Lecture / Ecriture
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La Voix de Arnaldur Indridason

Arnaldur Indridason
  La Voix
  La femme en vert
  L'homme du lac
  Hiver arctique
  La Cité des jarres
  Hypothermie
  La rivière noire
  La muraille de lave
  Étranges rivages
  Le livre du roi
  Le Duel
  Les nuits de Reykjavik
  Opération Napoléon
  Le lagon noir

Arnaldur Indridason est un écrivain islandais né en 1961 à Reykjavík.
Diplômé d'histoire, il fut journaliste, scénariste, critique de cinéma avant de vivre de ses romans policiers.


Ordre réel des romans de la série du commissaire Erlendur Sveinsson
("réel" car la traduction ne s'est pas faite dans l'ordre)

1- Synir duftsins (1997) - Inédit en français

2- Dauðarósir (1998) - Inédit en français

3- Mýrin (2000)- La Cité des Jarres

4- Grafarþögn (2001) - La Femme en vert

5- Röddin (2002) - La Voix

6- Kleifarvatn (2004) - L'Homme du lac

7- Vetrarborgin (2005) - Hiver arctique

8- Harðskafi (2007) - Hypothermie

9- Myrká (2008) - La rivière noire

10- Svörtuloft (2009) - La muraille de lave

11- Furðustrandir (2010) - Étranges rivages

12- Einvígið (2011) - Le duel

13- Reykjavíkurnætur (2012) - Les nuits de Reykjavik

La Voix - Arnaldur Indridason

Une enfance brisée
Note :

   Troisième titre traduit en France de Arnaldur Indridason après "la Cité des Jarres" et "La femme en vert", l’écrivain islandais revient avec "La Voix".
   
   Le Père Noël est mort assassiné dans un grand hôtel juste avant d’animer un goûter d’enfants.
   Qui était vraiment cet homme ?
   Tantôt Portier, tantôt déguisé pendant la période des fêtes ; il vivait depuis des années dans une minuscule chambre de cet hôtel de luxe.
   
   Le Commissaire Erlendur va enquêter sur ce meurtre sordide. Toujours en proie à ses démons, face à sa solitude, avec une fille à nouveau tentée par la drogue et un fils qu’il ne voit plus.
   
   Il va découvrir que la victime était en fait un enfant prodige et va retracer le chemin qui a amené un jeune garçon doté d’une voix exceptionnelle, d’une famille, auréolé d’une gloire internationale à devenir un homme en voie de clochardisation réduit à vivre dans une pièce minuscule jusqu’à connaître une mort affreuse.
   
   Tous les personnages de Indridason sont importants, leur psychologie fouillée.
   
   Il ressort de ce roman un profond sentiment de tristesse encore relevé par l’ambiance de fêtes de fin d’année et le faux luxe du grand hôtel où se déroule l’intrigue.
   
   Derrière cette pseudo gaieté, on trouve un meurtre, des familles brisées, des prostituées de luxe, du trafic de drogue.
   
   Erlendur est devenu pour les lecteurs français un personnage incontournable, cousin de Maigret, proche du Commissaire de Mankell.
   Décidemment la littérature policière nordique est d’une grande qualité.
   ↓

critique par Rita




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L'univers d'Erlendur
Note :

   Si possible, il est préférable de commencer par "La Cité des Jarres", de cet auteur, qui se passe en 2001, à Reykjavik, et où s’installe le personnage du commissaire Erlendur : « … un homme d’âge moyen, fatigué, avec des cernes sombres sous les yeux, une barbe de plusieurs jours sur les joues, des sourcils épais qui montaient droit en l’air, une touffe de cheveux brun-roux plaqués, des dents fortes qui apparaissaient parfois sous des lèvres presque exsangues, une expression de lassitude sur un visage qui avait été le témoin de tout ce que le genre humain recèle de pire. »
   
   Ensuite, "La Femme en vert", où l’exhumation d’ossements nous entraîne dans plusieurs histoires familiales dramatiques, très poignant, qui dépasse largement le cadre du polar.
   
