Lecture / Ecriture
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Bleu de travail de Thomas Vinau

Thomas Vinau
  Ici ça va
  La part des nuages
  Nos cheveux blanchiront avec nos yeux
  Bleu de travail
  Le camp des autres

Thomas Vinau est un auteur français, né en 1978 à Toulouse.

Bleu de travail - Thomas Vinau

83 pages
Note :

   Rentrée littéraire 2015
   
   "Des mots de tous les jours"
   
   "Il y a l'usure des mots. Des mots de tous les jours. Des mots de petit jour. Des mots dont on se sert, jusqu'à la corde. Jusqu'à la patine du sens. La rondeur de l'usure. La trace sur le manche. C'est matière première, brute, de l'échange. De la guerre. De la consolation. Qui disent la blessure. Qui disent l'évidence. Qui disent l'essentiel. Simplement le poème ou le texte les remet au centre. Leur redonne une place. Un peu d'espace. De largeur. Un peu d'air et de silence dans le vacarme aseptisé de la course. Ce sont des mots de soif comme on parle d'un vin de soif. Un vin de tous les jours. Un vin de table. Des mots de tous les jours. Des poèmes de tous les jours. Des poèmes de table. Des poèmes de soif."
   

   Lire Thomas Vinau c'est porter un regard différent sur les choses et les situations du quotidien. C'est se laisser entraîner dans une rêverie poétique, des textes courts où les émotions se chevauchent, nous faisant passer du sourire à la profondeur. C'est reconnaître des impressions traversées, des moments fugitifs qui ne reviendront pas. Il y a souvent quelque chose qui grince ou qui va de guingois dans ce qu'il raconte, avec tellement de tendresse et de sensibilité qu'on aimerait en lire davantage.
   
   Que vous dire de plus, si ce n'est lisez-le.
   
   "Ça ira mieux hier"
   
   "Des fois je me perds. Entre aujourd'hui et hier. Entre un petit peu et pas grand-chose. Y'a plus endurant comme caillou. Je m'égare dans le grand rien des jours vendus. Dans l'épuisement et la colère. Entre l'ennui et les ennuis. Dernières forces les bras dans le vide. Des coups pour rien. Des balles perdues. Les bêtes blessées n'entendent plus. Les bêtes blessées sont seules dans leurs douleurs et les douleurs qu'elles font aux autres ont un goût de peine perdue. C'est jamais les méchants qui prennent. Le courant va plus fort que nous. La mascarade a des angles pointus. Les loups ont faim comme des nouveau-nés. Parfois on se réveille à genoux. Le temps rit avec méchanceté et je suis con comme une bûche. Heureusement les bûches ça flotte. Alors, s'il vous plaît, agrippez-vous".

critique par Aifelle




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