Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Alcibiade de Platon

Platon
  Alcibiade
  Le Banquet (ou De l’amour)
  Gorgias

Alcibiade - Platon

Le plus controversé et le plus accessible…
Note :

   Chacun peut citer un à plusieurs dialogues platoniciens des plus connus : La République, Le Banquet, Gorgias… Mais Alcibiade reste à la fois peu connu du grand public alors qu’il est un sujet de débats incessants des spécialistes et qu’il reste certainement le plus abordable des dialogues mettant en scène le père de la philosophie qu’est Socrate.
   
   Dans ce dialogue relativement court (petite centaine de pages), Socrate rencontre Alcibiade, dont il est amoureux depuis toujours mais à qui il n’a jamais déclaré sa flamme. Alcibiade a vingt ans alors, Périclès est son tuteur, et il s’apprête à faire son entrée en politique par l’Assemblée. Socrate se propose de l’y aider. Il commence son dialogue par lui avouer cet amour, à l’âge où la relation homosexuelle n’est plus permise à Athènes (elle ne pouvait avoir lieu que si cela avait un intérêt éducatif, que si cela participait de la formation de l’enfant : on tolérait donc une aventure plus ou moins longue entre un adolescent et son maître à penser).
   
   Socrate va mettre en œuvre sa maïeutique réfutative en amenant Alcibiade à constater qu’il n’a aucune compétence dans aucune matière pouvant être utile à l’Assemblée. Il lui explique que le gouvernement de la cité nécessite que l’on sache ce dont elle a besoin, comment s’occuper d’elle. Mais avant de savoir ce dont à besoin la cité il faut la connaître. Et pour connaître la cité, commencer par se connaître soi-même. Qu’est-ce que soi-même (la réponse sera l’âme et particulièrement l’intellect comme partie de l’âme) et comment en prendre soin, le nourrir, le grandir.
   
   Ce dialogue est essentiel dans l’œuvre de Platon. De l’Antiquité au XIXe on l’enseignait en premier, comme œuvre d’ouverture à la découverte du maître. Ce dialogue justifie les arguments développés dans le Gorgias et en reprend certains plus clairement. A partir du XIXe, les modernes ont attaqué l’authenticité de ce dialogue. Si tout le monde s’accorde sur le point de dire que le fond est purement platonicien, les idées concordent avec l’œuvre du maître, la forme diffère par endroits. Ainsi le dialogue serait-il trop linéaire, trop didactique, de facture trop évidente pour appartenir aux œuvres de jeunesse de Platon auxquelles il se rattache historiquement. Il serait alors le fait d’un disciple de Platon, un de ses contemporains très proches. Querelle de spécialiste. Mais grand intérêt du dialogue.
   
   Ce dialogue explore rapidement l’interprétation à donner au précepte repris du fronton du temple de Delphes « connais-toi toi-même ». Platon fait identifier par Socrate le soi comme la région de l’âme qui pense, le siège de l’intellect. Apprendre qui l’on est pour apprendre à prendre soin de soi et se grandir vers l’excellence. La réflexion constitue l’excellence de toute âme. Ne serait-ce que pour cette morale enchanteresse, il faut faire un détour par ces pages d’un accès grandement facilité.

critique par Kassineo




* * *