Lecture / Ecriture
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La dent du bouddha de Colin Cotterill

Colin Cotterill
  La dent du bouddha
  Tué sur un coup de tête

La dent du bouddha - Colin Cotterill

Enquête laotienne
Note :

   Colin Cotterill, auteur britannique vivant en Thaïlande, a commis quelques polars dont l’intrigue se situe au Laos. Et plus précisément au Laos nouvellement communiste, dans les années 70.
   
   "La dent du Bouddha" est le second épisode de la série "Siri Paiboun", du nom du médecin légiste (coroner) qui est son héros récurrent laotien, après un premier épisode qui reçût le Prix SNCF du Polar 2007 ("Le Déjeuner du coroner").
   
   Soit le mois de mars 1977, dans un Laos encore fraîchement "communisé", Vientiane, la capitale, où réside et exerce le Docteur Siri Paiboun, seul coroner en exercice du grand pays peu peuplé. Vientiane a beau être la capitale, on comprend vite l’ambiance purement "provinciale" de cette somme toute petite ville, dont l’activité est en outre réduite à la portion congrue avec la prise en mains par les communistes du pays. C’est "Système D" et "débrouille" à tous les étages, notamment à l’étage médecine légale.
   
   Siri Paiboun va être sollicité dans le cadre de meurtres passablement étranges qui semblent bien avoir été commis par une bête sauvage, ours noir, tigre (?). Ceci c’est à Vientiane. Mais parallèlement il va être convoqué à Luang Prabang, la toute nouvellement déchue capitale royale, par le responsable communiste de la région qui se la joue grand seigneur, pour autopsier et identifier des corps passablement carbonisés. En réalité le responsable en question a surtout envie que Siri Paiboun serve de paratonnerre et idéalement parvienne pas à la vérité. Siri Paiboun va rencontrer là-bas le monarque déchu juste avant qu’on ne l’exile et tout va progressivement basculer dans un domaine plus proche du paranormal.
   Cette enquête va finir par rejoindre celle des meurtres de Vientiane sur un mode carrément plus rationnel. Mais c’est l’Asie, le Laos…
   
   On sent Colin Cotterill plus attaché à nous faire partager son affection pour ce pauvre pays (pauvre au sens propre) qu’à réellement nous peaufiner une intrigue policière. C’est très plaisant mais je ne suis pas sûr qu’un lecteur ne connaissant pas le Laos soit à même de parfaitement appréhender tout ce que décrit l’auteur.
   
   Dans les déboires de Siri Paiboun avec les autorités (au sens propre là encore !) communistes, j’ai entendu les échos de la série Mario Conde, de Leonardo Padura, Mario Conde commissaire à La Havane (Cuba). Magie des polars qui peuvent nous faire toucher du doigt une réalité sociétale.

critique par Tistou




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