Lecture / Ecriture
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L'homme qui aimait se regarder de K. C. Constantine

K. C. Constantine
  Meurtres à Rocksburg Station
  Un coup fumant
  Débine blues
  Un homme exaspérant
  L'homme qui aimait se regarder

K. C. Constantine est le nom de plume de Carl Constantine Kosak, auteur américain de romans policiers, né en 1934 en Pennsylvanie.

L'homme qui aimait se regarder - K. C. Constantine

Tableau de chasse
Note :

   Voici la deuxième aventure de notre cher Mario Balzic, vers lequel je reviens régulièrement (mais pas dans l'ordre). Notre commissaire officie toujours à Rocksburg Station où il connait tout le monde depuis l'enfance et où il est chef de la police. La communauté d'origine italienne y est si importante qu'on oublie parfois que l'on se trouve aux USA, mais cela n'a que peu d'importance pour l'histoire. Quoique... l'âme italienne, si, elle va y jouer un grand rôle. Mais n'allons pas trop vite.
   
   A Rocksburg Station donc, un des loisirs prisés est hélas, la chasse, et notre Mario doit s'y rendre lui aussi lorsque son chef veut absolument lui faire admirer à l’œuvre, la coûteuse chienne de chasse qu'il vient d’acquérir : une championne. Or, il s'avère très vite que la bestiole mord plus volontiers les humains que le gibier et ne voit dans cette sortie au bois qu'une occasion de gambader dans tous les sens sans plus rien écouter.
   "Balzic entendait des faisans s'agiter tout autour d'eux. A croire qu'ils s'appelaient les uns les autres pour signaler la présence de ces deux chasseurs d'opérette en train de courir derrière leur chien fou."

   A la fin, se rendant bien compte qu'elle n'a pas vraiment fait son boulot, la championne se décide quand même à rapporter quelque chose à son maître et ce sera... un os humain. Fin de la partie de chasse et début de l'enquête de Balzic.
   
   Mais on reste dans les histoires de chasse puisqu'il apparaît bientôt que cet os pourrait avoir appartenu à un quidam peu sympathique qui partait régulièrement pour des randonnées d'affût de quelques jours avec deux amis à lui, à peine plus sympathiques par ailleurs. Or, non seulement ils n'y vont plus et répugnent à aborder le sujet, mais encore personne n'a plus revu le camarade depuis leur dernière virée...
   
   Si on ne met pas trop longtemps à découvrir l'identité du cadavre, on cherche par contre jusqu'au bout qui a fait le coup et pourquoi, et on ne manque pas de soupçonner tout le monde alternativement. Les gens ne se rendent pas toujours compte quand ils prennent des risques inconsidérés.
   
   Le gros charme de ce roman est le rendu de cette little Italy de l'Amérique profonde, le récit "à hauteur d'homme" et l'humanisme de Balzic, honnête homme s'il en est, heureux en famille (il vit avec sa femme, sa fille, sa mère), avec sa force tranquille, sa façon de mépriser l'hypocrisie et le snobisme et de n'obéir au fond à personne d'autre qu'à sa conscience.
   "Franchement, Mario, il faut vous surveiller. On ne peut être un Juste vingt-quatre heures sur vingt-quatre"

   
   Mention spéciale aussi, avec félicitations du jury, pour les personnages secondaires, en particulier ici un jubilatoire avocat alcoolique
   "- Sergent, commença Valcanas d'une voix très douce (…) j'ai cru entendre que vous traitiez mon client de menteur (…)
   - D'abord, dit Minyion, appelez-moi Lieutenant. Ensuite...
   - Lieutenant ? Oh, suis-je bête ! S'exclama Valcanas. Figurez-vous que je regardais votre visage alors que j'aurais dû regarder votre uniforme. Vous alliez dire autre chose ?
   - Etes-vous ivre ?
   - Sans doute, Lieutenant, sans doute : l'ivresse est ma seconde nature. Une autre question ?"

   
   Alors, allez donc découvrir quelle morbide aventure a permis à notre championne de rapporter ce joli nonosse plutôt que d'aller embêter lapins et faisans.
   
   
   Série Mario Balzic
   
   1. Meurtres à Rocksburg Station (The Rocksburg Railroad Murders - 1972)
   2. L'homme qui aimait se regarder
(The Man Who Liked To Look at Himself - 1973)
   3. La page blanche (The Blank Page - 1974)
   4. Un coup fumant (A Fix Like This - 1975)
   5. L'homme qui aimait les tomates tardives (The Man Who Liked Slow Tomatoes - 1982)
   6. Always a Body To Trade (1983)
   7. Upon Some Midnights Clear (1985)
   8. Un homme exaspérant (Joey's Case - 1988)
   9. Meurtre au soleil (Sunshine Enemies - 1990)
   10. Débine blues (Bottom Liner Blues - 1993)
   11. Cranks and Shadows (1995)
   12. Good Sons (1996)
   13. Family Values (1997)
   14. Brushback (1998)
   15. Blood Mud (1999)
   16. Grievance (2000)
   
   La moitié des romans policiers de K.C. Constantine n'a pas été traduite, hélas!

critique par Sibylline




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