbairn-Skyes. Sur toutes les photos. Les différentes générations de la même arme.
   
   - Un homme qui bat des femmes. Où est l'honneur, là-dedans ?
   
   - On en voyait de plus en plus dans les quartiers chics de Londres des policiers privés, engagés spécialement pour surveiller une rue cossue. Car les riches avaient peur.
   
   - Ce qui s'est passé ? Je vais vous le dire. Ils vous cassent et, après, ils vous reconstruisent. Voilà ce qu'ils font, dans ces vieilles écoles anglaises si réputées.
   

   Titre original: The Murder Bag (2014).
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critique par Eireann Yvon




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Rouge rouge rouge
Note :

   Oui je sais j’ai parlé de polar noir noir noir mais en fait la couleur de celui là serait plutôt un ton hémoglobine ! Parce que de l’hémoglobine il y en a !
   Et ce n’est pas le petit monde gentil en surface d’un collège anglais very chic qui va éponger les flaques de sang.
   
   Dans le rôle du flic : Max Wolfe un ancien de l’anti-terrorisme à qui il est arrivé des bricoles, il vient d’être affecté aux homicides mais finalement ça ne s’avère pas un plan pépère car quelqu’un a décidé de s’en prendre aux banquiers d’affaire. Prenez Hugo Buck, bon un rien addict au sexe mais c’est quand même pas une raison pour lui trancher la gorge, et quand je dis tranché... c’est pour de bon.
   
   C’était un ancien élève de Potter’s Field, collège luxueux et branchouille, sa veuve ferait un parfait suspect si ce n’était que le fou du couteau va continuer sa sarabande et s’en prendre à un SDF qui cache bien son jeu.
   
   C’est parti pour une course au joueur de couteau pour Max. Le soir il rentre retrouver Scout et Stan, sa fille et son chien dans l’ordre et le plus terrible des deux n’est pas celui que l’on pense.
   
   L’auteur nous sème des indices par ci par là mais la progression est difficile car les cadavres pleuvent et bientôt il est question de passer l’affaire à Scotland Yard.
   
   Une intrigue assez classique mais qu’on suit avec plaisir et un brin d’excitation, et puis il y a quelques pages assez spéciales comme la visite du musée de Scotland Yard dont je vous laisse la surprise.
   
   J’ai marché même si les ficelles sont présentes c’est un polar qui se lit avec plaisir sauf si on n’aime pas du tout la couleur rouge.

critique par Dominique




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