Lecture / Ecriture
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Achille au pied léger de Stefano Benni

Stefano Benni
  Achille au pied léger
  Saltatempo
  BAR 2000
  Margherita Dolcevita
  La grammaire de Dieu

* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Achille au pied léger - Stefano Benni

Scriptodactyles
Note :

   L’incipit était pour moi : «Quel est ton nom dans l’obscurité ? Liber Sybillae »
   Alors j’ai pris celui-là.
   On m’avait dit : «Il faut avoir lu Stéfano Benni.»
    Bon, ça y est, j’ai lu. Et j’en ai même commencé un second pour vérifier si ce que j’y avais trouvé était une constante ou une spécificité de ce livre-ci.
   
   J’ai lu et je dirais : «Non, je ne suis pas emballée» et «Oui, c’est vrai qu’il faut l’avoir lu». Car cet écrivain-journaliste italien a une façon bien personnelle d’écrire et promène avec lui un monde bien particulier aussi. Il serait vraiment dommage de l’ignorer tout à fait. Par contre, du moins pour ce premier essai, je n’ai pas été vraiment séduite et n’ai pas succombé au charme de mon latin writer.
   
   Le point le plus étonnant et amusant, c’est donc l’écriture, une imagination totalement débridée permet de faire cohabiter dans la plus totale promiscuité les moments de pur réalisme et les fantaisies les plus saugrenues. La trivialité la plus scatologique côtoie la poésie la plus éthérée. Les lois de la nature, de la physique et de la logique sont indifféremment strictement respectées et sauvagement dynamitées.
   Cela amuse. Bien sûr. Comment le nier ? Et cela retient l’attention.
   …
   Néanmoins, au bout d’un moment, il m’a semblé que j’étais tout de même en train de lire une histoire guère originale : Celle d’un écrivain stérile et lecteur de maison d’édition qui bat de l’aile, se liant d’amitié avec un grand infirme au caractère de cochon et à la famille pas forcément bienveillante.
   
   Avouez que là… on n’est pas éberlué par la nouveauté de la chose. Même si le tout est un peu relevé par un amusant agencement des patronymes qui veut que les Editions se nomment « De la Forge », que leur patron soit Vulcain, la secrétaire Circé, le héros Ulysse, l’infirme Achille etc. Je ne vais pas vous rapporter toute la distribution.
   
   A côté de cela, oui, on loue souvent la satire sociale chez Benni. Ici l’arrivisme politique et le showbiz dans le monde de l’édition, je suppose. Moui… Mais si elle ne dépasse pas ce stade là, ce n’est pas encore lui qui va nous faire la prochaine révolution.
   
   Par contre, je maintiens que, pour le style, le maniement incongru des images et des mots, avec une inclination gourmande pour les mots compliqués et rêveurs (ce n’est pas le polygame polythrope qui me démentira), pour l’écriture originale et farfelue, il est bon, et parfois très bon, de lire au moins un des nombreux romans de Stefano Benni.
    Et sans doute plus d’un, comme je vais le faire.

critique par Sibylline




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