Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Histoire de mes pensées de Alain

Alain
  Propos sur le bonheur
  Histoire de mes pensées
  Balzac

Alain, de son vrai nom Émile-Auguste Chartier est un philosophe français né en 1868 et mort en 1951.

Histoire de mes pensées - Alain

Formation d’un philosophe
Note :

   Inclus dans le volume Pléiade intitulé "les arts et les dieux", premier de la série consacrée à Alain, l’auteur y narre son enfance, y explique sa formation tant philosophique qu’esthétique. Il revisite ses lectures : Platon, Descartes, Bergson, Hegel et Kant. Sa formation se tournait d’abord vers les mathématiques pour bifurquer vers la politique puis la philosophie. Il devient professeur, d’abord en Normandie pour finir aux lycées prestigieux de Paris, Sévigné et Henri IV. Humour de cette saillie de son père :
   "Quand je fus reçu agrégé il me dit : "Peut-être que tu n’es tout de même qu’un imbécile."

   Enfin il y parle de son engagement dans l’armée durant la Première Guerre Mondiale, durant laquelle il est blessé puis démobilisé. Pacifiste de la première heure, il tenait en effet à "faire son devoir."
   
   L’ouvrage date de 1936 et offre un retour assez intéressant sur les œuvres publiées par la suite et notamment dans le présent volume où il parle de ses préférences en peinture, sculpture, architecture mais aussi en musique et littérature. Ce sont les chapitres consacrés à la littérature qui m’ont fait acheter ce volume et notamment le passage intitulé "en lisant Dickens". L’auteur parle de ses préférences, en France, pour Balzac et Stendhal tout comme dans "Histoire de mes pensées" il y mentionne de nombreux poètes dont Valéry qu’il apprécie et Mallarmé pour son "coup de dés."
   
   Alain, on l’a dit, n’était pas un professeur ordinaire. Il s’inspirait volontiers d’œuvres d’art et de littérature pour y faire de la philosophie. Il pensait même que c’était une bonne méthode pour aborder les textes plus ardus de Kant ou Hegel. Son maître reste Jules Lagneau – fort joli nom- qui, comme lui, fut un professeur non-conformiste.
   
   Alain y parle aussi du début des "Propos" qui sortirent dans la presse d’abord le dimanche puis le lundi et enfin tous les jours, qui ont donné les volumes que l’on sait. Sa perte de foi date du collège et il ne cesse de la revoir à travers les textes et notamment avec Descartes et Pascal :
   "Et je ferais une dispute horrible contre Pascal ; car il ne cesse pas de vouloir forcer Dieu. Mais pourquoi ? A quoi bon ? Il faut se tenir au théâtre comme on doit, ou n’y pas aller."

   
   L’ensemble se lit bien, un peu comme un cours de philosophie de la vie, un relevé de lecture avec ce ton détaché des gens qui ont beaucoup réfléchi et qui ont pris leurs distances avec les textes, s’en méfiant mais reconnaissant leur caractère formateur, bref, Alain montre comment il s’est construit sur ces fondations.

critique par Mouton Noir




* * *