Lecture / Ecriture
    Accueil     Lecture     Ecriture     Rencontres     Auteur du mois     Ce qu'ils en ont dit     Contacts    

Se résoudre aux adieux de Philippe Besson

Philippe Besson
  Les jours fragiles
  L'arrière-Saison
  Se résoudre aux adieux
  Un instant d'abandon
  Un garçon d’Italie
  La maison atlantique
  De là, on voit la mer
  Vivre vite
  Arrête avec tes mensonges
  Les passants de Lisbonne
  Un certain Paul Darrigrand

Philippe Besson est un écrivain français né en 1967.


* Citations dans la rubrique "Ce qu'ils en ont dit"

Se résoudre aux adieux - Philippe Besson

Seul le temps permet vraiment de se résoudre aux adieux
Note :

   Il semblerait à présent que, d'un simple coup d'œil, les livres de Philippe Besson soient de plus en plus reconnaissables au charme de leur première de couverture. Ce dernier, « Se résoudre aux adieux », ne déroge vraiment pas à cette constatation. N'est-ce pas que cette reproduction de Naviasky (« Head of a girl ») est à elle seule pleine d'une grâce irrésistible ? De plus, et ceci se vérifie tout au long de la lecture, le choix de cette couverture est tout à fait judicieux et elle colle à merveille à l'histoire.
   J'avoue pourtant que ce n'est certainement pas le sujet qui a retenu mon attention car il est question de rupture amoureuse, sujet mille fois abordé, mais j'ai à coup sûr été happée par le regard énigmatique empreint de nostalgie de la jaquette. Puis l'auteur est tout de même Philippe Besson dont j'ai lu plusieurs ouvrages qui déjà m'avaient conquise.
   
   L'histoire nous convie, par le biais de lettres car il s'agit d'un roman épistolaire, dans l'intimité de Louise aux prises avec la douleur d'une rupture amoureuse. Afin de s'éloigner de tout ce qui peut lui rappeler cet amant qui vient de la quitter, Louise s'exile dans l'espoir de circonscrire le deuil de cette liaison qui la déchire. En tout cas, cet éloignement ne paraît pas apaiser ses souffrances. Tout au long de ce périple qui nous mène de La Havane à l'Orient express en passant par New York et Venise, la narratrice rumine ses souvenirs et force les mots à évacuer son passé en écrivant des lettres. De toute évidence, elle ne semble pas vraiment disposée à renoncer complètement à cette relation car elle choisit quand même d'envoyer à Clément les pages qu'elle noircit avec un espoir dérisoire de retour. Pourtant il s'agit exclusivement d'un monologue intime, un moyen d'expurger son chagrin et de s'affranchir de sa douleur et du choc psychologique d'avoir été quittée.
   « Je suis mue par le seul désir d'écrire, de me confronter au blanc de la page, de le noircir, de me persuader encore et toujours que les mots ont une chance de l'emporter sur le silence, les phrases sur le vide. »
   
   Par la justesse du ton employé et la pertinence de ses mots, la remarquable empathie de l'auteur pour sa narratrice est en tout point communicative. Difficile de ne pas s'identifier à Louise et de ne pas percevoir précisément les affres de cette douleur amoureuse.
   Et même pour un thème aussi convenu et glissant, la plume de l'auteur a pourtant su être aussitôt convaincante. Alors, je ne regrette pas avoir été séduite par la simple première de couverture. Philippe Besson nous offre à nouveau un ouvrage plein de grâce autour de sujets pourtant assez récurrents dans son œuvre qui sont ceux de l'absence et de l'abandon.
   ↓

critique par Véro




* * *



Apprendre à quitter ceux qui nous quittent
Note :

   Tu te demandes toujours quel livre choisir pour ta lecture de PAL du mois... et finalement, depuis quelques temps, tu laisses faire le hasard. Là, tu avais croisé sur les réseaux sociaux une citation tirée de ce titre, que tu trouvais émouvante... Choix tout trouvé alors ! Ce sera donc lui ton livre du mois.
   
    Ça fait mal d'apprendre à quitter ceux qui nous quittent, d'apprendre à les aimer en silence, le dos tourné, les yeux baissés. De devoir apprendre à son cœur la force de se vider tout en demeurant habité. Apprendre à pleurer en souriant, à s'en aller en aimant... Louise écrit à Clément des lettres. Elle est partie très loin pour oublier la rupture. Elle lui écrit de là-bas, sur sa souffrance, sur son amour, sur sa peine, sur la difficulté de tourner la page, de se résoudre aux adieux... Il faudra de nombreux mois, de nombreux voyages (La Havane, New-York, Venise), beaucoup de mots, et un retour à bord de l'Orient Express pour retrouver dans Paris le vide, intact. Rien n'a suffit. Il est parti pour une autre. Elle n'a pas été choisie. Elle méritait de l'être. Tout le monde le mérite.
   
   Tu es restée suspendue aux mots de Philippe Besson, qui parle si bien dans ce livre d'une voix de femme. Tu es tombée en empathie avec son personnage. Et tu trouves que chaque rupture, chaque convalescence d'amour, devrait pouvoir se vivre comme cela, en partance... si seulement.
   
    Se résoudre aux adieux est un magnifique roman épistolaire, rempli d'une sincérité forte et touchante, qui pourrait être une version moderne des Lettres portugaises, pourquoi pas. C'est en tous les cas, avec certitude, un livre qui a fait vibrer ton petit cœur tout mou...

critique par Antigone




* * *