Lecture / Ecriture
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La fille du train de Paula Hawkins

Paula Hawkins
  La fille du train
  Au fond de l'eau

Paula Hawkins est une écrivaine britannique, née en 1972.

La fille du train - Paula Hawkins

Peut être dans ces maisons...
Note :

    Premier roman tout à fait réussi pour Paula Hawkins qui nous entraîne dans un thriller psychologique époustouflant. Chaque phrase se répercute sans laisser au lecteur le temps de s'ennuyer un instant, la lecture en devient jubilatoire.
   
    Nous plongeons dans une intrigue habilement menée et complètement obsessionnelle avec des personnages qui nous surprennent tout au long du récit.
   
    Trois narratrices, trois voix font écho ici et racontent le déroulement d'un drame qui trouve son origine dans les secrets glauques de couples qui ressemblent pourtant à tout le monde.
   
    Rachel est la fille du train, qui de la fenêtre de son wagon regarde les gens dans leur maison, particulièrement un couple. Elle leur donne des prénoms, observe et invente leur vie amoureuse.
   
    Elle se crée ainsi des histoires pour combler le vide de sa vie actuelle.
   
    Divorcée, sans enfant, elle boit et quand le désespoir lui fait dépasser la dose, elle en devient amnésique.
   
    Aussi quand elle apprend par le journal la disparition de la jeune femme aperçue chaque matin dans sa maison, elle est persuadée que quelque chose de grave s'est produit.
   
    Un peu parano, alcoolique dépressive, elle se lance dans une enquête qui l'entraîne sur les traces de son ex mari auquel elle est toujours très attachée.
   
    La construction littéraire est absolument redoutable et le suspense est maintenu habilement, on ne peut imaginer la fin de l'histoire.
   
    L'auteur nous rend compte de la vie de gens ordinaires, vivant dans une banlieue de Londres, avec leurs défauts, leurs mensonges, le poids du passé et leurs faiblesses.
   
    Rachel est un personnage touchant, remplie de détresse. Submergée par son désespoir, malgré certaines résolutions, elle n'arrive pas à se reconstruire.
   
    La narration des trois voix féminines est très originale.
   
    Malgré quelques longueurs tout à fait acceptables, le suspense et les nombreux évènements restent tout à fait crédibles.
   
   Peu de personnages mais beaucoup de relations et de chemins qui se croisent pour notre plus grand plaisir.
   
    Le personnage de Rachel peut agacer par son attachement obsessionnel à son mari qui l'a pourtant honteusement jetée.
   
    Mais en lisant ce livre, on se dit que parfois c'est vrai on aime regarder ces fenêtres allumées le soir et se dire que peut être dans ces maisons...
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Très honnête écho aux classiques
Note :

   Tous les jours Rachel monte dans le même wagon à Ashbury direction Euston. A la hauteur de la petite gare de Witney, le train ralentit , et a tout le loisir d’ observer un jeune couple installé sur son balcon. Ces jeunes gens, elle les a baptisés Jess et Jason ; elle les chérit car ils sont beaux et ils s’aiment, pense-t-elle. Une raison d’espérer, car Rachel est en instance de divorce, son mari s’étant mis en ménage avec une autre femme, ce dont elle ne se console pas. D’ailleurs, elle est devenue alcoolique… toutefois cette image parfaite se ternit le jour où Rachel aperçoit Jess en compagnie d’un autre homme. Puis voilà que le réel fait irruption : Jess (en réalité Megan) a disparu de son domicile. Rachel se sent partie prenante dans ce drame. D’autant plus qu’à quelques mètres de chez Megan vit son ex-mari et sa nouvelle compagne…
   
   Un bon roman policier ; l’intrigue est intéressante et se développe bien. Il y a en fait trois narratrices, et c’est une bonne idée car cela agrémente le suspens. Ce n’est pas un roman à énigme, on devine bien avant la fin, mais le plaisir n’en est pas altéré. Ce roman a été très "lancé" et il mérite ces louanges.
   
   La jeune romancière connaît ses classiques : elle s'est souvenue du "train de 16 h 40 pour Paddington", que prit Miss Marple, laquelle regardait aussi ce qui se passait dans la maison en face de la vitre du compartiment. On pense aussi un peu à Fenêtre sur cour...
   
   D’autres premiers roman policiers anglais, aussi bons que celui-là ( "Désordre" de Penny Handcock, et "L’Oubli" d’Emma Healey) n’ont pas bénéficié de la même publicité, on se demande pourquoi ???
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critique par Jehanne




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Tout ça pour ça ?
Note :

   C’est tout de même la première impression qui me vient là, comme ça, pour en parler.
   
   Si je m’écoutais, par pure vengeance, pour m’avoir pris tant de temps pour un tel résultat, je vous raconterais la fin pour vous en faire faire l’économie de lecture.
   
   Vu par l’éditeur, cela donne :
   "Entre la banlieue où elle habite et Londres, Rachel prend le train deux fois par jour : à 8 h 04 le matin, à 17 h 56 le soir. Et chaque jour elle observe, lors d’un arrêt, une jolie maison en contrebas de la voie ferrée. Cette maison, elle la connaît par cœur, elle a même donné un nom à ses occupants : Jason et Jess. Un couple qu’elle imagine parfait. Heureux, comme Rachel et son mari ont pu l’être par le passé, avant qu’il ne la trompe, avant qu’il ne la quitte.
    Jusqu’à ce matin où Rachel voit Jess dans son jardin avec un autre homme que Jason. La jeune femme aurait-elle une liaison ? Bouleversée de voir ainsi son couple modèle risquer de se désintégrer comme le sien, Rachel décide d’en savoir plus. Quelques jours plus tard, elle découvre avec stupeur la photo d’un visage désormais familier à la Une des journaux : Jess a mystérieusement disparu…"
   

   Pour moi cela serait plutôt: durant les cents premières pages, je n’arrive pas à me faire une opinion sur toutes ces névrosées alcooliques. Je croyais tenir quelque chose, pourquoi on change encore de récitant ? Si c’est pour m’égarer c’est réussi, mais le labyrinthe manque de rythme pour déclencher l’hystérie lectrice attendue. Les mecs ne sont pas plus sympathiques que les nanas et pour finir, comme dans l’inspecteur Barnaby à la télé, je me dis que les anglais ont bien fait de choisir le brexit vu leur mœurs sociétales et sexuelles. Mais je m’égare…
   
   Bref, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas qu’il faut en dégoûter les autres, mais attention tout de même, le buzz reste un buzz médiatique, un macron littéraire en quelque sorte. Comme tout ersatz, c’est finalement assez fade et sans saveur.

critique par Le Mérydien




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