Lecture / Ecriture
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Le commissaire Bordelli de Marco Vichi

Marco Vichi
  Le commissaire Bordelli
  Une sale affaire

Le commissaire Bordelli - Marco Vichi

chi va piano, va sano... e va lontano
Note :

   Titre original : Il Commissario Bordelli
   
    Florence, été 63 (très très chaud et moite, l'été...). Le commissaire Bordelli est présent au bureau. La cinquantaine, plein de souvenirs de sa guerre contre les nazis, assez romantique pour attendre le grand amour, il travaille en usant de méthodes peu orthodoxes mais fort sympathiques. Parmi ses amis, un collègue médecin-légiste, un autre fils d'un copain de guerre, un éleveur de rats, une prostituée chez qui il arrose les plantes en son absence, des voyous plus ou moins repentis, dont l'un, excellent cuisinier, offrira à la bande un beau moment de convivialité.
   
    Avec son supérieur
    "Au cours de l'opération de vendredi, vous avez laissé échapper un certain nombre de criminels.
   - On ne peut pas toujours être parfait.
   - Non, non, Bordelli, vous n'avez pas compris, ou plutôt vous avez très bien compris. Vous ne les avez pas laissés filer, vous les avez relâchés après les avoir arrêtés.
   - Ce doit être l'âge..."

   
    Il a le chic pour donner du temps aux gens et attirer quelques hurluberlus, n'hésitant pas non plus à rendre visite à un cousin avec lequel il a peu d'atomes crochus (mais tout évolue). Un roman d'atmosphère au rythme pas trépidant mais prenant (comprenne qui pourra).
   
    J'allais presque oublier de parler de l'intrigue policière : une vieille dame est retrouvée morte, les principaux suspects ont un alibi solide. Mais comment s'y sont-ils pris pour se débarrasser de leur tante à héritage?
   
   Un roman fort sympathique, traduit seulement maintenant, alors que l'auteur en est au huitième de la série. Un polar atypique, où l'on lit par exemple:
    "Tu as très bien fait. Un homme te sauve, tu en sauves un autre, et cet autre en sauve un troisième. Les actions des hommes sont unies comme les maillons d'une chaîne, qu'elles soient belles ou laides. Il faudrait ne jamais l'oublier : faire le mal n'est pas seulement faire le mal, c'est aussi le transmettre."

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critique par Keisha




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Un peu de mal à s'installer
Note :

   1963. Le commissaire Bordelli enquête sur la mort suspecte d'une richissime vieille dame asthmatique dont la mort semble à première vue naturelle. Avec un naturel profondément empathique, Bordelli croise dans Florence écrasée dans la chaleur d'un été étouffant des personnages où se reflètent le souvenir d'une guerre encore proche. Sa pugnacité lui fait douter de l'innocence des neveux qui étaient loin à l'heure présumée de la mort. Mais le destin garde parfois une carte dans sa manche qui s'abat au moment où on ne l'attend plus.
   
   Un livre choisit sur un "coup de cœur" : envie de lire un "polar" et celui-ci nous emmène dans une époque où les technologies nouvelles étaient encore à inventer. J'ai eu un peu de mal à "visualiser" Bordelli, la cinquantaine solitaire, bien décidé à s'arrêter de fumer mais tirant frénétiquement sur son mégot dès que possible, intéressé par les femmes (jeunes), une sorte de bon vivant qui, au fil du roman, rassemble des convives de divers horizons qui finiront autour d'un (drôle de) repas bien arrosé. Épicure au pays du Caravage. Une lecture plaisante sans plus, je n'ai pas vraiment été emballée par Bordelli qui reste un personnage dépeint peut-être de manière trop superficielle. J'ai plus été intéressée par le personnage haut en couleurs de Dante, le frère savant-fou mais ô combien intrigant de la morte. L'enquête en elle même n'est pas transcendante et, pour tout dire, pour une fois, j'avais deviné le mode opératoire avant le dénouement !
   
   "Il alluma une cigarette et poussa le portail avec une certaine pudeur, comme s'il violait l'intimité de quelqu'un. Il traversa le jardin, entra dans la maison et gagna aussitôt la chambre de Rebecca, au premier étage. Il ouvrit tout grand la fenêtre qu'il avait laissé entrebâillée, s'empara d'une chaise et s'assit devant. Il regarda le vent agiter lentement les branches des arbres majestueux, puis, s'endormit, le menton sur la poitrine, bercé par les stridulations des cigales." (p.166)

critique par Wictoriane




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