Lecture / Ecriture
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Toute la lumière que nous ne pouvons voir de Anthony Doerr

Anthony Doerr
  A propos de Grace
  Le Nom des coquillages
  Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Anthony Doerr est un écrivain américain né en 1973 dans l'Ohio.

Toute la lumière que nous ne pouvons voir - Anthony Doerr

Ne cédons pas à la facilité !
Note :

    Récompensé par le prestigieux Prix Pulitzer 2015, le dernier roman d'Anthony Doerr, "Toute la lumière que nous ne pouvons voir", nous entraîne dans le destin de deux jeunes héros emportés dans les heures les plus sombres de l'Histoire, celles de l'Occupation.
   
    En Août 1944, Saint Malo reste encore un bastion allemand. Des tracts pleuvent sur la cité corsaire prévenant les habitants de la prochaine attaque des bombardiers américains.
   
    Le pilonnage sera destructeur mais la ville libérée.
   
    Dans la maison de son oncle Etienne où elle s'est réfugiée avec son père en 1940, Marie-Laure, jeune aveugle de 16 ans se cache dans une armoire avec un fonds spécial. Rentrée dans la résistance avec son père qui s'est fait arrêté, elle aide son oncle à envoyer des messages à l'aide d'une radio cachée au grenier.
   
    De son côté, Werner, soldat allemand spécialiste des transmissions radio est chargé de traquer les résistants.
   
    C'est pendant cette journée décisive que nos héros vont se rencontrer une seule fois pour se perdre à jamais.
   
    Le récit habilement mené par des chapitres très courts, remonte le temps et alterne l'histoire des deux protagonistes.
   
    Partant de 1934, les flash back donnent un rythme soutenu et situent les héros dans leurs vies au même moment, en Allemagne pour Werner et en France pour Marie-Laure.
   
    Werner, jeune allemand aux cheveux blancs, orphelin et génie des transmissions radio, sera remarqué par la Wehrmacht. Recruté dans une école d'élite qui lui évitera de finir dans la mine comme son père, il fera partie de cette jeunesse prise dans la barbarie hitlérienne.
   
    Marie-Laure vit à Paris avec son père, serrurier au Muséum d'Histoire Naturelle. Devenue aveugle, il fera tout pour la protéger et la rendre indépendante.
   
    Avec une histoire magique de diamant bleu appelé le Sea of Flame, dans les jardins du Muséum d'Histoire Naturelle ou dans la cité malouine livrée au crépuscule, le lecteur assiste à la marche de l'histoire hantée par le Clair de Lune de Debussy.
   
    Car ce qui fait la force de ce récit c'est le choix qui est donné à chacun de faire de sa vie une mélodie. C'est le questionnement face à la violence et à la haine et à ces rencontres qui restent uniques et durables.
   
    Un roman qui se lit facilement, un style fluide, simple, un peu trop facile pour un prix que j'aurais aimé plus complexe.
   
    Mais le livre reste lumineux même si parfois il frôle le mélo.
   
    La construction en courts chapitres est intéressante parce qu'elle rend le récit addictif mais en le rendant trop prévisible, surtout à la fin.
    ↓

critique par Marie de La page déchirée




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Longue lumière malouine
Note :

    De très bonnes critiques pour ce pavé américain dont les deux personnages principaux Marie-Laure et Werner ne se rencontrent que peu avant la page 500. La jeune aveugle et l'orphelin surdoué des communications sont observés tout le long (long) de "Toute la lumière que nous ne pouvons voir" comme en champ contre-champ à parts égales, en chapitres très courts, un peu feuilletonesques, qui nous mènent du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris à la campagne de Russie, des bombes sur Saint Malo aux ruines fumantes de Berlin. Bien construit, ce qui permet de lire sans peine cette belle histoire, le roman d'Anthony Doer se veut assez sentimental en ce sens pas du tout péjoratif que Werner et Marie-Laure demeurent dans l'adversité des modèles très positifs sans aucune mièvrerie, ce qui était le risque.
   
    Magnifiques, y compris, pour les profanes les digressions sur les mollusques fossiles, les ammonites et les anatifes, sujets peu porteurs a priori. Même les éléments techniques sur les transmissions, transfigurés par Werner, s'avèrent d'une belle essence romanesque. Là encore c'était loin d'être évident, surtout pour moi qui maîtrise si mal anode et cathode. Et puis le patronage du grand Jules Verne et de 20 000 lieues sous les mers vogue sur toute la distance du livre, si abondamment cité et que Marie-Laure lit en braille depuis son enfance. Grand livre de l'imaginaire avec la quête de l'Océan de Flammes, un diamant légendaire, avec le rôle de la lumière pour cette enfant de l'ombre guidée dans la ville par les maquettes citadines de son père maintenant disparu, avec Saint Malo ville reconstruite de toute part comme un studio prêt à l'emploi, Toute la lumière que nous ne pouvons voir est un roman superbe, qui ressemble aux romans pour adolescence d'antan sans céder à aucune de leurs facilités.
   
    Nanti du prestigieux Prix Pulitzer et déjà acheté par Hollywood, nous aurons l'occasion de voir en chair et en os tous les personnages de cette fresque de guerre et d'espoir. Mais aucune jeune actrice ne saura nous toucher comme la Marie-Laure de "Toute la lumière que nous ne pouvons voir". Ce prénom m'est cher.

critique par Eeguab




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