   Ici nous sommes quelques jours avant Noël. Alors qu’il s’apprête à animer un goûter dans l’hôtel où il travaille, Le Père Noël est assassiné. Erlendur décide de s’installer sur place pour enquêter, histoire d’échapper à la tristesse de son petit appartement solitaire et d’être au cœur de l’atmosphère. C’est ainsi qu’il va découvrir plusieurs pistes, menant des enfants chanteurs dans des chorales aux call-girls de luxe, en passant par une laborantine scientifique ou un petit garçon battu.
   Et à l’approche du 24 Décembre, les souvenirs d’enfance ne sont jamais loin…
   
   Un polar tout en contrastes, où on avance sur des œufs, ayant toujours peur de soulever une part trop importante du voile, qui, souvent, protège de la grande tristesse.
   Erlendur est très attachant, désabusé et parfois poussif, on aimerait beaucoup alléger un peu le poids qu’il semble porter en permanence sur les épaules.
   
   A suivre sans faute.
   ↓

critique par Cuné




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Le Père Noël est remonté au ciel.
Note :

   Comme je ne consulte plus les quatrièmes de couverture pour ne pas me laisser mener soit par une accroche d’édition très subtile (mais pas toujours en phase avec le contenu), soit par des éléments que j’aurais préféré appréhender seule, je n’ai découvert qu’à la fin de la lecture que je n’avais apparemment pas commencé par le premier de la série des enquêtes du commissaire Erlendur (enfin courte série pour le moment car ce livre est le troisième, je crois).
   Le hasard étant ce qu’il est dans le choix offert en bibliothèque, j’ai donc fait la connaissance du policier islandais en commençant par cet opus, passionnant, sans toutefois en être dérangée pour autant. Le livre peut sans problème se lire indépendamment des précédents.
   
   Quelques jours avant Noël, dans un palace de Reykjaviik, le portier Gaudlaugur (endossant occasionnellement le costume du Père Noël pour la fête des enfants) est retrouvé assassiné dans un cagibi qui lui servait de domicile depuis plus de vingt ans dans la cave de l’hôtel. Le commissaire Erlendur est chargé de l’enquête.
   «Toute cette histoire est affreuse. Du début à la fin. Cela commence par des détails anodins qui empirent et empirent jusqu’à devenir incontrôlables.»
   
   Sans avoir lu les précédents livres, je crois avoir compris que dans celui-ci le commissaire dévoile beaucoup de ses tourments existentiels autour d’un certain traumatisme culpabilisant de son enfance qui le poursuit et ampute son aptitude à la joie de vivre. Sa personnalité correspond au profil-type du «héros» de bon nombre de polars : esseulé après l’éclatement de sa cellule familiale et tourmenté par sa propre enfance, il ne trouve d’échappatoire que dans l’exercice de ses fonctions où il se réfugie.
   
   Cette enquête aux multiples rebondissements est en tout point remarquablement construite nous permettant de côtoyer le sort difficile des enfants vedettes (comme ici les jeunes chanteurs aux voix magnifiques et pourtant si éphémères) ainsi que le caractère obsessionnel de l’univers des collectionneurs.
   
   Autant j’ai suivi l’évolution de l’enquête avec avidité, d’une intensité et d’une densité remarquables, autant le dénouement m’a semblé un peu fade comparativement. C’est un peu le reproche (et le seul) que je ferai à ce polar. L’intensité et la densité du déroulement m’avaient laissée augurer une fin peut-être un peu plus surprenante. Ce livre n’en reste pas moins un très bon polar.
   ↓

critique par Véro




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Calendrier de l'Avent
Note :

   Noël, le commissaire Erlendur Sveinsson s'en moque un peu. Avec un peu de chance, trouvera-t-il le temps de manger du mouton fumé avec sa fille qui semble sur le point de retomber dans la drogue... Alors quand le Père Noël d'un grand hôtel islandais est retrouvé assassiné juste avant le grand rush de la fête, cela ne le dérange en rien dans son absence de préparatifs...
   
