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Histoire du Moyen-Age, Tome I (VII-Xèmes siècles) de Michel Rouche

Michel Rouche
  Histoire du Moyen-Age, Tome I (VII-Xèmes siècles)

Histoire du Moyen-Age, Tome I (VII-Xèmes siècles) - Michel Rouche

Charlemagne a-t-il vraiment inventé l'école?
Note :

   Vers 650 ap. J.-C., l'héritage de Clovis est en perdition, son royaume s'est fragmenté et ses héritiers cèdent petit à petit le peu de prestige qui leur reste aux maires du palais: Pépin II de Herstal, qui parvint à reconstituer pour un temps le royaume franc en réunifiant l'Austrasie et la Neustrie, puis son fils, Charles Martel, vainqueur des Arabes à Poitiers en 732. Cette montée en puissance des Pippinides aboutira au couronnement de Pépin III le Bref comme roi des Francs et enfin à la re-formation d'un empire romain d'occident sous le règne de Charlemagne, le tout avec la bénédiction de l'Eglise que les Pippinides avaient sollicitée dans l'espoir qu'elle leur prêterait la légitimité qui leur faisait défaut en échange de leur soutien militaire face à la menace que posaient les envahisseurs lombards, aux portes de Rome.
   
   L'empire carolingien et le nom de Charlemagne sont restés dans les mémoires comme synonymes d'une période de stabilité politique, doublée d'un essor économique et d'une renaissance culturelle (immortalisée par l'image d'Epinal de Charlemagne, "inventeur" de l'école). Mais force est de constater que Michel Rouche dresse un tout autre tableau de cette période dans le premier tiers de ce livre, où il passe en revue l'évolution de la situation politique et les déplacements des frontières en Europe du VIIème au Xème siècle. L'empire carolingien apparaît ici tout au plus comme une brève accalmie entre les conflits qui accompagnèrent la prise de pouvoir par les Pippinides et ceux qui suivirent la division de l'empire entre les fils de Louis le Pieux, le fils et successeur de Charlemagne. En fin de compte, l'empire ne survécut que trente ans à son fondateur.
   
   Le tableau que dresse Michel Rouche dans cette première partie de son livre est si sombre que l'on croirait presque que la bonne réputation de Charlemagne est totalement usurpée. Mon envie de voir plus clair à ce sujet est d'ailleurs la raison qui m'a poussée à continuer ma lecture qui était à ce stade plutôt laborieuse pour ne pas dire franchement indigeste. En premier lieu parce que ce premier volume de cette histoire du Moyen Age (qui en compte cinq au total) pâtit de l'absence d'une mise en situation: l'histoire des royaumes mérovingiens n'est pas du tout évoquée, et l'on se trouve d'entrée confronté à la confusion consécutive à leur déclin. Ensuite parce que le premier tiers du livre de Michel Rouche, centré uniquement sur les questions de déplacement des frontières, de conquêtes et de politique extérieure paraît terriblement abstrait. Heureusement, cela s'améliore par la suite. Ma lecture est devenue moins ardue, plus gratifiante, et surtout, ma curiosité a été satisfaite par un tableau clair de l'apport que les conceptions carolingiennes de l’état et de ses relations avec l'Eglise ont représenté pour l'Europe du début du Moyen Age, ainsi que des facteurs (épidémies, invasions vikings, innovations techniques dans des domaines aussi divers que l'agriculture et la navigation...) qui les ont rendues possibles ou qui ont causé leur échec final. Une lecture en définitive instructive, même si elle n'avait rien d'une partie de plaisir.

critique par Fée Carabine




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