Lecture / Ecriture
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Noir septembre de Inger Wolf

Inger Wolf
  Noir septembre
  Mauvaises eaux

Inger Wolf est une auteure danoise de romans policiers, née en 1971.

Noir septembre - Inger Wolf

Une nouvelle venue dans le monde du polar nordique
Note :

   Premier roman qui lui a valu le prix du Danish Détective Académie’s Debutant Award
   
   Dans son premier roman, nous faisons la connaissance du commissaire Trokic, de ses collègues et de la ville d’Århus dans la province du Jutland, une ville qu’Inger Wolf connaît bien puisqu’elle y vit, deuxième ville du Danemark "la plus heureuse du pays" si on en croit les publicités, sans histoire, tranquille. Et pourtant c’est là ou plutôt dans ses bois, au bord de ses lacs, que se perpétuent les crimes les plus horribles, les plus sadiques ! Cadavres atrocement mutilés, criminels terriblement ravagés. De pistes en fausses pistes, l’auteure construit des intrigues très élaborées. Les indices matériels y sont semés par petites touches, un tapis qui sent la lignite, une fleur rare, une main coupée, une carte de collection, les personnages très nombreux, une vingtaine, donnent un rythme et une ambiance au récit. Chaque roman est traversé de thèmes particuliers, l’industrie pharmaceutique, la pratique illégale de la médecine, les sectes etc. mais tous ont un thème en commun, l’enfance. Enfance maltraitée, corrompue, abandonnée, placée qui forge les criminels, les fait passer à l’acte. Inger Wolf donne la parole à ces meurtriers, leur rend leur part d’humanité perdue dans le chaos d’une jeunesse assassinée, victimes devenus bourreaux. Où commencent le Mal, la responsabilité des actes, la culpabilité, autant de questions qui ne peuvent trouver de réponse morale
   
    Et au cœur de l’enquête, la figure énigmatique du commissaire Daniel Trokic. Danois par sa mère, Croate par son père, il est né et a grandi dans ce pays dont il est aujourd’hui l’un des représentants de l’ordre. Solitaire, secret, amateur de musique folk, il porte en lui une blessure qui nous sera révélée au fur et à mesure des romans, esquissée dans le premier. Une figure de commissaire en proie à ses démons, qui rappelle les Wallander, Erlander, Veum, une douleur jamais exprimée, toujours lancinante, souvenir de deux années passées en ex-Yougoslavie au moment de l’attaque de Vukovar par l’armée serbe. Une dimension historique voulue par la romancière
   
    Premier roman mais dernier traduit. Nous faisons la connaissance du commissariat d’Århus avec l’enquêteur principal, le commissaire Daniel Trokic. Accompagné des inspecteurs Jasper à la mémoire infaillible et Kornélius, experte en informatique, profileuse, il se rend sur le lieu du crime, attendant les premières conclusions du médecin légiste. Une jeune joggeuse a été retrouvée dans une clairière, "une poignée de fleurs blanchâtres" sur la poitrine, fleurs séchées de ciguë, un morceau de chair arraché au bras, un entaille très profonde au sternum et d’autres mutilations sur le corps. Le viol ne semble faire aucun doute. Le violeur du Jardin des Plantes est peut-être responsable de cet acte barbare. Dès les premières pages, le ton est donné. En chapitres courts qui tiennent le lecteur en haleine, le récit se déroule sans temps morts passant de l’enquête à la vie des personnages, sentimentale et familiale, leurs doutes, leurs fragilités, leur incapacité à gérer comme ils le souhaiteraient vie privée et professionnelle.
   
   Si la victime et le mode opératoire de l’assassinat sont traditionnels ici, dans "Nid de guêpes" et "Mauvaises eaux" le lecteur doit s’attendre à une plus grande violence. Inger Wolf ne lésine pas dans le macabre et l’imagination morbide!

critique par Michelle




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