Lecture / Ecriture
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Reflex de Maud Mayeras

Maud Mayeras
  Hématome
  Reflex

Reflex - Maud Mayeras

Beurk beurk !
Note :

   Prix du polar de Montigny pour l’année 2014.
   
   Iris , jeune femme de trente et des poussières, photographie les cadavres sur les scènes de crime. Bien sûr il y en a beaucoup, ce sont surtout des enfants, et leurs corps tuméfiés sont décrits par le menu : nous sommes dans un thriller, genre que j’apprécie peu : mais je lis toujours le polar primé à Montigny.
   
   Iris a perdu son fils onze ans auparavant ; le gamin de six ans s’était enfui de la maison et son corps a été retrouvé par un simple d’esprit, accusé du meurtre et mis sous les verrous ; bien que dans la région où vivait Iris, les meurtres ont continué en particulier sur les enfants.
   
   Iris est revenue dans la maison où elle vivait avec sa mère : elle cherche toujours l’assassin ; sa mère est devenue folle et vit en HP. Iris et elle se haïssent. Parfois Iris va prendre le thé chez la vieille Philco sa voisine. Qui est si prévenante. Trop peut-être ?
   
   En parallèle nous suivons l’histoire de Julie Carville, violée à 13 ans, en 1919, enceinte et abandonnée chez les bonnes sœurs tortionnaires dans un établissement du genre "martyre des Magdeleine" ; sauf que pour celle qui s’est enfuie de ce lieu, la vie à l’extérieur n’a guère été meilleure… et sa descendance s’est révélée catastrophique…
   
   Il y a une quantité inimaginable de supplices, de tortures, de cadavres, de malheurs sans nom, dans ce roman. Tous les personnages sont ou ont été victimes de maltraitance, et se vengent sur un autre, ou plusieurs autres ; tout le monde est plus ou moins fou, ou pervers, ou les deux à la fois ! Et tout cela décrit minutieusement ! Maud Mayeras a les reins solides et la plume impitoyable… rien ne nous sera épargné !
   
   L'image de couverture m'avait plu cependant...
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critique par Jehanne




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Engrenages
Note :

   Oh my god ce roman. Je l’ai refermé, un peu abasourdie, C’est un roman noir, un véritable thriller psychologique, avec des personnages bien développés, très imparfaits. L’ambiance est poisseuse, lourde, collante et on a presque autant de mal à respirer que les protagonistes dans cet endroit un peu anonyme, sans repères.
   
   C’est l’histoire d’Iris Baudry, photographe pour la police. C’est celle qui mitraille les scènes de crime, sous tous les angles. Chaque plaie, chaque visage, chaque horreur. Elle a peu d’attaches et est toujours prête à partir avec son reflex. Un jour, elle est appelée sur un meurtre dans sa ville natale, l’endroit où elle avait juré de ne jamais retourner. Celui où elle a grandi, où l’attend sa mère qui a gâché sa vie et surtout le souvenir de son fils, mort assassiné il y a une dizaine d’années. Sur la scène du crime, elle croit reconnaître la signature du meurtrier de son fils qui, pourtant, est en prison. Et elle va replonger dans cette histoire pendant les quelques jours où elle restera sur son lieu de naissance.
   
   En parallèle, retour dans le temps. On rencontre aussi Julie Carville, 13 ans. Nous sommes à la fin de la première guerre mondiale et son chemin va croiser des soldats, pour son grand malheur. Elle va vivre l’opprobre de sa famille et graduellement, nous allons connaître sa descendance. On se doute que les deux histoires vont se croiser… reste à savoir comment.
   
   Ce n’est pas une histoire simple. Il y a des tiroirs, et des tiroirs dans des tiroirs. On apprend des choses jusqu’à la toute fin, la construction est intelligente, tout se tient et si l’histoire met un petit moment à se mettre en place, une fois dedans, il est difficile de le lâcher. J’aime énormément cette construction qui nous balade d’un point de vue à l’autre, d’une époque à l’autre, comme des instantanés. Les personnages sont ambigus, complexes, on entre profondément dans leur psychologie et rien n’est gratuit dans le récit. Bref, une réussite pour moi, qui aime les histoires où il y a un peu (un petit peu) de psychogénéalogie et où les relations familiales laissent des traces indélébiles sur les personnages.
   
   De plus, j’ai adoré la plume, avec ces chapitres qui commencent pas "je n’aime pas", qui nous permettent de cerner le personnage d’Iris et qui semblent annonciateurs de malheur et de noirceur. Malgré le côté sombre (voire même très sombre) du roman, il y a souvent une réelle poésie dans l’écriture et ça m’a beaucoup plu.
   
   Ah oui… j’ai tenté l’audio… et je ne recommande pas. Le ton adopté par la narratrice m’a insupporté et en plus, comme le personnage bégaie, l’orthophoniste en moi n’a pas pu s’empêcher de compter le pourcentage de syllabes bégayées… bref, un vrai calvaire d’écoute pour mes oreilles bizarrement habituées. Et je vous entends penser… est-ce que mon côté devin avait tout vu venir? Une partie… et il y a une petite incohérence dont je ne peux pas parler qui m’a fait douter. Bref, c’est bien fait, et pour une fois, je n’avais pas tout bien emboîté. Ce qui vaut la peine d’être mentionné!

critique par Karine




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