   Mais qui était ce portier-père Noël occasionnel que personne ne semble connaître vraiment et dont la mort ne paraît affecter personne? Cette nouvelle enquête nous fera croiser des enfants dont l'enfance a été massacrée, et surtout nous approfondirons notre propre connaissance d'Erlendur, découvrant pourquoi il ne lit que des livres d'un type bien particulier et peut être aussi pourquoi il ne s'est pas battu pour maintenir un lien avec ses enfants lors de son divorce...
   
   Quelques traits d'humour viennent éclairer cette enquête encore plus poignante que les précédentes: «Il se présenta brusquement à son esprit un centre de rééducation où les infirmes grammaticaux déprimés déambulaient en uniforme et en pantoufles en confessant leur faute : je m'appelle Finnur et je dis "ce que j'ai envie".» mais surtout nous voyons évoluer les relations père/fille ainsi que la relation d'Erlendur à son métier :"Ce n'était pas son rôle de condamner qui que ce soit même s'il tombait constamment dans ce travers."
   
   Les rebondissements ébranlent nos a priori et on se retrouve à attendre avec impatience la suite des aventures de ce commissaire islandais.
   ↓

critique par Cathulu




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L'assassinat du Père Noël
Note :

    Reykjavik, quelques jours avant Noël. Erlendur et son équipe sont appelés dans un grand hôtel de luxe : le portier, qui incarnait le Père Noël pour l'arbre de Noël des enfants des employés de l'hôtel, a été retrouvé assassiné, poignardé en plein coeur. L'enquête révèle bien vite de surprenantes choses sur le passé de la victime...
   
   Troisième volume des enquêtes d'Erlendur, "La voix" est sans conteste le meilleur volet (je précise que je n'ai pas encore lu "L'homme du lac", qui vient de sortir en broché). J'avais pourtant trouvé "La femme en vert" excellent mais je dois dire que celui-ci se situe encore un cran au-dessus, tant au niveau de l'intrigue que des personnages.
   
   On retrouve avec plaisir Erlendur et son équipe, égaux à eux-mêmes, et on en apprend un peu plus sur eux : on approfondit l'événement traumatisant du passé d'Erlendur, qui avait été révélé à la fin du deuxième volume, et on comprend pourquoi et comment cet événement a profondément orienté la vie de cet homme, on en sait plus sur la vie de famille d'Elinborg et sur l'absence de désir de paternité de Sigurdur Oli. C'est surtout le personnage d'Erlendur qui prend de l'épaisseur, à travers des détails qui finalement n'en sont pas, comme ses conversations avec sa fille ou sa décision de mener l'enquête sur place, en s'installant à l'hôtel.
   
   L'intrigue est dense et très bien ficelée, pleine de fausses pistes et de révélations sur les moeurs équivoques de cet hôtel de luxe plein d'étrangers et d'hommes d'affaires. La personnalité de la victime, qui se dessine tout au long du roman, enfant malheureux réceptacle des rêves de gloire de son père puis homme secret, qui dissimule plus que son passé, nous le rend attachant et permet au passage de s'interroger sur les enfants vedettes et sur la projection que chaque parent met en ses enfants. C'est au final un roman sur la paternité, sous toutes ses formes, celle qu'on n'assume pas comme celle qu'on investit trop et que l'on pervertit. La forme elle-même du roman est intéressante, certains passages en italique, reprenant des événements passés, s'insérant dans le fil d'une narration linéaire fort bien menée!
   
   Un très bon opus, chers happy few!
   
   PS: pour ceux qui se poseraient la question, il est préférable de lire les romans dans l'ordre: "La cité des jarres", "La femme en vert" puis La voix, tous trois parus chez Points.
   
   PSbis : je sais bien que c'est mal, mais je crois que je vais acheter "L'homme du lac" sans attendre la (trop) lointaine sortie poche. En même temps, chacun sait que je n'ai rien à lire...
   
