Lecture / Ecriture
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Les exploits de Sherlock Holmes de Adrian Conan Doyle

Adrian Conan Doyle
  Les exploits de Sherlock Holmes

Les exploits de Sherlock Holmes - Adrian Conan Doyle, John Dickson Carr

Correct
Note :

   J'ai lu il y a peu "Juste avant l'oubli" d'Alice Zeniter dont un des personnages principaux a créé un détective privé du nom de Adrian Dickson Carr clin d’œil malicieux au duo dont je vais vous parler aujourd'hui.
   
   Le vrai Adrian est Adrian Conan Doyle, le fils cadet et quelque peu aventureux de l'illustre père de Sherlock Holmes. Il entreprit un beau jour de rédiger, avec l'aide de son vieil ami John Dickson Carr de nouvelles aventures de Sherlock Holmes, en prenant comme point de départ des allusions que Watson faisait souvent dans ses récits, à des aventures de Holmes qu'il évoquait mais ne racontait pas. Son fils a voulu (entre autres) contenter le lecteur frustré en lui livrant ces aventures aussitôt devinées, déjà disparues. Il y en eu douze, John Dickson Carr collabora à la moitié d'entre elles. Examinons-les.
   
   Tout d'abord, on peut dire qu'elles remplissent correctement le cahier des charges : une énigme d'apparence insoluble, de préférence avec belle dame en détresse, est résolue par Sherlock Holmes plus observateur que jamais ; et à part une trop inspirée du "Ruban moucheté", la gageure est honnêtement remplie. Certaines aventures ont même un point de départ bien énigmatique : ainsi cet homme qui détruit toutes les horloges qu'il aperçoit dans les pièces où il pénètre... Mais pourquoi diable fait-il cela ? On est "obligé" d'aller lire la réponse.
   
   Par contre, pour ce qui est de l'inspiration et de la richesse des personnages, on pourrait trouver à redire. Pour les premières, le canevas semble être plaqué à l'identique sur chacune : Watson arrive chez Holmes, qui est tout morose parce qu'il n'a pas de mystère à livrer à son cerveau qui a horreur du vide et qui dès l'abord manifeste une connaissance extraordinaire de choses qu'il ne devrait pas pouvoir savoir. On s'extasie et il explique comment d'infimes détails lui ont permis de deviner. C'est trop systématique, quasi mécanique même, et comme pour tout arranger, je me souvenais trop de pastiches humoristiques où toutes les déductions ainsi faites étaient fausses, cela prêtait plus à sourire qu'à admirer. Un visiteur survient donc et il est aux abois suite à un mystère que Sherlock et Watson vont aller résoudre de ce pas. Et ça se tient assez bien, on est content de découvrir la clé de l'énigme.
   
   Par contre, pour les personnages, on est un peu trop dans le stéréotype et les mêmes font toujours les mêmes choses. Ainsi, Watson déclare régulièrement qu'il ne pourra fermer l’œil juste avant de sombrer dans un sommeil instantané proche du coma et dont il n'émergera que tard le lendemain. Ainsi ce même Watson oriente-t-il accidentellement la pensée de Holmes dans le bon sens, par des réflexions éloignées de la solution, ainsi Sherlock joue-t-il du violon, examine-t-il les cendres de cigarettes et tire-t-il des coups de feu dans son appartement. Ainsi Madame Watson, vite épousée, vite reléguée n'est-elle jamais qu'une vague silhouette à l'arrière plan de la vie de son mari, tout entier tourné vers son génie bien-aimé.
   
    Alors vous me direz, c'est bien fidèle à l'héritage paternel et au moins, il n'y a nulle trahison, et c'est vrai, si l'on ne change rien, on ne dénature pas, mais à l'évidence, si l'on n’enrichit pas, le fonds s'appauvrit comme s'use un vieux tapis trop piétiné, au point que la pauvre trame saute aux yeux, et c'est bien là qu'on est arrivé au bout de douze aventures... Content d'avoir eu un petit rab d'énigmes sherlockiennes, mais bien conscient qu'on ne peut pas continuer beaucoup plus longtemps, il aurait fallu enrichir l'univers proposé, comme d'autres ont su le faire plus tard, par écrit et plus encore en vidéo...

critique par Sibylline




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