   EDIT : un film a été adapté de "La cité des jarres" par un réalisateur et une équipe islandais. Il est sorti en Islande et aux Etats-Unis mais aucune date n'est annoncée pour la sortie française. Si vous en savez plus, n'hésitez pas à vous manifester!
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critique par Fashion Victim




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Huis clos sombre dans un hôtel de luxe
Note :

   Dans un grand hôtel de luxe islandais fréquenté en ces temps de Noël par de nombreux touristes étrangers, un portier est retrouvé assassiné dans son costume de Père Noël au fond du cagibi où il logeait. Le commissaire Erlendur Sveinsson accompagné de ses deux fidèles acolytes va enquêter, louant une chambre de l’hôtel. Il va remonter les traces d’un homme mystérieux, célèbre dans son enfance pour sa voix céleste, retourné à l’indifférence du monde une fois devenu adulte.
   
   Voici la troisième enquête du commissaire Erlendur Sveinsson que je lis. Après «La femme en vert» puis «L’homme du lac», j’ai lu avec plaisir «La voix».
   
   J’ai retrouvé tous les ingrédients des policiers d’Indridason, avec une petite flamme de passion de moins dans ce livre-ci.
   
   L’action se déroule dans un grand hôtel de luxe. Le lecteur suit les pérégrinations d’Erlendur, depuis sa chambre glaciale jusqu’au fond du cagibi de l’homme assassiné en passant par le bar. La période de l’histoire est celle de Noël, qui réveille au fond de chacun des protagonistes son lot de souffrances. Cette œuvre explore le passé d’Erlendur qui se remémore ce jour tragique où il a perdu son frère dans une tempête de neige: Indridason insiste sur le sentiment de culpabilité d’Erlendur qui se demande bien pourquoi il a survécu à ce cataclysme là où son frère a disparu. L’enquête est ponctuée de retours en arrière dans la vie de la victime marqués en italiques. Ce policier nous amène à réfléchir sur le passé et l’enfance volée et enfuie à jamais.
   
   J’ai retrouvé avec plaisir le collègue féminin d’Erlendur: Elinborg, qui mène une enquête parallèle sur un père soupçonné de maltraitance. Cette histoire entremêlée à l’intrigue principale est racontée avec sensibilité et finesse et ponctue bien l’enquête centrale. La maltraitance semble apparemment un thème nodal chez Indridason, thème qu’il avait abordé dans «La femme en vert». Erlendur est également accompagné d’un collègue masculin, Sirgurdur Oli, dont on suit l’histoire tumultueuse avec sa femme, Bergthora.
   
   C’est dans cette enquête qu’Erlendur rencontre une femme qui ne le laisse pas indifférent et dont l’aventure se poursuivra dans «L’homme du lac»: il s’agit d’une biologiste qui intervient à l’occasion de l’enquête: elle se prénomme Valgerdur. Sont explorés les liens tumultueux avec Eva Lind, la fille d’Erlendur, une jeune personne en souffrance, qui ne parvient pas à se défaire de la drogue.
   
   J’ai été un peu moins passionnée et captivée par cette histoire que par les deux autres que j’avais lues précédemment. Je me suis parfois un peu ennuyée, trouvant le rythme lent et la progression pas toujours très palpitante. Ce sentiment est peut-être dû au fait que l’action se déroulait dans un même lieu, celui de l’hôtel de luxe, donnant à l’histoire l’allure d’un huis-clos. Peut-être aussi parce je commence à connaître le style d’Indridason et ses centres de prédilection. Mais la fin m’a semblé palpitante et pleine de rebondissements. Indridason nous emmène jusqu’au bout sur de multiples fausses pistes et ce n’est que dans les toutes dernières pages qu’il nous livre la vérité.
   
   Peut-être pas le meilleur d’Indridason à mon sens, mais un roman qui vaut le détour.

critique par Seraphita




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